Page d'accueil
    RESERVE AUX FEMMES
    LEXIQUE (SUITE)
    NOTES SUR D'AUTRES LIVRES
    LEXIQUE
    CRITIQUES DES LIVRES
    LE BLOG DE PIERRE CHOUCHAN
    DERNIERES NOUVELLES ET DIALOGUE
    HOMOSEXUELS : L'AMOUR AU PIED DU MUR...
    COUPLES MIXTES POUR LE MEILLEUR ET POUR
    LA FERME DU JUIF
  A propos
  Archives
  Livre d'or
  Contacts

Liens
  http://www.asso-contact.org
  http://tyds.info/dedales
  http://doubleculture.canalblog.com
  http://www.tassedethe.com
  http://www.devoiretmemoire.org
  
  http://dykeplanet.com
  http://www.ladixiememuse.com
  http://www.surrogacy.com
  http://surromomsonline.com
  http://genevieve.delaisi.free.fr
  http://www.parents.fr
  http://devenirunenchrist.net
  http://davidetjonathan.com
  http://beit-haverim.com
  http://www.institutocefer.com
  http://www.maia-asso.org
  http://www.protection-enfance.fr
  http://edwigeantier.fr
  http://www.le-sri.com
  http://www.femme-d-homo.org
  http://www.apgl.asso.fr
  http://homocatho.20six.fr
  
  http://romillat.fr
  http://editionspascal.com
  


http://20six.fr/chouchanblog

Hébergé par 20six.fr



 
LE BLOG DE PIERRE CHOUCHAN

Page d'accueil 

RUPTURES DANS NOTRE MODE DE VIE ? CRISE DE LA TRANSMISSION ? PAS DE PANIQUE ! 
 

Vendredi 29 octobre 2010.

Ce blog aborde les mutations, les ruptures de notre société, la crise de la transmission, à partir des livres "La Ferme du Juif", de "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire", et de "Homosexuels, l'Amour au pied du mur... Parents famille le désarroi", de Pierre Chouchan. Il propose de s'orienter vers les ouvrages de spécialistes de ces questions et renvoie à des sites sélectionnés, de sensibilités différentes. Il s'adresse à ceux et celles qui recherchent des repères, des renseignements pratiques, des informations vérifiées et recoupées. Ici, tous les thèmes se cotoient et se mêlent : de l'évolution de la famille aux mariages mixtes, des problématiques des Juifs ou des chrétiens à celles des homosexuels  et de l' homoparentalité. Les ruptures ? Les mutations ? Elles sont engendrées par les conséquences de la décolonisation, les brassages de populations, les questions de minorités et les mariages mixtes, la transformation de la famille, avec l'émancipation des femmes impliquant une nécessaire adaptation des hommes... Et aussi le recours, quand la nature est rebelle, aux possibilités qu'offre la procréation médicalement assistée. (avec toutes les questions d'ordre éthique que cela implique). Pour chaque  livre de P. Ch.,  une rubrique comporte des extraits et des critiques. Une rubrique "notes sur d'autres livres" présente une sélection de livres. La rubrique  "Dernières nouvelles" propose,   des entretiens avec des auteurs-es, des dossiers sur des sujets "délicats" et des informations diverses. Une rubrique "RESERVE AUX FEMMES" comporte notamment un "abécédaire pour les femmes" et des entretiens. UNE RUBRIQUE LEXIQUE (Adoption à Infertilité et LEXIQUE suite (de Islam et homosexualité à  Transmission (crise de la), pour répondre aux questions de société posées dans ce blog.  Ne vous étonnez donc pas de voir  "République et Mixité" voisiner avec "lesbienne", avec "Circoncision chez les Juifs et chez les musulmans", ou avec "Séjours spirituels" , ainsi que parents d'homosexuels ou fraternelles maçonniques homosexuelles                                                                                         Pour une petite biographie  de P. Chouchan et une sélection de ses conférences et interventions, voir la PAGE A PROPOS
 

PETITE SELECTION DES RUBRIQUES DU BLOG : 

 

* VOIR EN rubrique "RESERVE AUX FEMMES" :  UN EXTRAIT DE L'ARTICLE DE MARGUERITE DURAS : "SUBLIME FORCEMENT SUBLIME CHRISTINE V." , dans l'entrée "D'une femme l'autre" (de M. Duras à Christine V.). Si vous le désirez, l'article sera publié intégralement.

 

* DERNIERE INTERVENTION DE Pierre CHOUCHAN : à LYON LES 25 et 26 AVRIL à L'invitation de Contact- Lyon (dialogue entre les parents, les gais et lesbiennes, leurs familles et amishttp://contact.lyon.free , à propos de son livre "HOMOSEXUELS : L'Amour au pied du mur" éditions PASCAL, Paris     

- Samedi 26 avril : Conférence débat au Café lecture des VORACES (2 rue Camille Jordan Lyon 1° avec la participation de l'APGL (association des parents et futurs parents gays et lesbiens) et de l'Autre Cercle (lutte contre l'homophobie au travail). Thème choisi : "dialogay autrement !"  Débat intéressant dans l'un des endroits les plus agréables de Lyon, avant la séance de dédicace de " Homosexuels, l'Amour au pied du mur" à la librairie Etat d'Esprit

 

 * INFO :16 associations de femmes qui réfutent la mixité se regroupent : dans la RUBRIQUE "Réservé aux femmes", entretien avec Brigitte Boucheron Présidente de Bagdam espace lesbien.

*Dans la page A PROPOS : petit CV de P. Chouchan, plus une sélection des conférences

DANS LA RUBRIQUE "DERNIERES NOUVELLES" : POUR LA PREMIERE FOIS EN FRANCE, LE 23 FEVRIER 2008 A ETE INAUGURE  A TOULOUSE UNE RUE A LA MEMOIRE D'UN DEPORTE POUR HOMOSEXUALITE : compte rendu, DOSSIER  ET ENTRETIENS AVEC Arié Bensemhoun Président du Consistoire israélite de Toulouse, Hervé Hirigoyen délégué général des "Oubliés-es de la Mémoire", Hussein Bourgi président du mémorial homosexuel, Jean-Michel Ducomte Président National de la Ligue de l'Enseignement, les deux ex candidats à la mairie de Toulouse, le député PS Pierre Cohen ( maire élu) et Jean-Luc Moudenc, maire sortant.

* Et puis notamment les rubriques "Lexique", "Lexique suite","Réservé aux femmes" et aussi les entretiens de la rubrique "dernières nouvelles", par ex.  l'entretien avec Laure Camborieux sur la "Gestation pour Autrui" ou  avec Edwige Antier et Martine Gross sur l'homoparentalité. 

Sommaire de cette page d'accueil : 1 Livres de P. Ch. 2 Entre nous. 3 Liens.     4 Présentation des rubriques. 5 Edito.
 

** ****************************************
 

1. Livres de P. Ch.:
1998 : "La Ferme du Juif", Roman, éditions Romillat, Paris.  http://romillat.fr  Une approche intimiste et décapante de la décolonisation..."
2000 : "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire", enquête, éditions Romillat, Paris. http://romillat.fr  "Chaque couple moderne doit faire preuve de "créativité" pour avoir une chance de perdurer..."
2006 : "L'Amour au pied du mur : Homosexuels, parents, familles, le désarroi..." Enquête, éditions Pascal, Paris. http://editionspascal.com  " Ils (elles) sont parmi nous que nous  et ne sont pas nos ennemis..."
2008 : Roman-"enquête" à paraître... "Où l'on assiste à l'envolée des femmes, à la chute des hommes, et d'un homme en particulier..."
****
 

2. ENTRE NOUS... Tendresse.

Oui, vous avez bien lu. Tendresse n’est pas un gros mot, que je sache ! C’est sans doute l’un de ceux que je préfère dans notre langue. Les livres  écrits –et à venir si on me prête vie-, ce blog aussi,  ont pour seule ambition de porter un regard de tendresse sur les autres. Y a t- il de quoi rester tendre quand on observe l’étalage de tant de dureté et d’égoïsme ? Et bien oui. C’est sans doute ainsi que nous pourrons progresser quelque peu. Avec un regard de tendresse sur les comportements humains, même sur les plus sujets à caution. Sur la comédie humaine. Sur le meilleur, sur le pire. Ce qui ne signifie pas complaisance ou complicité. Derrière les réactions les plus inadmissibles, nous découvrons toujours des frustrations, des peurs, une volonté  parfois dérisoire de protection de soi. Si on les prend de front, ces attitudes ne feront que se radicaliser. Ce n’est pas la panacée universelle qui est proposée ici, tout au plus une modeste piste.

 P. Chouchan   

************************************* 

3. LIENS. Vous trouverez dans la rubrique de chaque livre ("homosexuels...", "Couples mixtes..." , la référence aux LIENS qui s'y rapportent et d'autres liens encore dans les rubtiques LIENS et RESERVE AUX FEMMES. Mais un certain nombre sont regroupés pêle mêle sur la colonne de gauche. Ici, on mentionnera seulement des liens qui renvoient à des sites d' un intérêt plus général ou concernant les questions de Procréation medicale assistée. On notera le site tout à fait étonnant et enrichissant de Yannis Delmas : http://tyds.info/dedales ; Yannis Delmas est directeur adjoint de l'IUFM de Poitou-Charentes, maître de conférences d'Histoire et de "Science et informatique." Il mène une réflexion  humaniste sur notre société et certaines de ses hypocrisies. Au delà, le point de vue de Yannis Delmas est celui de l'épistémologue-historien des sciences. Enseignant-chercheur en informatique, il s'intéresse particulièrement aux évolutions du web et, plus généralement, de la société d'information.  Voici d'autres sites qui se réfèrent aux questions familiales et de procréation. Celui de l'association MAIA http://www.maia-asso.org , spécialisé dans les questions d'inferlité et de gestation pour autrui. De la sociologue et psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, http://genevieve.delaisi.free.fr , spécialiste entre autres des questions de parentalité, de stérilité et d' assistance médicale à la procréation (AMP), de gestation pour autrui (GPA), de parentalité dans les couples homosexuels. Deux sites américains, http://surromomsonline.com   (surrogate mothers online) et surrogacy http://surrogacy.com  (the american surrogacy), forums de discussion fournissant des informations diverses sur la GPA. D'un institut de reproduction humaine de Barcelone  http://www.institutocefer.com , si vous êtes tentées par une IAD (Insémination artificielle avec donneur anonyme). Du magazine "Parents" http://www.parents.fr . De la pédiatre Edwige Antier http://edwigeantier.fr . De l'association "protection de l'enfance". http://www.protection-enfance.fr .  Vous l'aurez remarqué, ces sites reflètent des sensibilité différentes et souvent opposées.

*****

4 Présentation des RUBRIQUES

 *  Page à propos A PROPOS, une biographie de P. Ch., une sélection des interventions et conférences de P. Ch.

* Rubriques LEXIQUE et LEXIQUE SUITE

* Rubrique "RESERVE AUX FEMMES "

Rubrique CRITIQUES DES LIVRES de P. Chouchan

*  Rubrique NOTES SUR D'AUTRES LIVRES

*  Rubrique DERNIERES NOUVELLES  : 

- 16 associations de femmes fédèrent une mouvance "non mixte"
Déportation des homosexuels : Pierre Seel avait été arrêté à Mulhouse et déporté en 1941. Il est mort à Toulouse sa ville d'adoption le 25 novembre 2005. UNE RUE EN SON NOM A ETE INAUGUREE le 23 FEVRIER 2008 à TOULOUSE. C'EST UNE PREMIERE EN FRANCE  . Dans ce dossier, la position, notamment, d'Arié BENSEMHOUN, président du Consistoire Israélite de Toulouse, et des Entretiens avec Hervé Hirigoyen,Yvette Benayoun Nakache   Jean Michel Ducomte et Pierre Cohen, nouveau maire de Toulouse et Jean Luc Moudenc(voir dossier complet dans la rubrique DERNIERES NOUVELLES)

-  MAIA aide les personnes controntées à l'infertilitéLaure CAMBORIEUX, présidente de l'association : "L'interdiction de la gestation pour autrui en France  , présidente de l'association : "(appelée à tort "mères porteuses"  n'évite pas les dérives." Un arrêt de la cour d'appel de Paris a estimé conformes les papiers "américains" désignant un couple comme parents de jumelles nées aux USA d'une "maman pour autrui". "Cette décision constitue un événement", nous explique Laure Camborieux, présidente de l'association MAIA, biologiste de formation, professeur. (l'entretien complet dans la rubrique DERNIERES NOUVELLES)

 - Entretien avec la pédiatre Edwige Antier  et la chercheuse en sciences humaines Martine Gross, au sujet de leur livre sur l'homoparentalité : "deux papas, deux mamans, qu'en penser ?" :  Simple dialogue ou rapprochement entre deux conceptions  opposées de la famille ?

- Entretien avec Alain Vincenot ("Et un temps pour danser, ed.  du Rocher) :" L'engouement pour les danses amateur favorise mixité ethnique, sociale et générationnelle ainsi que l'ouverture à d'autres cultures."

********

5. EDITO. PAS DE PANIQUE FACE AUX RUPTURES... (Décolonisation et minorités, famille, progression des femmes, procréation assistée, homosexualité  

 Doit-on craindre les mutations de notre société ? Nous relèverons-nous des multiples ruptures que vivent nos générations ? Des femmes et des hommes du début du XX° siècle, transplantés en ce XXI° siècle, n'auraient plus aucun repère. Ils ne reconnaîtraient pas, par exemple, l'évolution de la famille. Ils se perdraient avec nos familles décomposées, recomposées, monoparentales, homoparentales, ils seraient désorientés par la banalisation de l'adoption d'enfants ( voir  "l'adoption des enfants de culture étrangère" de la pédopsychichiatre Fanny Cohen Herlem,  http://editionspascal.com  , par les techniques de procréation assistée, d'insémination artificielle, ils seraient effrayés par le développement du concept de  "gestation pour autrui" (GPA) ex mères porteuses,(voir dans la rubrique LIENS le site http://www.maia-asso.org  , le site de la psychanalyste Geneviève delaisi de Parseval), ils seraient abasourdis par l'annonce de la très controversée ectogénèse (ou utérus artificiel) qui "libérera"  les femmes qui le souhaitent des inconvénients physiques de la procréation ! Sous une forme ou une autre, notre désir de famille garde donc toute sa force. En dépit des chiffres qui confirment d'année en année la briéveté de la vie des couples modernes, nous voulons y croire contre vents et marées. Car une grande majorité de Français estiment que "la famille est la valeur la plus importante de la vie." Tout le paradoxe est là ! Autrefois, la famille était une institution. Aujourd'hui, elle est basée sur l'amour. La famille devient donc pour chacun de nous un rêve aux contours incertains, voire un fantasme. Qui possède au moins un mérite : ce rêve nous aide à vivre. Demain est un autre jour...                       

           "Melting pot" de la société coloniale ?

                                                                                       Rupture encore, l'explosion des minorités ethniques et religieuses, issues des pays autrefois colonisés. Alors que la République laïque, moniste une et indivisible, entretenait des rapports  avec le seul christianisme, elle est confrontée désormais à une société postcoloniale où, entre autres, Islam, Judaïsme , Bouddhisme réclament leur place. Dès lors, la République doit être sure d'elle-même et de ses valeurs pour jouer efficacement son rôle de chef d'orchestre, permettre que s'excerce pleinement la liberté de conscience. Paradoxalement, c'est à l'époque coloniale, ambivalante, controversée - même si elle était née d'idées progressistes- que l'on trouvait un certain "melting pot", avec tous les guillemets possibles. Surtout en Afrique du nord, où cohabitaient des populations de cultures et de cultes différents. (Voir Melting-pot dans la rubrique Lexique)

E. Zemmour ou la terreur de devoire apprendre à son petit garçon :  " Tu seras une femme mon fils !" 

On peut ainsi décliner toutes les évolutions actuelles. Celle des femmes,qui ne veulent plus du rôle que nous leur avions assigné. Cette liberté est encore à parfaire. Ainsi, les filles ont accès à presque toutes les professions et  secteurs d'activité, mais elles se limitent elles-mêmes dans certaines filières du fait de préjugés intériorisés. Encore un effort. Osez, les filles ! Cette liberté génère des dégâts collatéraux. Les hommes, qui occupaient à eux seuls l'espace publique, se situent de plus en plus difficilement face aux femmes, qu'ils craignent comme jamais. Les livres d' Eric Zemmour (Le premier sexe", Denoël) témoignent  de cette angoisse de certains hommes de se féminiser, avec la tentatation désespérée d'une réaction "virile"! perdre sa "virilité" : un fantasme qui fait écrire à ce journaliste qu'il ne veut pas dire à son petit garçon : "Tu seras une femme mon fils..."   La notion de sexe fort se délite, sans être encore remplacée (ou timidement) par de nouveaux rapports hommes/femmes. Le professeur de sociologie Daniel Welzer-Lang  estime lui, que "... Les femmes changent, ils changeront. Ils n'ont pas le choix."

 L'un des bouleversements les plus récents, est l'occupation progressive de l'espace public par les homosexuels. Même si la plupart des gays et surtout des lesbiennes se cachent encore dans leur placard aux yeux des hétérosexuels que nous sommes. Ici comme ailleurs, nous nous situons loin des stéréotypes rassurants. Cependant, nombre d'homosexuels-elles, aspirent à vivre en paix parmi nous, et à s'attacher à des valeurs telle que la famille. Ils rêvent de couples durables, s'efforcent d'officialiser leur union, avoir une descendance. Pour autant,  Le tabou perdure. Des familles cachent encore fébrilement l'homosexualité supposée de leur grand homme disparu, du chef de guerre prestigieux,  du grand resistant, etc. (voir la note "l'amour au pied du mur", petits fragments du livre) 

               Transmettre, mais quoi ? Nos peurs ? Nos inhibitions ?

Tout cela est de nature à troubler les plus sereins. Reconnaissons que ce monde en mouvement apparaît tellement insécurisant. Nous sommes tentés d'adopter une attitude de déni, en présence de ces ruptures successives.Que serons-nous capables de transmettre à nos enfants ? Evidemment, nous devrions interroger nos peurs, nos inhibitions, nos pesanteurs. Pas facile ! Pour ma part, je m'efforce de donner le reflet le plus fidèle possible, sous la forme de romans, essais, livres de témoignages, de ces ruptures et de leur corollaire, la difficulté à transmettre. (Et transmettre quoi ?).Dans le roman  "LA FERME DU JUIF" (1998, éditions Romillat, Paris), un enfant d'une famille de colons catholiques né dans dans la Tunisie coloniale, voit son univers s'effriter puis s'effondrer. Surgit devant lui une société nouvelle, la Tunisie indépendante. Lui et les siens étaient chez eux, il sont devenus étrangers sur leur terre. Confronté plus tard à la France métropolitaine, l'adolescent se sentira tout autant étranger. A travers l'itinéraire d'un garçon écorché vif, c'est une nouvelle approche de la colonisation, de la décolonisation, du choc des ex coloniaux avec la France. (Voir la note "la ferme du Juif."

 "S'il y a une rupture et une crise de transmission, c'est bien chez les parents d'homosexuels"                                                         

"COUPLES MIXTES POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE" (Editions Romillat, Paris, 2000), aborde, par le biais d'une centaine de témoignages, la question des familles composées d'ethnies et de cultures religieuses différentes. Je me suis attaché à un cas précis, les couples juifs/ chrétiens (ou de culture chétienne). A travers cet exemple spécifique, c'est l'ensemble des unions mixtes qui sont concernées. (Voir la note "Couples mixtes..."  L'approche intimiste de la question révèle à quel point la réalité est multiple et contrastée. Indéniablement,les familles mixtes apportent une plus grande ouverture d'esprit aux enfants. Cependant, ces hommes et ces femmes qui ont transgressé les préceptes de leur religion, de leur tradition, de leur milieu social, doivent plus que d'autres privilégier entre eux et avec leurs familles un dialogue sans cesse réactualisé. Que vont-ils transmettre aux enfants ? Comment éviteront-ils le syncrétisme ( mélange anarchique et ignorant de l'essence même des religions) ? Le débat reste  ouvert.                        

   "L'AMOUR AU PIED DU MUR : homosexuels, parents, famille, le désarroi " (2006, éditions Pascal, Paris), s'applique à faire ressortir la diversité de l'homosexualité, au delà des clichés, ainsi que les relations entre les gays et les lesbiennes d'une part, et d'autre part leurs parents, la famille élargie, les collègues. Sait-on qu'il existe des homosexuels-les juifs, chrétiens, musulmans, très attachés à leur foi, aux pratiques religieuses ou/et à leurs traditions, des homosexuels franc-maçons qui se réunissent dans des  "Fraternelles" de Francs-maçons-nes homosexuelles, des homosexuels sourds, des homosexuels aveugles, des homosexuels handicapés ? Les gays et lesbiennes se retrouvent dans des associations, là où on ne les imaginait pas, les grandes entreprises industrielles, au Ministère des finances, dans des clubs de rugby ou de foot ball, au sein des grandes écoles, à Polytechnique, Centrale ou Sciences-Po... La liste s'allonge chaque semaine. S'il y a une rupture et une crise de transmission, c'est bien chez les parents d'homosexuels qui, dans un premier temps, pensent avoir échoué dans leur projet parental. Et que vont transmettre à leur tour les gays et lesbiennes qui ont eux-mêmes des enfants ? Car l'homoparentalité se développe de façon étonnante, au point qu' aux Etats-Unis, l'on évoque un véritable "Gaybyboom" A la fin de ce travail, des entretiens avec des religieux, sociologues, sexologues, psychologues, présidents d'association.                  Enfin, le Roman à paraître en 2008 est l'histoire d' une rupture qui en cache d'autres. Le personnage central, admirateur des femmes et de leurs évolutions, entreprend précisément une enquête sur les femmes, au moment où sa compagne décide de mettre un terme à leur vie commune... Roman qui ramène  à "La ferme du Juif", puisque le héros est rattrapé par son passé et le passé colonial de sa famille... P. Chouchan

****************************************************************** 

Dans les autres rubriques, (La ferme du juif, Couples mixtes..., homosexuels : l'Amour au pied du mur...), vous trouverez des extraits de chacun de ces livres. Unerubrique " CRITIQUE DES LIVRES de P. Ch." aussi.. Dans la rubrique "DERNIERES NOUVELLES ", des informations récentes sur l'ensemble des sujets traités ainsi que des entretiens avec des spécialistes. Les rubriques LEXIQUE ET LEXIQUE SUITE. Enfin la rubrique "RESERVE AUX FEMMES" tolère l'intrusion des hommes s'ils viennent avec de bonnes intention

                                   

 

29.10.10 11:05


RESERVE AUX FEMMES

BLOG DE PIERRE CHOUCHAN 

 

 RESERVE AUX FEMMES  BLOG DE PIERRE CHOUCHAN 
 
  
 Cette rubrique est réservée aux femmes. A toutes les femmes. Aux adolescentes et leurs multiples questionnements. Aux femmes confrontées à la vie, aux hommes, aux autres femmes. Aux femmes qui s'interrogent sur leurs enfants, leurs petits-enfants. Aux femmes qui aiment les hommes, qui aiment les femmes, qui aiment les hommes et les femmes, simultanément ou alternativement, ou à celles qui aiment ni les uns ni les autres, aux "mamans" qui tentent de comprendre leurs enfants, aux filles qui en ont assez de comprendre leur maman. A celles qui désirent un enfant avec ou sans homme (IAD) ou pas d'enfant du tout. La sexualité n'est pas abordée par périphrase. Les hommes qui souhaitent visiter cette rubrique, sont invités à ne pas venir avec un regard de voyeur. Seulement pour mieux comprendre. Vous retrouverez ces thèmes dans les ouvrages de P. Chouchan, notamment "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire" et, pour ce qui est des lesbiennes, dans : "Homosexuels, l'Amour au pied du mur", chapitre XII "Les lesbiennes ces inconnues" pp. 150 à 170 
 
LIENS. Quelques liens regroupés ici et que vous retrouverez dans "Abécédaire au féminin".  Deux sites se rapportant au viol http://www.sosfemmes.com  et  http://www.sosviol.com . Le site de la sociologue Marie-France Hirigoyen à propos des violences faites aux femmes : http://hirigoyen.free.fr . Un site exclusivement réservé aux femmes : http://www.tassedethe.com . Un site sur les femmes expatriées : http://expactchc.com . le site des femmes ayant vécu ou vivant avec un homosexuel : http://www.femme-homo.org . Le site "Interdit aux hommes" http://www.interdit-aux-hommes.net . Le site de l'association "Coeur de femme" fondé par Mona Chasserio :" créer des liens avec les femmes exclues, instaurer le dialogue... www.coeurdefemme.com . Le site WIN (women in nuclear) de l'association regroupant des femmes ayant des responsabilités dans l'industrie nucléaire : http://www.win-global.org . Le site de la Grande Loge Féminine de France : http://www.glff.org  . Le site de l'obédience maçonnique mixte Le Droit Humain : http://www.droit-humain.org . Le site de l'organisation  de femmes le ZONTA, en France : http://www.zonta.org  ou http://www.zontaclubsfrance . Le site  de  "Egalitere", une coopérative qui aide les femmes à créer leur entreprise : http://egalitere.free.fr  . le site de la Coopération féminine http://cooperation-feminine.fr  le site de bagdam espace lesbien pour aborder  "la collective lesbienne" ou Alliance des Solidarités Lesbiennes :  http://www.bagdam.org
SOMMAIRE DE LA RUBRIQUE
1 regards sur les autres rubriques : en priorité dans la rubrique "Dernières nouvelles" un dossier sur  l'inauguration à Toulouse le 23 fevrier de la rue Pierre Seel, déporté homosexuel. C'est une première en France.
2. Entretien avec Brigitte Boucheron, présidente de Bagdam Espace lesbien 
3 Humeur. 
4. Abécédaire pour les femmes
***** **

Brigitte Boucheron, présidente de Bagdam Espace lesbien :
« Plus les femmes et les lesbiennes seront fortes d’elles-mêmes, moins les hommes pourront imposer leur loi… »

 
« L’Alliance des solidarités lesbiennes » (ADSL) qui vient de voir le jour, groupe à Toulouse 16 associations de lesbiennes(1). (Voir dans la rubrique « lesbiennes » . La non-mixité de cette mouvance est souvent mal perçue chez les hommes, gays y compris. Face aux éternelles discussions, Brigitte Boucheron, présidente de « Bagdam Espace lesbien » a tenu à mettre ici les choses au clair une fois pour toutes.
 
 
Brigitte Boucheron, quand on vous conteste le fait de travailler exclusivement entre femmes, vous réagissez toujours avec un profond agacement….

B.B. 40 ans après la naissance du MLF, avoir à expliquer l’évidence – notre droit de réunion et d’expression–, c’est vraiment fatigant ! La mixité pour nous, c’est perdre notre temps à faire de la pédagogie encore et encore auprès de messieurs-je-suis-partout (hétéros ou gays) qui ne se résolvent pas à devenir tout simplement relatifs, qui ne veulent pas – et c’est humain – renoncer à leur domination. De plus, la non-mixité relève du plaisir. Pourquoi voulez-vous que nous recherchions la compagnie de personnes qui ne nous donnent pas de plaisir. Et je ne parle évidemment pas de plaisir sexuel. Notre rapport d’adresse est d’abord les femmes et les lesbiennes. Aussi, quand une demande sur la non-mixité nous arrive, notre première réaction est un « pfff » d’ennui affligé, style « encooore ?  »
 
 
Mais il existe des hommes qui portent intérêt aux lesbiennes  sans idée de domination !

 
B.B. Comprenez que l’intérêt d’un homme pour les lesbiennes nous paraît a priori suspect et à traiter avec des pincettes. En fait, notre méfiance se double d’un profond inintérêt pour ce que pensent les hommes dont nous n’attendons a priori rien de nouveau en ce qui concerne la transformation des rapports entre hommes et femmes. Et c’est dans l’ordre des choses : seules les femmes et les lesbiennes ont INTERET au changement. Nous ne croyons donc en ce domaine qu’aux rapports de force : plus les femmes et les lesbiennes seront fortes d’elles-mêmes, moins les hommes pourront imposer leur loi/discours/imaginaire, etc.

 
Propos recueillis par Pierre Chouchan
(1)Association d'Alliance des Solidarités Lesbiennes : Zéroses ; Idéaux et gorgones ;Violette et Marguerite; Air Libre ; L'Autre cercle ; Bagdam;Saouris ; Fifalia ; Folles saisons ; Lesbiagenda ; La Luna Loca ; Mondes ; Prat sisters ; Santé militante lesbiennes ; Les Toon's.
 

Humeur
   " Et s'il me plaît à moi d'être battue..."
 Trop de femmes, à travers le monde, subissent leur condition (1), nous  le savons bien... Mais lorsqu'elles ont eu toutes les chances, quand elles sont diplômées d'études supérieures, quand elles exercent une profession valorisante et malgré tout se complaisent dans les pesanteurs culturelles ancestrales, on serait -parfois- tenté de baisser les bras. Hier soir, dans une grande ville quelque part en France : une salle comble pour une table ronde de journalistes, un dialogue avec le public, sur la déontologie des journalistes, sous l'égide d'une importante association, le GREP (2). Les journalistes : trois hommes, deux femmes. Les hommes ont longuement débattu avec le public. Les femmes n'ont pas ouvert la bouche, ou rarement, presqu'en s'excusant. Le peu qu'elles ont osé dire était remarquable, avec l' humilité et le ton que l'on est en droit d'attendre de la profession. Autour de moi, dans la salle, des femmes  regrettaient cet effacement. L'une d'elle m'a confié : "Devant ce spectacle, je crois qu'il  nous reste beaucoup de chemin à accomplir !" Au cocktail qui a suivi, j'ai exprimé aux deux consoeurs  ma surprise de les avoir vues servir de faire-valoir aux "Zommes", journalistes vrais de vrais, sachant se mettre en valeur. L'une est depuis six mois dans la profession après son cursus dans une école de journalisme. L'autre a 24 ans de carrière derrière elle, au sein d'une télévision de service public. Elles n'ont pas voulu admettre la réalité et ont tenté de "m'expliquer", de se justifier. Expliquer quoi ? Justifier quoi ? J'avoue ne pas leur en avoir donné le loisir. Il leur aurait fallu parler PENDANT le débat, pas après. Hier soir, elles ont prolongé la retenue de bon aloi, devant leurs Seigneurs et Maîtres, de leurs grands-mères, voire de leurs arrières grand-mères. Pourtant, elles se sont cabrées.... contre moi ! N'est-ce pas chez Molière, cette  petite phrase : "Et s'il me plaît à moi d'être battue !" ? P. Chouchan
(1) Le "Livre noir de la condition des femmes", sous la direction de Christine Ockrent, vient de paraitre en format de Poche (Points). Il montre précisément à quel point le sort des femmes à travers la planète est différent d'une région du monde à l'autre. Une trentaine de spécialistes de disciplines différentes ont apporté leur concours à ce travail, dont la sociologue Françoise Héritier et le gynécologue obstétricien René Frydman. 
(2) Le GREP de Toulouse.
 

4ABECEDAIRE POUR LES FEMMES  
 
(Blog de Pierre Chouchan) 
 

 Avant la violence (Intervenir) : Les femmes vivent une époque formidable. Enfin la liberté, l’indépendance, le pouvoir… Minute ! Pas toujours. Pas toutes. Beaucoup, même parmi les plus jeunes, gardent vis-à-vis des hommes un sentiment d’infériorité inculqué depuis la nuit des temps. On le retrouve dans les relations sexuelles, où tant de femmes n’osent pas « éduquer » l’homme, on le retrouve dans le couple en général. Beaucoup se laissent encore enfermer dans le huis clos du couple. Marie-France Hirigoyen, psychiatre spécialisée dans le harcèlement, la violence, a analysé la dérive où conduit cette aliénation. Au début, il y a une simple intimidation et les femmes peuvent ne pas se rendre compte que le cauchemar a commencé. Elles sont déjà piégées. Il ne faudra pas attendre longtemps pour les bousculades, les coups. Les conseils qu’elle donne dans «  Femmes sous emprise, les ressorts de la violence dans le couple », Pocket), c’est d’intervenir très en amont, dès les premiers signes de violence psychologique. Voir le site de M. F. Hirigoyen, « Harcèlement moral » : http://hirigoyen.free.fr .  Les femmes de tous les milieux socio culturels peuvent être concernées. Il faut savoir qu'on est arrivé à déterminer qu'il existe un homme violent sur dix. Ainsi, par exemple, la communauté juive n'est pas épargné. Deux association de femmes juives, la WIZO et La Coopération féminine  http://www.cooperation-feminine.fr  , se sont réunies pour créer l' association NOA avec un numéro d'appel anonyme. D'une façon plus générale, On peut aussi consulter les ouvrages du chercheur et professeur de sociologie Daniel Welzer-Lang, notamment « Les hommes violents ». (Réédité dans la petite bibliothèque Payot) et les hommes aussi changent. Voir dans la rubrique LEXIQUE : "Couple"
 

Avortement : (Voir Lexique)
 

Contraception et IVG : (Voir Lexique) 
 

Conversions de femmes (à une religion) : voir dans la rubrique LEXIQUE : "Conversion (au Judaïsme)" avec une intervention du dr Gérard Haddad, psychanalyste et de Joëlle Allouche Benayoun psychosociologue
 

D’une femme l’autre : (de Marguerite Duras à Christine V.) Des circonstances dramatiques ont amené les destins de deux femmes, appartenant à deux planètes différentes, à se croiser. L’une était une grande écrivaine française, l’autre mère de famille de la France profonde. Marguerite Duras (1917- 1996) est  mêlée, par le quotidien Libération interposé, à un fait divers, la mort mystérieuse d’un enfant. Le corps d’un petit garçon a été retrouvé, les mains attachées, au fond d’une rivière. Une affaire complexe dont on ne connaîtra certainement jamais le-la coupable. La mère de l’enfant sera mise en examen, soupçonnée de la mort de son enfant et incarcérée pendant  jours 12 jours. Libération commande à Marguerite Duras un reportage. Elle se rend sur les lieux.  Il en ressortira un  article, qui continue à faire scandale. Son titre est devenu célèbre : « Sublime, forcément sublime, Christine V. »  Dès qu’elle voit la maison familiale, la conviction de la romancière est faite. « … La maison, je l’ai vue. (&hellip elle nous est apparue, tout à coup. Seule sur le sommet d’une colline nue. Dès que je vois la maison je crie que le crime a existé. C’est ce que je crois (&hellip L’enfant a dû être tué à l’intérieur de la maison. Ensuite il a dû être noyé C’est ce que je vois. C’est au-delà de la raison… » Marguerite Duras va préciser sa « vision » : … On l’a tué ainsi, sans doute dans la douceur, ou bien dans un amour soudain, incommensurable, devenu  fou, d’avoir à le faire. » Et puis quelques lignes plus bas : « … Au lieu d’être dans une angoisse immédiate, atroce, à cause de la disparition de cet enfant, Christine V  parle (à la nourrice) de l’existence qu’elle a endurée. Comme si la disparition de cet enfant en inaugurant un malheur à venir fermait les vannes d’un malheur passé. C’est là, il me semble, que la raison du meurtre se rapprocherait, qu’une sorte de relation causale décisive s’établirait entre la vie de Christine V et la disparition de son enfant… »  Un peu plus loin, elle sera davantage explicite. « … Il arrive que les femmes n’aiment pas leurs enfants, ni leur maison, qu’elles ne soient pas les femmes d’intérieur qu’on attendait qu’elles soient. Qu'elles ne soient pas non plus les femmes de leur mari. Qu’elles ne soient pas de bonnes mères, de même qu’elles ne soient pas fidèles, des fugueuses et que malgré cela, elles aient tout subi, le mariage, la baise, l’enfant, la maison, les meubles et que ça ne les ait changées en rien même pour un seul jour. Pourquoi la maternité ne serait-elle pas mal venue, pourquoi la naissance d’une mère par la naissance d’un enfant ne serait-elle pas ratée elle aussi, par la paire de gifles de l’homme, par les beefsteaks mal cuits par exemple ? (Quand elles ont un enfant qu’elles ne reconnaissent pas comme leur propre enfant, qu’elles ne voulaient pas vivre. Et dans ce cas, aucune morale, aucune sanction ne leur fera reconnaître que cet enfant est le leur… » Après avoir expliqué cette révolte contre une condition féminine millénaire, l’auteur des  « Petits chevaux de Tarquinia » conclut : «  … Ce qui aurait fait criminelle Christine V., c’est un secret de toutes les femmes, commun. Je parle du crime commis sur l’enfant, désormais accompli, mais aussi du crime opéré sur elle, la mère. Et cela me regarde. Elle est encore seule dans la solitude, là où sont encore les femmes du fond de la terre, du noir, afin quelles restent celles qu’elles étaient avant, reléguées dans la matérialité de  la matière. Christine V. est sublime, forcément sublime. »
                  ** Christine V. sera mise hors de cause par la justice. Reste ce texte, pour l’éternité. Après l’avoir lu, Christine a dit en substance : « Mais qu’est ce qu’elle me veut, cette femme ? » Elle parlait ainsi de Marguerite Duras, qui venait de l’immortaliser.   (Il est toujours possible de publier dans ce blog le texte intégral de Marguerite Duras si vous le desirez)
 

Divorce (à l'initiative des femmes) :  depuis l'instauration du divorce en 1792 - supprimé en 1816, rétabli en 1884 -, les femmes demandent  davantage le divorce que les hommes. Dès qu'elles en ont eu la possibilité grâce aux lois multipliant les motifs, elles ont  l'initiative de plus en plus souvent, dévoilant ainsi violences et  injures graves dans le couple. En 1975, apparait le divorce par consentement mutuel (requête conjointe) et il est plus difficile de déterminer de façon claire qui est à l'origine de la procédure. Mais la requête conjointe n'est- elle pas l'arbre qui cache la forêt ? Il est aujourd'hui question de mettre hors du cadre de la justice les divorces par consentement mutuel, ceux-ci étant considérés comme non conflictuels. Ce consensus ne serait qu'une apparence, si l'on en croit magistrats et avocats interrogés, qui constatent dans presque tous les cas, derrière le consentement, des rapports de force ou une décision imposée par l'un des conjoints. La déjudiciarisation du divorce  pourrait donc être une régression pour le (la) plus faible. En tout état de cause, pour les divorces à la demande d'un des conjoints, donc "conflictuels", les femmes en sont en grande majorité à l' origine. Et plus les femmes sont indépendantes financièrement, plus le niveau intellectuel et social est élevé,  moins elles supportent une vie qui ne leur convient plus et se donnent le droit d'en choisir une autre. Savez-vous pourquoi  "on" a reculé le plus possible l'apprentissage de l'écriture pour les femmes ? Afin qu'elles ne puissent écrire à leur amant. (Voir  aussi "Les femmes" de Yannick Ripa, ed. du Cavalier bleu) 
 

Education sexuelle (des filles) : en dépit de l'arsenal de moyens contraceptifs dont elles disposent,  trop de jeunes filles se retrouvent enceintes et sont contraintes d’avoir recours à l’IVG, ou alors, quand c’est trop tard, d'aller jusqu’à l’accouchement. Il leur reste ensuite la voie de l’abandon, ou d’élever l’enfant. Un psychiatre et pédopsychiatre, Stéphane Clerget, lève le tabou sur les grossesses interrompues et décrit les profondes séquelles psychologiques sur les femmes. Des conséquences qui vont du traumatisme à la dépression, mais niées et banalisées par l’entourage. (Quel âge aurait-il aujourd’hui ? 2007, Fayard). L’éducation sexuelle à l’école ou dans les familles est tellement timide dans nos pays latins ! Quelques auteurs-es ont publié des livres pratiques et qui disent les choses telles qu’elles sont. Il y a entre autres les ouvrages du Dr Catherine Solano, médecin sexologue  -« Sexo ado » (Marabout)-, où tous les thèmes qui intéressent les adolescents-es (et les autres !) sont abordés de front. Une gynécologue, Catherine Rinieri, a publié un intéressant dialogue mère /fille : « Comment parler du vagin à sa fille." (Ramsay, 2006) C’est un traité sans complexe, comme l’affirme l’auteure, de l’anatomie et de la sexualité au féminin. On peut citer aussi les émissions sur la sexualité, de  Skyrock, Fun radio ou Europe 2, mais  j’aurais une très nette préférence pour  « les filles du Mouv », traitée pour des femmes et avec des femmes, à la radio rock de Radio France le Mouv’ (du lundi au vendredi, de 21 h. à minuit), animée par Emilie Mazoyer : un point de vue féminin, notamment au sujet de la sexualité, ce qui change tout ! Emilie invite chaque semaine le Dr Catherine Solano, pour répondre aux questions les plus délicates des filles… et aussi des garçons qui écoutent l’émission. Enfin, les choses changent quelque peu, tout de même : des moyens d’information se mettent en place. Un clip passe actuellement  à la télévision sur l’origine du cancer du col de l’utérus (les relations sexuelles) et les moyens de s’en prémunir. (Voir  dans la rubrique LEXIQUE Contraception et IVG. Education sexuelle. Avortement. Voir aussi dans Lexique suite : La pilule ou enfin la lberté
 

Exclusion des hommes (Juste retour des choses ?) : Rien n’est pire que d’être exclu d’un lieu public, dun cercle, d'un groupe.Les minorités victimes de ces pratiques en savent quelque chose. Et les femmes, donc ! Longtemps, elles n’ont pas été admises, formellement ou de fait, dans de multiples espaces qui nous étaient réservés. Aujourd’hui la donne a changé. Des groupes de femmes, notamment des mouvances de lesbiennes "non mixtes", désirent se réunir exclusivement entre femmes. Rien qu’entre femmes. Alors nous parlons de  scandale, nous poussons des cris déchirants d'orfraies. Certes, cela ne nous fait pas plaisir. Ne me fait pas plaisir du tout. Pour une fois, nous autres les garçons, nous éprouvons la sensation désagréable d’être exclus. C’est intolérable n’est ce pas ? Voir dans  "L'amour au pied du mur " : Laurence et mon excédent de testostérones", rencontre (brêve) avec la Présidente de l'association de femmes "Violette et Marguerite". extrait : "... Laurence n'a rien à faire de ma bonne volonté. Dur de sentir son caprice (d'homme) contrarié. Pourtant, elle l'a dit tout à l'heure. C'était clair. Elles veulent être entre femmes. Il n'empêche. C'est si insupportable d'être exclu, pour une fois. Ce soir le monde ne m'appartient pas. Ce soir, je suis empêtré dans mon hétérosexualité." (p.p. 152 à155)  Dur en effet ! suite de l'histoire : parfois, je croise Laurence dans des réunions. Récemment, je l'ai vu interpeller vertement un élu candidat à une élection municipale. Aurai- je une chance d'entamer un dialogue un jour avec elle? Et pourquoi le faudrait -il absolument ? Pourquoi ne laisserai-je pas Laurence et son groupe  continuer leur route sans moi ?  (Voir : Réseaux féminins et aussi Lesbiennes qui se regroupent) 
 

Femmes, révolutions et  droit de vote : Pourquoi donc dans notre démocratie française les femmes ont-elles été oubliées au cours des soubresauts et révolutions qui secouent le pays depuis 1789 ? Pourquoi a-t-il fallu attendre un décret du général De Gaulle en 1944 pour qu’elles obtiennent le droit de vote ? Pourquoi les femmes qui militaient pour le droit de vote étaient-elles appelées par dérision « suffragettes » ? Estimait-on que ce genre de combat était le fait de « bourgeoises » désoeuvrées, alors que les véritables problèmes étaient ailleurs ? Pire. Des esprits éclairés, estimaient avec condescendance que ces pauvres femmes, si faibles de caractère, incultes, influençables, instables, allaient voter comme le demanderait leur mari ou monsieur le curé, ou alors selon des critères éloignés de la raison. ("Souvent femme varie, bien fol qui s'y fie ", dit un proverbe médiéval). De toute façon, chacun savait bien que la politique n'intéressait pas les femmes. Il a fallu attendre 1944.  Il y a tout juste quelques petites décennies ! Jusque là, elles étaient considérées comme des mineures ou des malades mentales. Cependant, la partie pour elles étaient loin d'être gagnée et, ainsi que le fait remarquer Yannick Ripa, maître de conférence d'histoire des femmes à Paris VIII. Le véritable changement viendra avec la parité. (Voir Les femmes, collection idées reçues, éditions Le Cavalier bleu.)
 

Femmes ou ex femmes (d’homosexuels) : Les témoignages abondent de femmes qui pendant une partie de leur vie, ont partagé leur existence, en connaissance de cause ou non, avec un homme homosexuel ou un bisexuel. Il y a celles qui se sont mariées tout en pensant  « changer » leur conjoint. Il y a celles qui apprennent plusieurs années- et plusieurs enfants- après leur mariage, l’orientation sexuelle de leur mari ou compagnon. Un certain nombre d’entre elles ont édifié un site nommé, précisément :  http://www.femme-d-homo.org   . Les animatrices de ce site notent que les femmes n'ont jamais osé s'exprimer sur ce sujet tabou. Ici, elles parlent, elles expliquent comment elles ont vécu leur quotidien de femme, d'épouse, de mère. "Femme d'homo" se veut un lieu d'accueil, de conseils, dans un esprit d'acceptation des différences.
Femmes et Franc-maçonnerie : Il existe une obédience maçonnique strictement féminine, la Grande Loge Féminine de France (GLFF). Et aussi des obédience mixtes, dont "le Droit Humain", "La Grande Loge Mixte de France". Jusqu'à présent, le Grand Orient De France (GODF) n' est pas mixte, même si la plupart de ses loges acceptent de recevoir des femmes en "visiteuses." Mais les choses sont en train de bouger  au GODF...  voir plus bas "Réseaux féminins", et dans  la rubrique LEXIQUE : "Francs-Maçons" et "Fraternelles maçonniques"     
Femmes et création d'entreprise :  une constatation : parmi les créateurs d'entreprises, il n'y a que 25 % de femmes. La coopérative "Egalitère" s'attaque concrètement à ce problème. Elle aide les femmes dans leurs projets, à la fois pour que l'on puisse prendre les candidate au sérieux, et pour les aider... depuis la petite enfance où déjà se mettent en place des séréotypes. http://egalitere.free.fr   . Nous y reviendrons.
Femmes (hétérosexuelles) et gays : Les femmes hétérosexuelles aiment la compagnie des gays. Ils sont sympas,  savent faire la fête, sont tellement plus élégants et soignés que les hétéros. Et puis avec eux, les filles peuvent se détendre, baisser la garde. Avec les garçons hétéros, disent-elles, il faut garder les distances quand on n'a pas envie d'aller plus loin, car ils sont toujours prêts à interprêter  les attitudes féminines. Rien de cela avec les gays. Ils peuvent devenir de véritables amis, sans ce risque d'ambiguité. Un petit inconvénient toutefois. Elles oublient que les gays ne sont pas attirés par les femmes. Et dans une certaine mesure, ils nient leur féminité, donc ils les nient tout court. A la longue, cela peut devenir un souci. Mais de plus en plus, les femmes souhaitent sortir le soir, s'amuser et pouvoir avoir la paix côté garçons. Alors, elles sont  nombreuses à sortir avec des copines lesbiennes, dans des bars ou des établissements lesbiens. Mais comme rien n'est jamais simple dans ce monde, là aussi  il peut y avoir de petits problèmes de drague avec les femmes, reconnaissent-elles. Mais bon.  Et puis, sait-on jamais, une "révélation"est toujours possible. 
 

Garçons (pression des) : On sait que les premières relations sexuelles des filles  ont lieu en moyenne à 17 ans. Et avant ?  Chaque fille  est la seule à savoir si elle est prête. Il ne s’agit pas  de céder aux pressions du petit copain pour lui faire plaisir. La vie sexuelle future dépendra de la façon dont elle a débuté. Si elle n’en a pas encore envie, elle doit être capable de résister. Encore une fois, des relations sexuelles prématurées et non pleinement voulues peuvent gâcher l’avenir. Et surtout, le copain en question doit être capable d’accepter le refus éventuel. Pour éviter les blessures d’amour-propre, il s’agit de présenter les choses avec une certaine diplomatie. (Voir éducation sexuelle des filles) et lire "Sexo Ado" du Dr Catherine Solano.
 

Gynécologue (un ou une ?) : J’ai toujours été surpris par les femmes qui choisissent un et non une gynécologue. Pourtant, celles qui connaissent ou ont dans leur famille un gynécologue homme, sont  abasourdies par  leur vision des femmes, leur vocabulaire dévalorisant, souvent  méprisant, voire ordurier. Les psychiatres consultés-es à ce sujet le reconnaissent, mais ne semblent pas vouloir en tirer de conclusions. C’est ainsi, disent ils-elles. Ils sont comme ça. Un peu court, non ? Naturellement, si un ou plusieurs gynécos hommes lisent ces lignes et veulent faire savoir qu'ils ne pas « comme ça », qu’ils nous écrivent. Nous leur donnerons la parole et les conseillerons aux femmes. Que celles qui ont choisi un gynéco homme nous expliquent les véritables raisons de leur choix. J’en connais qui seraient très intéressées d’en savoir davantage. Cela dit, je reconnais que ces quelques lignes sont un tantinet subjectives. Il y a de grands gynécologues obstétriciens qui font un travail remarquable. Je ne citerai que le Pr René Frydman de l'hôpital Antoine Béclère de Clamart, brillant pionnier en France de la Fécondation In Vitro et ses collaborateurs. Et aussi mon ami Paul B., compétent et gentil comme tout avec ses clientes, auxquelles il consent des échographies tous les quinze jours, si elles veulent admirer l'évolution de leur futur bébé ; et aussi mon cousin par alliance Remi C., et tous ceux que les femmes n'échangeraient pas contre deux barils d'Ariel.   Il n'empêche...
 

Hommes (les filles doivent  éduquer les) : C’est l’évidence. La sexualité d’une fille étant plus complexe, c’est aux filles de guider leur partenaire débutant. Mais les plus jeunes nous disent qu’elles n’osent pas. Par exemple, les garçons n’ont pas idée à quel point le clitoris est déterminant dans les relations sexuelles.  (Si si, les filles interrogées se montrent formelles à ce sujet !) Les garçons ne sont pas au même rythme que les filles. Il suffirait qu’elles prennent l’initiative, par exemple  se placer au dessus de leur partenaire et diriger les opérations. Mais les adolescentes gardent encore une timidité ancestrale face aux garçons… Et puis aussi, elles doivent commencer à apprendre elle mêmes leur propre fonctionnement. Voir Garçons (pressions des) ; voir aussi  "Education sexuelle des filles". 
Infertilité : voir  cette entrée dans la Rubrique LEXIQUE  
Lesbienne. Femme homosexuelle. Le terme procède de l'une des plus grandes îles grecque, Lesbos  dont la  cité la plus importante était Mytilène.  A Lesbos vivait  la poétesse Sapho, entourée de femmes. Jusqu'au XIX° siècle, le terme utilisé pour désigner les lesbiennes était  "tribade" d'un mot grec signifiant se frotter. C'est l'un des signes prouvant qu'au cours du temps, on n'a pas vraiment cru à la sexualité des lesbiennes, sous le prétexte qu'elles n'avaient pas de pénis, donc qu'il ne pouvait y avoir de pénétration. Depuis, nous savons que la sexualité est plus complexe et qu'il existe tant de possibilités. D'autant que la pénétration est toujours possible grâce aux sex toys ( jouets sexuels), de plus en plus variés,sophistiqués et surprenants. Si vous désirez briller dans un repas en ville, vous pouvez dire que Marcel Proust, pour désigner les lesbiennes dans "La Recherche...", employait le terme de Gomorrhéenne, en référence à la ville biblique bien connue de Gomorrhe (ville-soeur de Sodome).  Parmi les nombreux soucis que rencontrent les lesbiennes, persistent cette non reconnaissance de leur sexualité, une difficulté à trouver des "stars" lesbiennes auxquelles s'identifier, et le peu de presse dédiée aux lesbiennes. A notre connaissance, il existe en France les magazines "Lesbiamag", "la Dixième muse" et le guide annuel "Dyke guide". Si vous désirez en savoir davantage sur le sujet, lisez le petit livre de Stéphanie Arc  "les Lesbiennes" aux éditions du Cavalier Bleu : comme tous les ouvrages de cette collection idées reçues, l'auteure part des stéréotypes pour expliquer les choses très clairement. Voir dans la rubrique LEXIQUE  l'entrée "enfants d'homosexuels-les" : vous y trouverez notamment le relation d'une études sur les enfants de couples de lesbiennes. Et voir aussi dans "l'Amour au pied du mur" de P. Chouchan, notamment des pp. 149 à 170, "Les lesbiennes, ces inconnues". 
 

Lesbiennes et VIH  : Certains-es proclament qu’il y a peu de chances que les homosexuelles puissent être concernées par les risques.  Pourtant si. Le relâchement dans les précautions concerne aussi les femmes qui aiment les femmes. Par exemple, faire circuler sans précaution des sex toys. Mais oui ! Attention, les filles. Et puis vous ne savez pas si votre partenaire n'a pas été tenté un soir par un hétéro. Sachez alors que la paroi du vagin est particulièrement receptive aux IST et au VIH/Sida (Voir dans rubrique Lexique, "Lesbiennes" et "Lesbiennes moins considérées que les gays ?"
 

Lesbiennes (moins considérées que les Gays ?) : Elles ont donc bien moins de visibilité que les gays. Beaucoup sont contraintes à garder le secret au fond d'elles, qu'elles soient ou non mariées. Si elles sortent du placard, elles nous confient qu'elles doivent affronter une double difficulté : celle d'être femme et d'être lesbienne. Dans le regard de l'autre, ce serait moins admis que l'homosexualité masculine. Ou alors, nombre d'hommes voient dans une caricature de la sexualité lesbienne de quoi nourrir leurs fantasmes. (films pornographiques). Il reste le choix, chez un grand nombre de lesbiennes, de reculer l'échéance, de faire croire, d'abord à leurs parents et à leur familles, qu'elles sont des hétérosexuelles pures et dures. Extrait de "l'Amour au pied du mur", : "... En apparence, la vie est plus facile pour les lesbiennes (que pour les gays). Elles gardent leur mystère, elles n'ont pas de mal à faire croire à la famille ou aux autres qu'elles partagent un appartement ou vont en toute innocence en vacance avec une simple copine. C'est si aisé de faire prendre des vessies pour des lanternes. Pour son confort moral, Jessica s'est inventée un gentil Jérôme, ingénieur expatrié en Arabie (...) Aux yeux de ses parents, elle vit seule dans son appartement. Sauront-ils que la compagne de Jessica vit dans l'appartement d'en face et que les deux jeunes femmes se rejoignent dès que les regards opportuns se sont éloignés ? (...)Jessica recule l'échéance. Jusqu'à quand ?" (Voir "l'Amour au pied du mur, chapitre "Les lesbiennes ces inconnues pp. 150 à 170). Et puis d'autres passent le pas, imposent ce qu'elles sont, vivent en couple, mettent en place un projet parental. Et miracle : dès qu'elles ont des enfants, leurs propres parents, les voisins, les parents d'élèves, les enseignants, la femme de ménage, ne voient en elles que des mamans, et non plus des lesbiennes. Enfin, les témoignages de lesbiennes se multiplient, qui prouvent que les relations avec les gays  sont loin d'être idylliques. Tout gays qu'ils soient, elles leur reprochent de se comporter comme des garçons classiques et en plus, avec eux, certaines se sentent  niées en tant que femmes.                                      
 

Lesbiennes (qui se regroupent.) C'est une première en France. 16 associations et groupes de femmes ont décidé depuis le 2 fevrier 2008, de créer à Toulouse et dans la Région Midi Pyrenées une "Collective" lesbienne "appelée  "l'Alliance des solidarités lesbiennes". Les associations : Zerose ; Idéaux et gorgones ; Violette et Marguerite ; Air Libre ; L'autre cercle ; Bagdam ; Saouis ; Fifalia ; Folles saisons ; Lesbiagenda ; La luna loca ; Mondes; Prat sisters ; Santé militante lesbienne; Les toon's.  Elles rassemblent quelque 2000 adhérentes et travaillent sous le signe de la visibilité lesbienne avec des conférences et des animations. Elles ont mis en place un "printemps lesbien".Voir notamment le site http://www.bagdam.org . A Toulouse toujours, Bagdam espace lesbien organise un colloque international d'études lesbiennes tous les deux ans. Le prochain se déroulera en 2009. ( Voir aussi "réseaux féminins" voir aussi plus haut l'entretien avec Brigitte Boucheron, présidente de Bagdam Espace lesbien.)
Néandertal (hommes et femmes de) : A armes égales ? (Voir rubrique LEXIQUE  suite. 
 

Point G (Pour en finir avec le) : on n'en finit jamais totalement avec les mythes ! Pourquoi le point  G ? G comme Ernst Gräfenberg, un médecin allemand  qui prétendait avoir trouvé, en 1950, le point du plaisir à l’intérieur du vagin. Il y eut un engouement pour la chose et beaucoup ont voulu absolument faire du point G  une certitude. Or, si le clitoris est l’organe du plaisir et provoque presque à coup sûr l’orgasme, rien n’est moins sûr pour le point G en particulier et l’orgasme vaginal en général. Une anecdote tragi-comique montre jusqu’où les certitudes du début du XX° siècle pouvaient aller. La grande psychanalyste Marie Bonaparte ne parvenait jamais à l’orgasme. (Et comme son mari les Prince de Grêce était gay, cela ne l'aidait pas à progresser !). Elle décida alors de subir l’opération miracle. Elle se fit procéder à l'ablation du clitoris pour le réimplanter dans le vagin, là où le point G était sensé  se trouver.  Une folie sans doute excusable, à  une époque où l’on ne doutait de rien ! En réalité le point G, s’il existe,  n’est pas un point mais une zone, et de dimension variable. Les  spécialistes ne sont pas d’accord entre eux, d’autant que d’autres  zones érogènes  peuvent se trouver à l’intérieur du  vagin. La seule  « spécialiste », c’est chaque fille, chaque femme. Il leur faut souvent des années pour éprouver un orgasme vaginal, point G ou non. Au début des relations sexuelles, si on veut un résultat... le clitoris. Il faut donc l’apprendre aux garçons, si les filles sont hétéros. Si elles sont homosexuelles,  pas de souci... Elles sont même en mesure de donner des cours aux femmes hétéros (appelées "hétérotes"  dans les milieux gay et lesbien). Oui je sais, une auteure américaine de best sellers affirme pendant des centaines de pages que le point G existe et bien d'autres choses. Je ne la conseillerai pas ici, jusqu'à plus amples informations... (A suivre ?)
 

Réseaux féminins : Les femmes s’organisent. Il y a quelques années, des groupes de femmes responsables dans différents secteurs faisaient timidement leur apparition. Aujourd’hui, on assiste à une véritable explosion des clubs, réseaux, cercles d’affaires au féminin.  Voir Clubs et réseaux féminins de Emmanuelle Cagliardi et Wally Montay. Parallèlement, E. Cagliardi a créé le site  « Interdit aux Hommes. » http://www.interdit-aux-hommes.net .   Il y a aussi des femmes Francs- Maçons dans des obédiences mixtes telles que "le Droit Humain" http://www.droit-humain.org  ,  mais aussi des francs-maçonnes qui désirent être dans une obédience entièrement féminine, à savoir la Grande Loge Féminine de France (GLFF). Le site : http://www.glff.org  ( rédigé en français, anglais, espagnol et... arabe) ;  les femmes de la GLFF sont environ 12 000, la Grande Maîtresse actuelle se nomme Yvette Nicolas. Et elles précisent bien que "...spécificité féminine ne signifie ni repli, ni défiance par rapport à un travail (maçonnique) partagé par les hommes..." .   Autre important réseau féminin, l'organisation  internationale ZONTA. Elle regroupe des femmes ayant des responsabilités et qui oeuvrent pour faire avancer le statut des femmes. Leur site : http://www.zonta.org  ou http://zontaclubsfrance.org  . Voir aussi  WIN (le nucléaire au féminin) http://www.win-global.org  . Lire plus haut : Exclusion des hommes (Juste retour des choses ?) et aussi "Les lesbiennes qui se regroupent" 
 

Rétribuées :  Ce n’est pas une nouveauté. Depuis  des années  nous recueillons, comme d’autres, des témoignages (confessions?) d’étudiantes, de femmes mariées, de mères de famille, qui régulièrement ou occasionnellement se font rétribuer en échange de relations sexuelles. Dans le plus grand secret, bien évidemment. Deux livres viennent d'être publiés à ce sujet : un témoignage d’une jeune fille de 19 ans Laura D. (1) et le travail d’Eva Clouet (1) qui termine un master de sociologie. L’une et l’autre soulèvent un minuscule coin du voile d’une réalité ancienne que nous nous sommes tous bien gardés d’étaler sur la place publique. Tabou ? Omerta ? Réalité trop banale ? Peut -être. Sans doute avons-nous  eu tort de considérer comme courantes et anodines des pratiques qui soulignent qu’il existe encore une condition féminine. C’est grave, n’en déplaise aux assertions de jeunes filles qui imaginent qu’elles ont trouvé là une solution comme une autre à leurs problèmes financiers.  Les causes en sont multiples. Cela porte un nom. Au-delà de toute référence éthique ou morale, on connaît les risques depuis longtemps. Une fois de plus, il y a les parents, à cent lieues de la réalité de la vie de leur enfant.  La petite est sérieuse, elle poursuit des études à Paris ou ailleurs, elle réussit bien à ses examens, elle nous fait  honneur, aux yeux de la famille et des voisins.... Par quelque entrée que l’on aborde les relations parents/ enfants, on observe d'ailleurs cet aveuglement.  En tout état de cause, je ne pourrai jamais croire que ce recours est anodin.  Ou alors que l'on me prouve le contraire. A quoi bon évoquer ici la complexité de la sexualité féminine, pour la voir démolie allègrement ( et souvent pour toujours) par ces éternels « gentils messieurs », les clients.… Il serait d'ailleurs intéressant d’en démasquer quelques uns. Nous aurions de belles surprises. De quoi vous mêlez vous, me dira t-on ? Elles sont libres. De quoi je me mêle, en effet. Il n’empêche, cela m’attriste. J’en ai bien le droit ! D'autres ont une approche très différente de la mienne: Ils évoquent "les métiers de sexe" et se réfèrent à l'écrivaine Griselidis Réal. Le site genevois www.aspasie.fr  se situe dans cette perspective.  Voir  : (2) Eva Clouet « La prostitution étudiante à l’heure des technologies de communication."  et  (1)Laura D. "Mes chères études" (sortie 17 Janvier 2008 aux éditions Max Milo.)
 

Réussite (des femmes) : Le jour où une femme médiocre réussira à de hautes fonctions, la partie sera gagnée, disait en substance une femme politique. On en est loin en 2008. Qu'est ce qui coince ? De multiples et insidieux facteurs freinent leur percée. Et puis aussi, elles- mêmes quand elles persistent dans des attitudes culturelles séculaires. Un petit livre publié voici quinze ans donne des clés à ce sujet : "Allez les filles, une révolution silencieuses"  de Christian Baudelot et Roger Establet a été réédité en format de poche (Point) et mis à jour. Christian Baudelot est professeur à l'Ecole Normale Supérieure, Roger Establet professeur émérite à l'université de Provence. A sa sortie, on lisait dans le Monde de l'éducation : (...les dindonnes de la farce (...) ne pourront plus jouer les autruches" après l'avoir lu. Pourtant, au départ, cet ouvrage comme d'autres, fait état d'un véritable mouvement de fond : " (...) Les filles l'emportent aux quatre étages de l'édifice scolaire. A l'école primaire, qu'elles sont plus nombreuses à traverser dans les temps. Au collège, dont elles se font moins souvent expulser pour l'apprentissage ou le professionnel court ; au lycée, où déjà plus nombreuses, elles obtiennent des résultats légèrement  meilleurs que les garçons au baccalauréat; dans l'enseignement supérieur enfin, par un taux d'accès plus élevé...).     Mais ensuite les attendent au coin du bois stéréotypes éducatifs toujours d'actualité et intériorisés, attitude des familles qui a moins évolué qu'on le croit, etc. En dépit d'évolutions considérables- en 1900 il y avait 624 étudiantes en France- elles n'en sont qu'au début du chemin vers l'égalité... (Voir Réseaux féminins et voir plus haut le billet d'humeur "et s'il me plait à moi d'être battue"
 

Simulation : éternelle question. Pourquoi tant de femmes simulent l' orgasme . Autrefois, Brassens avait évoqué l'ennui féminin dans une chanson célèbre "Quatre vingts quinze pour cent des fois...". Je pose régulièrement  la question. Au-delà des idées reçues, les réalités sont assez tristes et désolantes dans ce XXI° siècle déjà avancé. Les réponses varient d'une femme à l'autre.  Plusieurs  m'ont expliqué qu'elles avaient rarement (et par hasard) des orgasmes avec leur copain ou leur mari, mais  cela  faisait  plaisir à leur partenaire qui se sentait tellement valorisé... Très louable, mais voilà une attitude qui ressemble à s'y méprendre à celle de vos grands- mères, voire de vos arrières-grands mères ! Mais bon. C'est un choix. D'autres femmes, plus réalistes, le font pour avoir "la paix" selon la formule (encore) habituelle. Il y a aussi le cas de toutes ces femmes mariées mais secrètement attirées par des femmes,qui font contre mauvaise fortune bon coeur en jouant un rôle en permanence. Là aussi, elles ont choisi une sorte de tranquillité et personne n'en saura jamais rien. D'autres femmes qui aiment les femmes patientent le plus longtemps possible, avant de craquer : Mélanie avait accepté de se marier avec un gentil garçon qui voulait fonder un foyer avec elle : "Pendant quatre ans j'ai  simulé le plaisir. Au début c'était supportable. Mais très vite, quand je ne pouvais l'éviter, c'était l'enfer, je voyais venir avec terreur le moment où il me sollicitait. A la fin, j'étais souvent prise de malaises, de vomissements et je restais longtemps sous la douche." (L'Amour au pied du mur pp. 167-168). Mélanie est enfin tombée enceinte et cela a été un excellent prétexte pour annoncer à son mari qu'elle ne "pouvait plus" avoir de relations sexuelles. Elle a tout de même fini par partir et vit actuellement avec une femme. Enfin, il y a des femmes très"cool"qui m'expliquent en souriant qu'elles regardent le plafond avec philosophie en attendant que le mari ait terminé ses "prouesses." Dur. Où sont donc les belles réussite dont parlent les magazine féminins ? Que font les sex toys ? Il faut toujours terminer par un message d'espoir : certaines affirment très bien s'entendre avec leur partenaire... Ouf ! Voir aussi Hommes (les filles doivent éduquer les) et aussi Point G (pour en finir avec le) 
 

Solitude (choisie) des femmes :  (En cours de rédaction... et de reflexion)
 

Viol (porter plainte rapidement  : Le viol est une agression. Et quand on est agressé on porte plainte. C’est simple. Non, ce n’est pas si simple. Si beaucoup plus de femmes portent  plainte qu’il y a quelques décennies, un nombre impressionnant n'en parlent jamais. On les comprend. D’abord, il y a ce fichu sentiment de culpabilité dont elles nous font part. Elles ont été agressées et ce sont elles qui pensent avoir fait quelque chose de mal. Il faut dire que pendant longtemps, on reprochait aux victimes d’avoir provoqué ces pauvres garçons. Sachez qu'aucuns de ces arguments ne tiennent plus dans les procès. Une prostituée qui dit non, c'est non. Une femme mariée qui dit non  au mari trop entreprenant, c'est non. Et il y a viol s'il passe outre ce refus, car il y a viol entre époux. Au début, dans les procès, la qualification de Viol ne tenait pas jusqu’à l’audience. Mais les choses ont évolué, les condamnations  se sont multipliées aux ASSISES, (et non plus seulement en correctionnelle) car le viol est un CRIME (1)aux termes de la loi de 1980. ( 10 ans de réclusion criminelle, 20 ans s'il y a viol sur mineur-e de moins de 15ans ou autres circonstances aggravantes. Trop souvent, l’entourage de la victime, à commencer par le petit ami ou le mari, a des réactions décevantes. La femme agressée est dévalorisée à leurs yeux quoi qu'ils disent. De façon concrète, les femmes  ne pourront retrouver équilibre et estime de soi que lorsque l’agresseur aura été condamné. Du coup, le regard de la société et des proches deviendra différent comme par enchantement. Ne cachons pas que pour en arriver là, le chemin est long, les épreuves psychologiquement pénibles et humiliantes. C’est ainsi, les femmes agressées doivent apporter la preuve indubitable de l’agression. Elles ne sauraient être froissées d’être considérées, au début de l'instruction comme des suspectes. Surtout, elles doivent porter plainte le plus rapidement possible. Afin que l’on possède des preuves tangibles. (Traces de sperme, preuves de violences). En principe, au commissariat ou à la gendarmerie, elles sont reçues pas des femmes. Vous pouvez appeler anonymement  "Viol femmes informations" au : 0800 05 95 95 ou vous renseigner sur les sites : http://www.sosfemmes.com   et  http://www.sosviol.com                                                                              (1) Art 222.23 du Code pénal : " Tout acte de pénétration, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol."              
 

Women In Nuclear (WIN) : association  mondiale de femmes ayant des responsabilités dans l’industrie nucléaire. La section  française a traduit par « Le nucléaire au féminin ». L'idée, au départ, est que ce sont plutôt les femmes qui craignent le nucléaire, à cause d'une mauvaise connaissance de cette industrie. Des femmes qui connaissent bien le nucléaire et sont en mesure de faire la part des choses entre des craintes irraisonées et la réalité, se sont regroupées pour enseigner aux autres femmes cette réalité, précisément. WIN compte 2000 membres repartis dans 68 pays. Le prochain congrès annuel se tiendra en France, à Marseille,  du 26 au 30 Mai 2008. Le thème «  Nuclear revival : maintening key competencies ». Leur site : http://www.win-global.org
 
 

 

13.7.09 17:46


LEXIQUE (SUITE)

LEXIQUE (SUITE) DU BLOG DE PIERRE CHOUCHAN, DE I  à Z

Vous pouvez consulter les articles  de A à I dans la rubrique LEXIQUE

Ce lexique présente des entrées se référant aux questions soulevées dans la "Ferme du Juif", "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire", "Homosexuels, L'Amour au pied du mur", mais également à l'ensemble des question traitées dans ce blog, c'est à dire les ruptures, la crise de la transmission, les mutations de la société, depuis la procréation médicalement assistées aux relations parents enfants,ou aux questions sur les religions. Un lexique décloisonné, dans lequel les thèmes "passionnels" sont mêlés et abordés dans un esprit apaisé, le plus loin possible des polémiques. Exemple de décloisonnement : d'ordinaire, l'homosexualité - et la sexualité en général- est traitée à part dans les medias. Ce n'est pas le cas ici. La sexualité est abordée simplement, sans détour ni périphrase. Un lexique subjectif et parfois "distancié", mais qui s'efforce de fournir des informations les plus fiables possible. 

 

 Islam et homosexualité : D'aucuns affirment que l'homosexualité n'existe pas chez les musulmans. Je me garderai bien d'avoir un avis sur la question. Pour l'Amour au pied du mur, je me suis contenté d'appeler à ce sujet l'anthropologue et psychanalyste Malek Chebel, qui m'a répondu : "l'homosexualité continue à être un tabou dans le monde arabe et dans l'Islam, car le primat du masculin est trop fort et parallélement la "féminisation" de cet univers encore trop fragile. Mais compte tenu, notamment, de l'accélération de l'Histoire, le monde arabe ne resistera pas longtemps à l'émergence du fait homosexuel." (Malek Chebel a publié de nombreux travaux sur le monde arabe et l'Islam. Concernant la sexualité, on peut conseiller de cet auteur "L'esprit du sérail, mythes et pratiques sexuels au Maghreb" (réédité dans la petite bibliothèque Payot) et "l'encyclopédie de l'amour en Islam."

 Juifs et homosexualité : Question sensible. Si les parents non juifs, quand ils apprennent l'homosexualité de leur enfant s'effondrent, les parents Juifs s'effondrent un peu plus encore. Dans mes  entretiens pour "l'amour au pied du mur", j'ai retrouvé dans leur réactions des attitudes similaires à celles de "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire". Pour beaucoup de mamans juives, est-il pire d'avoir un enfant homosexuel qu'un enfant qui contracte un mariage mixte ? Je ne suis pas parvenu à répondre à cette question. Certes, les choses varient en fonction du degré de religiosité, de l'attachement plus ou moins grand à la tradition et à la famille. Une chose est certaine, dans un cas comme dans l'autre, et de façon plus ou moins consciente, la question de l'avenir du peuple juif  n'est pas étranger aux réactions négatives. Dans le premier cas comme dans le second, c'est une chaine millénaire qui risque d'être brisée. Religieux ou non, croyants ou non, tous les parents Juifs éprouvent plus que d'autres un sentiment de culpabilité. Avec la question récurrente : qu'ai je fait ou que n'ai-je pas fait ? voir ( Beth Din et conversion au judaïsme et aussi Bet Haverim)

 

                        

Maternité.  Les bouleversements dans ce domaine sont sans doutes les plus profonds de nos sociétés occidentales. Longtemps, les femmes ont été limitées à la maternité, dans une société d'hommes, où les hommes occupaient l'espace public. La maternité les cantonait donc à la sphère privée,avec toutes les obligations morales qui étaient attachées à la maternité, notamment celle d'être  "de bonnes mères". Malheur à elles si elles ne l'étaient pas.  Retournement radical : les femmes occupent désormais la sphère publique et en même temps se réapproprient la maternité,SI elles le veulent, quand  ELLES le veulent, comme elle le veulent. Et les hommes dans tout ça ? Vaste et douloureuse question.  (voir "Hommes", voir "femmes"  

 

Melting-pot :  le terme anglais signifie "creuset". Par extension, le petit Larousse nous apprend qu'il désigne l'assimilation et le brassage d'éléments démographiques divers. Le mot a été forgé aux XIX° siècle aux Etats-Unis. Mais on désigne aussi par melting pot un lieu où se rencontrent des individus et des idées différents. On aurait tendance à penser que l'Afrique du Nord coloniale constituait un melting pot. Dans le  "creuset" d'Algérie, du Maroc, de Tunisie, vivaient avant les indépendances des populations arabes, bèrbères, juives, françaises, italiennes, maltaises, espagnoles. En y regardant de plus près, ces populations se mélangeaient très peu, ne connaissaient pas les mariages mixtes, qui étaient fort mal perçus. Certains emploient, à l'opposé de melting-pot, l'expression "apartheid de fait". Il n'en demeure pas moins que ces barrières ethniques et sociales finissaient par avoir un minimum de porosité, et qu'à la longue un certain brassage s'instaurait. Si l'on transpose dans nos sociétés actuelles, on remarque que l'on oscille en permanence entre "melting-pot" et "apartheid de fait" !

 

Moeurs et Présidents (évolution des) : En quelques decennies, depuis la dernière guerre, la France est enfin passée à la modernité en ce qui concerne les moeurs, surtout pour les femmes. Les Présidents de la République successifs, toutes sensibilités politiques confondues, ont apporté leur pierre à cette révolution. En 1944, le général De Gaulle donne par décret le droit de vote aux femmes.  En 1967, le Général De Gaulle, avec le député Lucien Neuwirth, autorise la contraception et du même coup la pilule ( voir Pilule). En 1975, le Président Valéry Giscard D'Estaing, avec sa ministre Simone Veil, favorise la première loi autorisant l'Interruption volontaire de grossesse (IVG). En 1982, le président François Mitterrand, avec le ministre de la justice Robert Badinter, est à l'origine de l'abolition de la peine de mort. La même année, François Mitterrand attachera son nom à la dépénalisation de l'homosexualité. Le Président Nicolas Sarkozy attachera t-il le sien à la déjudiciarisation du divorce par consentement mutuel, ainsi que cela n'avait pu se faire dans les précédentes réformes du divorce ? Une perspective déjà très controversée (Voir divorce à l'initiative des femmes  la rubrique "Réservé aux femmes"

 

Mixité, République et laïcité : comment oser parler de "couples mixtes" sur le plan culturel, cultuel, ethnique, dans une France Républicaine, laïque, Une et Indivisible ? C'est la question qui est posé dans l'introduction de "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire." (voir la rubrique correspondante). C'est la question que pose également la sociologue Dominique Schnapper dans la préface de l'ouvrage collectif  "Liberté, égalité, mixité... conjugales, éditions Anthropos",  en précisant qu'en tout état de cause, cette  "mixité" est par définition relative à un milieu, à une époque, etc. ( ce livre capital est une synthèse des différentes approches de la mixité conjugale. Chercheurs et universitaires y ont mené une vaste réflexion interdisciplinaire). Dès lors que l'on est français, la République nous contraint à ne pas faire état de groupes, de Communautés. Ce serait discriminatoire. Précisément, cela fait l'objet d'un débat. La France Une et Indivisible signifie-t-elle pour autant une France uniforme ? ( Pour retrouver les fondamentaux de la laïcité et de la République, voir deux petits livres de la collection "les Essentiels" des éditions  Milan :  " La Laïcité" et "la République" de Jean- Michel Ducomte, maître de conférence en Sciences Politiques, Président de la Ligue de l' Enseignement.)  

 

Mutation (des proches d'homosexuels) On ne dira jamais assez l'importance de l'onde de choc provoquée dans l'entourage d'un-une homosexuel-le, à la suite de son coming out (sortie de placard). En fait, la famille proche et élargie, subit une véritable mutation. C'est en grande partie l'objet de  "l'Amour au pied du mur". Le père, la mère, les frères et soeurs d'abord, puis les grands-parents oncles et tantes, cousins-es. On remarque qu'avec le temps, après acceptation de l'homosexualité, les membres de la famille, à commencer par le père et la mère, s'identifient à la cause homosexuelle sans pour autant être homosexuels. Il deviennent très sensibles au moindre événement en France et dans le monde concernant un mauvais traitement ou la non reconnaissance des homosexuels. Dès lors, ils se coupent souvent de leur cercle de famille plus éloignée ou de leurs amis et constituent de ce fait une population bien spécifique (voir Parents d'homosexuels)

 

Néandertal  ( homme et femme de) : à armes égales. Selon les travaux de Marylène Patou- Mathis, directrice de recherche au CNRS, responsable du département d'archéozoologie du Museum National d'Histoire Naturelle, l'homo neanderthalensis ne dominait sans doute pas sa compagne (voir : "Neandertal, une autre humanité", Perrin, 2006). Cette paléontologue a remarqué que les études anatomiques de leurs squelettes masculins et féminins ne montraient aucune différence de développement musculaire. Marylène Patou-Mathis suppose donc que les hommes et les femmes de néandertal pouvaient avoir chassé ensemble, dans un bel élan égalitaire. Seulement voilà : l'homme de néandertal a  mystérieusement disparu il y a 30 000 ans au profit de cro-magnon, l'homme moderne, notre ancêtre. A qui profite le crime ? (Voir aussi dans ""Sciences Humaines" de novembre 2007, un entretien avec Marylène Patou -Mathis concernant l'homme de Néandertal et la chasse)

 

 

Parents (d'homosexuels) : parents pour lesquels l'avenir était radieux jusqu'au jour où leur fils, leur fille, leur annonce qu'il ou elle est homosexuel-le. Dès lors, plusieurs options s'offrent à eux : 1. Trouver cela naturel et dire adieu à la future robe de mariée de la fille ou aux futurs petits-enfants. 2. Avaler un tube de somnifères. 3. Tuer son enfant avec un fusil de chasse ou par tout autre moyen. 4. Mettre plus simplement son enfant à la porte. 5. Faire prendre des cours de broderie à la fille et des stages de mécanique automobile au garçon, afin qu'ils aient un comportement plus conforme à leur sexe. 6. Se mettre en rapport avec l'association CONTACT la plus proche de son domicile. A mon avis, c'est le meilleur moyen d' apprendre à faire le travail de deuil de l'enfant "idéal". A toutes fins utiles, le site de CONTACT, : http://asso-contact.org  (dialogue entre parents, les gays et lesbiennes, leurs familles et amis), à partir duquel vous aurez les coordonnées de tous les Contacts des régions.

 

Parents d'homosexuels (Vous avez dit Contact ?) Oui j'ai bien dit Contact, dans l'entrée précédente. Contact c'est à Paris- Ile de France, dirigé par Martine Lamandé, au 84 rue Saint Martin 75004 Paris. E Mail : info@assocontact.org  (lire l'entretien avec Martine Lamandé dans "L'Amour au pied du mur", entretien reproduit dans ce blog à la rubrique HOMOSEXUELS). Mais l'association se développe aussi dans un nombre grandissant de villes de France. Contact donc, c'est le lieu de rencontre entre les parents, les gays et lesbiennes, leurs familles et amis. Une oeuvre d'utilité publique, au sens propre du terme. Difficile de parler de Contact, puisque l'association travaille dans une certaine discrétion, indispensable pour que parents et enfants puissent se confier dans les "réunions ouvertes" en toute liberté. Pourtant, on n'en parlera jamais assez. De nouvelles associations Contact voient le jour régulièrement à travers la France, d'Angers à Nantes, de Rouen à Dijon ou à Saint-Etienne. Elles sont indépendantes de celle de Paris, mais jouent le même rôle  et restent en relation étroite avec l'équipe parisienne. Chacune adhère à la charte éthique de l'association Contact. A Lyon, par exemple, Contact souffle ses dix bougies en 2008, et en cet honneur organise dix manifestations, festives ou "sérieuses". Parmi ces manifestations, une conférence de Pierre Chouchan suivi d'un débat le samedi 26 avril sur le thème : "Dis alors gay ?-famille, travail- dialogay. " Par ailleurs Contact Lyon va bientôt sortir un DVD avec le soutien de la Fondation de France : il s'agit d'une pièce écrite par les bénévoles de Contact : "La Révélation". Elle aborde la difficulté de la révélation de la séropositivité qui touche un membre de la famille. Son objet est essentiellement la prévention et sera projetée notamment lors des interventions en milieu scolaire.  Pour en savoir davantage, regardez le site de contact Lyon : http://contact.lyon.free  . A Bordeaux (Aquitaine), Contact poursuit entre autres les traditionnelles réunions ouvertes qui soulagent tellement les parents désemparés : http://www.geocities.com/contact_aquitaine , E MAIL 33@asso-contact.org   L'originalité de Contact Aquitaine (Bordeaux), c'est l'implication particulière des "pères" d'homosexuels. Il y a aussi, entre autres, Contact de Toulouse, qui travaille en collaboration étroite avec Bordeaux. A Toulouse, l'un des deux dirigeants de l'association, Jean- Michel Pugnières, est psychologue (il a beaucoup travaillé sur le suicide des jeunes homosexuels). Il intervient fréquemment dans les établissements pour informer les élèves des lycées et collèges. Innovation de Contact Toulouse : désormais, avant chaque réunion ouverte, une projection met en scène des gays et lesbiennes qui témoignent de la prise de conscience de leur homosexualité, du regard des autres, etc. Enfin, Contact Toulouse organise un  "printemps contre l'homophobie" avec des rencontres "ciné débat" dans la région Midi Pyrénées et un colloque "Homophobie et adolescence le lundi 19 mai. voir http://contacthg.free.fr  l' E-Mail 31@asso-contact.org ou, pour plus d'info, appeler le 05 61 55 43 36.  Cette liste est loin d'être exhaustive, bien sûr. Vous trouverez la liste complète et d'autres renseignements sur le site global de Contact : http://asso-contact.org  

 

Paris et province ? ( Gouffre entre) : oserai-je aborder ici le tabou des tabous, ce dont on ne parle même pas à mots couverts ? En un temps ou l'intimité de chacun est dévoilée, où la sexualité de chaque homme et femme est passée au crible sans étonner quiconque, il est un sujet redoutable que l'on contourne prudemment pour ne pas se faire d'ennemis mortels : les années lumières qui persistent entre Paris et la province. D'abord, on devrait dire "les régions". Mais chassez le naturel...  très vite, le mot maudit revient avec toute sa violence et dans toute son actualité : province. Et que fait-on de la fameuse décentralisation, instaurée depuis des décennies. Que fait on des pouvoirs et des multiples compétences des conseils généraux, des conseils régionaux avec de véritables palais, symboles de leur puissance ? Que dit on de tous ces migrants qui quittent Paris, soit parce que leur entreprise est décentralisée, soit parce qu'ils veulent changer de vie ? Et ces professions que l'on peut excercer en province grâce à Internet, au téléphone mobile, au fax etc. Théoriquement, un éditeur parisien peut s'installer en Corrèze et rester en relations avec son petit monde, comme s'il était dans le bureau d'à côté.  Théoriquement... Car la réalité est tout autre.

 

Pères : C'est quoi un père , aujourd'hui. Aïe ! Question délicate. Autrefois cette rubrique aurait été aisée à remplir, on aurait même pu noircir des pages. Il y avait les pères, avec leur rôle bien délimité, les mères, bien à leur place de mère, les enfants à leur place d'enfants, et le chien de la maison à sa place de chien. Maintenant, c'est l'angoisse de la page blanche. Tout est différent aujourd'hui, à part la place du chien.( et encore ! Essayez de lui rapporter les croquettes qu'il n'aime pas et vous verrez sa réaction !) Les bataillons d'observateurs de la société et de la famille observent par exemple que dans une famille, le père n'est pas forcément un homme. Décidément, le XIX° siècle est bien terminé. ( Voir Hommes)

 

Pilule (la) ou enfin la liberté  : Un mot. Un seul mot devenu magique. Un mot qui a tant effrayé les hommes, qui allaient perdre des privilèges remontant à la nuit des temps. Un mot synonyme de liberté, enfin, pour les femmes. Le 28 décembre 1967, la contraception était autorisée en France, grâce notamment à l'opiniâtreté du député Lucien Neuwirth. La pilule commençait sa carrière.  Contre elle, tout a été fait, tout a été dit. Il s'agissait de la discréditer côute que coûte. On a essayé entre autres de la rendre responsable de maladies graves. Tout était bon pour que les femmes n'aient pas la maîtrise de cette arme redoutable. Aujourd'hui la moitié environ des femmes l'utilisent en France. Elles s'est considérablement améliorée, les effets secondaires sont davantage maîtrisés mais il existe encore un certain nombre de contre-indications. C'est la raison pour laquelle elle exige un suivi médical régulier. Ne surtout pas la confondre avec la pilule du lendemain (Norlevo) que trop de filles utilisent comme contraceptif, notamment quand elles ont oublié la pilule. Elle est encore chère mais elle est sur le point de sortir en générique. (Voir contraception et IVG, et aussi femmes)

Procréation Médicalement Assistée (PMA) :  Conception d'un enfant obtenue au moyen de techniques artificielles, telles que l'insémination artificielle avec donneur anonyme (IAD) ou la Fécondation in Vitro (FIV). Les couples- ou des femmes seules- qui ne peuvent avoir d'enfants ont de plus en plus recours à ces différents moyens que la science met à leur disposition. Dans beaucoup de cas, les couples - ou des femmes seules- ne peuvent supporter leur infertilité et sont prêts à aller très loin dans cette voie. Il est notamment une technologie, encore interdite en France, la Gestation pour Autrui (GPA) (appelée à tort "mère porteuse) mais autorisée et encadrée dans certains pays , dont le Canada et plusieurs Etats des USA.  (Voir notamment le site de l'association MAIA qui conseille les couples sur les questions d'infertilité et se bat pour l'autorisation en France de la GPA.  http://www.maia-asso.org  Les homosexuels-les qui désirent avoir des enfants se tournent fréquemment vers la PMA.  voir aussi le site de la  sociologue Geneviève Delaisi de Parseval  http://genevieve.delaisi.free.fr

Séjours spirituels en France (abbayes, Communautés, monastères, couvents) :  qui n'a jamais éprouvé le besoin d'un hâvre de paix pendant quelques jours ou davantage, au calme, loin des ruptures, des crise de la transmission, de la procréation artificielle ou naturelle, des mariages mixtes ou non, de la famille décomposée,  recomposée ou re-recomposée, de la question der savoir si notre préférence sexuelle se porte vers les hommes, les femmes ou les éléphants roses. Des Communautés religieuses chrétiennes vous offrent cette possibilité, que vous soyez croyants ou non. Pour les hommes, pour les femmes. Au sein d'abbayes ou monastères de Dominicains, de Dominicaines, de Benedictines, de Clarisses, de Chartreux, de Cisterciens, de Cisterciennes, de Carmelites, de Jésuites, de Marianistes etc. On vous accueillera, en échange d' une contribution raisonnable. Il s'agira seulement de rencontrer  la communauté qui convient le mieux à ce que vous chercher et bien sûr de se plier au mode de vie des moines ou des moniales. Car il s'agira de savoir ce que vous souhaitez, par exemple être plutôt libre pendant le séjour ou plus encadré. Pour avoir des renseignements sur ce monde nouveau plusieurs guises dont le Guide Saint Christophe (accueil et séjours spirituels en France et à l'étranger), les sites www.fondationdesmonasteres.org ou www.monastic-euro.org .  Des informations, notamment sur les conditions d'hébergement, dans le guide "Le petit futé", appelé précisément "Séjours spirituels en France", élaboré avec KTO (télévision catholique), l'hebdomadaire PELERIN, et RCF (radios chrétiennes de France). www.petitfute.com . L'hebdomadaire "la Vie" a élaboré un dossier sur ce sujet dans son numéro du 7 au 13 février 2008.

Sourds et homosexuels : Ils ou elles sont sourds et en même temps homosexuels. Il se sont regroupés au sein de l'Association Culturelle des gays et lesbiennes Sourds de France (ACGLSF). Ils disent ne pas avoir de soucis de discrimination dans le milieu gay et lesbien entendant. "Au début, m'explique le président, Christophe, nous choquions un peu par les gestes bizarres que nous faisons pour nous exprimer. Et puis, ils se sont habitués." Les difficultés se situent à un autre niveau. "D'une façon générale, poursuit Christophe, les gays sourds on tendance à se regrouper. Dans les bars du marais ou ailleurs, certains estiment que nous prenons beaucoup de place. Nous tenons des réunions entre nous (...) les entendants disent que nous les sourds, nous sommes un peu grégaires..." Communautaristes, en quelque sorte ! Au-delà, les rapports avec les gays entendants, sur le plan intime, semblent "sympa". Quand un sourd vit une histoire avec un entendant, il lui apprend les rudiments de la langue des signes. Mais là encore, ce n'est pas aussi simple. Pas simple du tout même ! (Voir l'Amour au pied du mur, p.175, 176, 177)    

 

Syncrétisme : mélange d'éléments de plusieurs doctrines, idéologies et religions. Concernant les religions, il s'agit bien souvent  de la tentation  de chacun de  fabriquer sa religion "à la carte", en prenant au sein de chacune des éléments qui l' arrange. Cette attitude s'accompagne souvent d'une ignorance presque totale des religions et de la culture qu'elles ont produite. On la  retrouve dans "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire" (Voyage au coeur des familles juives et non-juives). Nombre de couples ayant contracté un mariage mixte, tentent de donner à leurs enfants des éléments de chaque tradition, en prélevant arbitrairement  les principes qu'ils estiment les meilleurs. En disant  "les enfants choisiront plus tard". Il est permis s'interroger : "ils choisiront entre quoi et quoi ?" Mieux. Prêtres, Pasteurs, Rabbins, Imams, voient souvent venir à eux des parents non croyants qui demandent discrètement une bénédiction pour leur bébé. Comment ne pas avoir de la tendresse devant les contradictions si flagrantes de nos frères humains ?

 

Transmission (trouver de nouveaux modes de) : Il n'est pas un seul dîner en ville ou l'on ne rencontre un parent éploré. Son fils, sa fille, n'a semble t-il rien retenu de l'éducation donnée, depuis la première échographie où déjà on lui faisait écouter de la musique (j'exagère à peine). Il-ou elle- promettait pourtant, semblait se conformer au projet parental de réussir, là les parents avaient échoué. Ce désarroi des parents est bouleversant. En tout état de cause, au cours de mes enquêtes, il m'a particulièrement touché. Au-delà, on peut s'interroger sur la transmission. Les choses étaient semble t-il plus simples, voici cinquante ou soixante ans. D'une façon générale, les enfants suivaient avec plus de docilité le projet parental, avaient tendance à  se marier dans leur milieu socio culturel, avec des personnes de la même mouvance religieuse et à se stabiliser pendant toute leur existence...  le divorce étant marginal ! Un enfant marié était un enfant "casé" selon la terminologie de l'époque. Aujourd'hui rien de tout cela. Et aborder le sujet est ouvrir la Boite de Pandore, n'est- il pas ?  Tour d'abord comment transmettre dès l'enfance aujourd'hui.  Professeur de philosophie morale à Paris-IV, Alain Renaut dresse un constat abrupt dans un entretien donné à Sciences humaines de décembre 2007. "..." l'éducation ne fonctionnera plus jamais sur le modèle de l'autorité à l'ancienne; il faut donc trouver de nouveaux modes de transmission et de communication. L'école et la famille ont été destabilisées depuis trente cinq ans, symboliquement depuis la Convention internationale des droits de l'enfant, c'est-à-dire depuis que l'on se représente l'enfant comme sujet de droit. Cette dynamique a heureusement arraché l'enfant de traitements inacceptables : il ne faut pas oublier par exemple qu'il a existé des maisons de correction pour enfants jusqu'à jusqu'à la Seconde Guerre mondiale et des bagnes pour enfants jusque dans les années 1930. Cette libération des enfants se paie toutefois par une destabilisation et une complexification des relations familiales et scolaires qu'une génération n'avait connue aussi vivement...". En réalité on peut considérer que tous les couples modernes sont des couples mixtes (lire Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire") et que dans tous les cas, s'il veulent transmettre quelque chose, les parents doivent innover et ne plus se contenter de schemas préétablis. (Voit notamment Couple 

 

VIH/sida : (Dis , Marion, tu aimes bien ça être morte ) :  Après les innombrables décès, vint l'heure de la prise de conscience et de la protection. Aujourd'hui, de nouveau, les risques.... en en faisant courir aux partenaire (s).  Dans  " Homosexuels : L'Amour au pied du mur", j'ai évoqué ce fléau par une expérience personnelle. C'était à la fin des années 80. Je quittais la province (Toulouse) pour Paris. A la Dépêche du Midi, je m' étais efforcé, avec d'autres confrères, d'informer le public sur le SIDA, au-delà des peurs et de l'ostracisme... Et j'avais suivi de près les travaux du professeur Armengaud, chef de service des maladies infectieuses au CHU. A Paris, des proches nous ont mis en relation avec Marion. Marion était malade du Sida. Nous sommes devenus amis. Pas longtemps hélas, quelques mois. Ensemble, nous suivions la destruction de ses lymphocytes T4, donc l'effondrement de son système immunitaire. Marion (prénom changé était digne, elle excusait le comportement de certains de ses proches. Elles relatait même en souriant qu'une tante lui avait lancé : "tu aimes un peu ça, dis Marion, l'hôpital, les soins, ces médecins autour de toi."  Et puis les choses se sont précipitées. Extrait : "... Une élève appliquée, oui, Marion, qui faisait l'admiration de ses médecins (...) En guise de bonnes ou mauvaises notes, elles nous annonçait son taux de T4 qui bien sûr baissait régulièrement. Un jour, Marion n'a presque plus eu de T4 dans le sang. La dernière fois que nous l'avons vue vivante, elle s'est redressée sur son lit à notre arrivée, comme si elle voulait nous faire plaisir et montrait qu'elle se battait encore (...) A son enterrement, dans le petit village de cette région dont je ne me souviens plus, il me semblait entendre penser quelques uns : "Dis Marion, tu aimes bien ça, allez, avoue, tu aimes bien ça être morte." (pp. 249 à 251)

 

 

 

( RUBRIQUE EN COURS DE REDACTION

13.7.09 04:18


LEXIQUE

 LEXIQUE DU BLOG DE PIERRE CHOUCHAN 

Ce  lexique explique et commente les termes employés dans « La ferme du Juif, « Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire », « Homosexuels l’Amour au pied du mur ». Il traite AUSSI  des faits de société abordés tout au long du blog, de façon déclosonnée : les questions de minorités, de religions, de famille, de procréation médicale assistée, d’adoption etc., en s'efforçant de se placer au-delà des polémiques et des passions. Ne vous étonnez  pas de lire ici "Fraternelle maçonnique" au voisinage de "Lesbienne", de "fêtes religieuses" de "Mixité et République" ou de "Circoncision chez les Juifs et les Musulmans." C'est que mutations sociales religions, moeurs, sexualité se mêlent étroitement. L'homosexualité ou la sexualité en général, est toujours traitée spécifiquement dans les medias. Ce n'est pas le cas ici. Forcément , ce lexique comporte une certaine subjectivité...

De Adoption à Infertilité ( la suite dans LEXIQUE SUITE

Adoption : La loi française permet l’adoption aux couples mariés et aux célibataires. Aux termes des textes en vigueur, l’orientation sexuelle du candidat à l’adoption n’est pas mentionnée.  L'adoption est une démarche complexe, qui implique une bonne information. Elle exige d'être surtout averti des pièges, des dérives, des difficultés insoupçonnées, notamment en ce qui concerne l'adoption des enfants d'origine étrangère. (Voir l’  « adoption » de Caroline Mécary, «l’adoption des enfants d’origine étrangère » de Fanny Cohen-Herlem, et "l’Homoparentalité" de Martine Gross.). L'extension de l'adoption témoigne d' un désir d'enfant toujours plus prégnant. Les candidats-tes ont recours à l'adoption pour cause d'infertilité (féminines ou masculines) et après l'échec des techniques de procréation artificielle. (voir Procréation Médicalement Assistée). L'adoption se développe aussi, bien sûr, chez les couples homosexuels.

Avortement : le 30 juillet 1943, à 5 h 25 du matin, Marie- Louise Giraud, 40 ans, monte les marches de l'échafaud placé dans la cour de la prison de la Roquette. Elle est exécutée, pour avoir pratiqué de nombreux avortements. Depuis quelques années, à Cherbourg, elle à aidait des femmes en difficulté, au début par solidarité. Puis elle a commencé à se faire rétribuer. La France de 1943 a voulu faire un exemple. Cette année- là, un médecin avait publié un ouvrage dans lequel il affirmait, sans aucune base scientifique, que les avortements "criminels" constituaient le double des naissances. Il fallait faire un exemple. ( L'avocat Francis  Szpiner a retrouvé les minutes de l'affaire et en a fait un récit, Claude Chabrol, lui, a réalisé "Une affaire de femme". Jusqu'à la loi Veil (1975), l'histoire de l'avortement est émaillée d'histoires sordides, de souffrances des femmes, de drames. Les femmes avaient recours à ces "faiseuses d'anges" ou "s'arrangeaient" seules, en secret, avec des issues souvent tragiques. Dans les meilleurs des cas, des filières médicales ou un "voyage" à l'étranger constituaient des recours plus acceptables. Mais toutes, quelle que soit leur condition sociale, en gardaient de profondes sequelles  psychologiques et  physiques.  Des sequelles psychologiques qui perdurent aussi après les IVG aujourd'hui autorisées et qui sont bien trop nombreuses, puisque nombre de femmes en font, à tort, une contraception; (Voir Contraception et IVG) 

 

Bisexuel-elle : qui éprouve une attirance pour une personne du même sexe ET du sexe opposé. Les bisexuels (association Bi'cause, site : http://bicause.pelnet.com ) distinguent la bisexualité "alternative" et la bisexualité "simultanée". Dans les milieux homosexuels, les "bis" dérangent quelque peu. Pire, ils inquiétent et sont parfois sommés de "choisir". Il faut ajouter que lorsqu'un jeune garçon ou une jeune fille commence à se sentir attiré par le même sexe, il-elle ne l'admet pas, le combat, voudrait encore se persuader qu'il -elle est  hétéro. Dans un second temps, avant d'accepter  son homosexualité, il-elle- tentera de se convaincre qu'il-elle est bisexuel-le. On retiendra le témoignage très sincère, dans "L'Amour au pied du mur", de Delphine, qui a terminé ses études de psycho. "Ma bisexualité inquiète mes partenaires", me dit cette jeune femme de 30 ans, mère d'une petite fille. Elle sait qu'elle trouble, alors elle s'efforce de rassurer : " Quand je me trouve devant une copine hétéro qui se promène en string devant moi car elle croit être en présence d' une simple copine, je la préviens : attention je ne suis pas indifférente."

Bet Haverim : mot hébreu signifiant "la maison des amis".  L'association gay et lesbienne juive. "Jeunes et moins jeunes, religieux, traditionalistes ou seulement attachés à leur identité juive, ils veulent vivre leur judéïté en même temps que leur homosexualité. Il leur reste à convaincre la Communauté juive..."(extrait de "l'Amour au pied du mur."  (voir les Juifs et l'homosexualité

Chrétiens (et homosexuels) : Ils sont chrétiens, catholiques ou protestants. Ils sont croyants, il sont pratiquants réguliers ou pratiquants irréguliers, effectuent régulièrement des retraites. Et ils sont homosexuels. Ils se regroupent dans deux associations: "David et Jonathan", référence biblique tirée de l'amitié très forte qui liait le futur roi David et Jonathan,  fils du roi Saül (Second livre de Samuel 17, 57 à 18,4). Autre association : "Devenir un en Christ" dont les adhérents se retrouvent pour une messe tous les premiers mercredis de chaque mois dans la crypte du rosaire de l'église Saint Sulpice à Paris. Rappelons qu'il existe un seul texte, dans le Nouveau Testament, où l'on trouve une condamnation de l'homosexualité. C'est dans la  "Lettre aux Romains" de Saint Paul, écrite dans un contexte historique particulier. "...Leurs femmes ont substitué à l'usage naturel de leur corps un usage contre nature, de même les hommes, négligeant l'usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, se livrant aux pratiques infamantes des mâles entre eux, recevant en leur personne le salaire de leur égarement." (1, 26,27)  Source : Bible nouvelle traduction Bayard. Voir "L'Amour au pied du mur"(Annexes, la Bible et l'homosexualité, pp 275 et ss.) Voir  dans "l'Amour au pied du mur" l'entretien avec la soeur Véronique Margron, religieuse dominicaine, professeur de théologie morale, doyenne de la  faculté de théologie d'Angers : "... Cela dit, chacun fait avec ce que la vie lui impose et lui propose...". Voir aussi l'enquête de Claire Lesegretain, chef adjointe du service religion du quotidien La Croix : "Les chrétiens et l'homosexualité." (Presses de la Renaissance)

Christnouka : néologisme employé aux Etats- Unis dans les familles ayant contracté un mariage mixte entre Juif-ve et Chrétien-ne. Il est formé de Christmas (Noël) et de Hanouka, la fête juive des Lumières qui coincide avec Noël et dure huit jours.  Pour l' année 2007, Hanouka a eu lieu entre le 5 et le 12 décembre. L'une et l'autre fête sont correspondent au solstice d'hiver, d'où leur proximité.

 

Circoncision : opération chirurgicale qui consiste à oter le prépuce, partie de la peau qui recouvre le gland. La sexologue et médecin Catherine Solano emploie une belle image à ce sujet : « Imaginez un pull à grand col roulé. Quand vous l’enfilez, votre tête est complètement cachée. Si (&hellip vous découpez juste le col, vous obtenez un pull à encolure ronde. Votre tête est alors toujours à l’air. » (In sexo ados, Marabout). Dans le judaïsme, la circoncision, appelé Brit Mila, est pratiquée le huitième jour de la vie d’un enfant de sexe masculin par un Mohel (Circonciseur).  Dans l’Islam (source Malek Chebel in "l’esprit du sérail", elle est couramment pratiquée entre trois et cinq ans. Au Maghreb, elle se dit t’hâra, du terme tahâra, hygiène. La circoncision du garçon apparait souvent comme le premier point de friction avec le conjoint , lors d'un mariage mixte. Hors d'un contexte culturel, la circoncision est perçue par certains-es comme une mutilation, alors que de plus en plus souvent, elle est présentée comme une simple mesure d'hygiène. Au-delà, il est communément admis que la circoncision  limite considérablement la propagation du des infections sexuellement transmissibles et notamment du VIH, et protège la femme du cancer du col de l’utérus ou papilloma virus( HPV). Attention ! C'est exact, mais en partie seulement.  Se renseigner auprès de  médecins sexologues, ou de gynécologues formés à ces questions. D'excellentes explications sont données dans l'ouvrage de Malek Chebel , Histoire de la circoncision (Balland).  

Colonisation  : Au XIX° siècle, l'Occident en général  et l'Europe en particulier, connaissaient une période d'euphorie. Nous avions atteint un haut degré de civilisation morale et technologique. Nous maitrisions les valeurs universelles héritées des Lumières, ce qui faisait de nous le parangon le l'excellence. Alors, des esprits progressistes se dirent pourquoi profiter égoïstement des bienfaits du progrès, alors que les malheureux peuples inférieurs -selon le langage de l'époque- se débattent à l'âge de pierre,  au degré zéro de civilisation, écrasés par des tyrans, décimés par les famines et les maladies. Jules Ferry entre autres, à la tribune de la Chambre des Députés, affirmait avec force le devoir des peuples supérieurs d'aider les peuples "inférieurs" à sortir de leur  état. Nous devions  leur faire profiter de cette civilisation que l'homme blanc avait passé des siècles à mettre au point. Il y eut donc la colonisation.  La France, après le Royaume Uni, possédait une partie de la planète, un Empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais. Avec Paris comme Centre. Et puis les choses ne se sont pas toujours et tout à fait déroulées comme l'imaginaient Jules Ferry et d'autres. Pour employer un euphémisme, le résultat fut plus... contrasté, même s'il est un fait que  la médecine, notamment, a produit des résultats spectaculaires. Pourtant, en 1931, on y  croyait  toujours autant, puisque le maréchal Lyautey en personne organisa la flamboyante -et dernière- Exposition Coloniale, à la gloire de l'Empire et de sa réussite. On poussa le perfectionnisme jusqu'à faire venir des kanacs (on disait alors canaques),  les logeant dans des huttes, leur "demandant" d'être à moitié nus (en plein hiver), leur imposant une mise en scène destinée à prouver qu'ils symbolisaient l'état sauvage dans lequel nous avions trouvé ces peuples. Parmi eux,  Willy Karembeu, le grand-père du footballeur de l'équipe de France. ( Voir "Cannibale" de Didier Daeninckx, Folio ). Huit ans plus tard, la France s'effondrait et perdait elle-même son indépendance, ce qui fut le prélude à la décolonisation. (Voir décolonisation)

Contraception et IVG : Il y a un avant et un après. Avant : les femmes vivaient dans la hantise d'être enceintes. L'affolement au moindre retard de leurs règles, si une grossesse n'avait pas été désirée. Les moyens de contraception étaient des plus primitifs, voire fantaisistes. Quand elles étaient enceintes sans le vouloir, soit elles subissaient leur sort, soient elles prenaient des mesures radicales, pour le moins dangereuses et traumatisantes. Et puis la loi Neuwirth autorise la contraception le 28 décembre 1967. Et puis le 17 janvier 1975, la loi Veil autorise l'interruption volontaire de grossesse (IVG) pour cinq ans. Le texte sera adopté le 30 novembre 1979. Et puis les moyens de contraception deviennent de plus en plus efficaces. Aujourd'hui, même en cas d'échec ou d'oubli des différents moyens de contraception, la pilule Norlevo (il y aura bientôt un générique), dite du lendemain, peut être prise jusqu'à 72 heures après un rapport à risque. C'est tout de même un pis-aller, car  son efficacité n'est pas totale. (voir Pilule) Les adolescentes doivent savoir qu'elle peut être achetée en pharmacie sans ordonnance... et sans autorisation parentale. Elles peuvent l'obtenir gratuitement au centre de planning familial  et, en principe, à l'infirmerie du lycée. Pourtant trop de femmes ne sont pas suffisamment informées et manquent  de connaissances les plus élémentaires sur le fonctionnement de leur propre corps. (Voir Avortement, voir "éducation sexuelle" et voir dans la rubrique "Réservé aux femmes" : "Education sexuelle des filles"

 

 

Conversions au judaïsme et le Beth Din : On parlera ici des conversion au judaïsme et non à l'Islam par exemple, car le sujet de mon livre "couples mixtes..." se rattache à ce sujet précis. Mais on trouvera dans la démarches des futurs convertis au judaïsme de nombreux points communs avec les autres types de conversions.  Le Beth din ("maison du jugement") est le tribunal rabbinique. Il s'occupe particulièrement de tout ce qui concerne le mariage, le divorce religieux et des questions de cacherout.  La compétence du Beth Din de Paris en matière de conversions au judaïsme s’étend à l’ensemble de la France, excepté Lyon. Il faut savoir qu'en France il existe plusieurs centaines de conversions au judaïsme par an, au Consistoire aussi bien que dans les Communautés juives libérales, conversions en grande majorité de femmes... le judaïsme se transmettant par les femmes. (Matrilinéarité. Le Dr Gérard Haddad, psychanalyste a été le premier à rechercher les sources talmudiques de la psychanalyse. Il nous a indiqué, dans "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire" (p. 177 et ss.,) que les mariages entre Juifs et non Juifs marquent de plus en plus chez les Juifs une démarche de sortie du judaïsme. Ainsi que d'autres intellectuels juifs, il reste sceptique quant à la démarche de beaucoup de Juifs de pousser leur femme ou futur femme à se convertir. " Trop de conversions de conjoints (au judaïsme), insiste le Dr Gérard Haddad, ne sont qu'un badigeon cosmétique pour camoufler cette volonté d'éloignement..." De son côté la psychosociologue Joëlle Allouche-Benayoun, maître de conférence à Paris XII, marque sa réserve, pour des raisons différentes : " Il y a 85% des femmes parmi les convertis au judaïsme, précise Joëlle Allouche-Benayoun. On peut s'interroger sur  cet itinéraire qui les conduit à quitter la culture majoritaire, pour se mettre ainsi entre parenthèse. C'est un comportement culturel, de l'ordre de la fusion avec l'autre. On a tellement appris aux femmes à se sacrifier, à être ce que veut l'homme, qu'elles ont fini par l'intérioriser. C'est une aliénation."  ( In  "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire", p. 184, 185) Ajoutons seulement que les conversions au judaïsme ont toujours existé. La Tora (la bible hébraïque) à permis la conversion à tout personne qui désire rejoindre le peuple juif en acceptant de respecter les 613 mitsvot (commandements: une mitsva des mitsvot).) Les exemples de conversions sont nombreux à travers la Bible, depuis Abraham. 

 

Coparents.  Un homme et une femme ayant ensemble un enfant, sans être pour autant un couple. Cette coparentalité implique les partenaires éventuels de chacun des parents. Il n'est pas simple de mettre en place une famille de ce type. Car il existe alors deux "couples" : le couple "affectif" et le couple "parental". (Voir dans "l'Amour au pied du mur",  l'histoire de Jean- Luc et Aurore qui ont créé une de ces familles d'un nouveau type qui se multiplient : "Notre différence avec un couple divorcé ? Nous nous entendons bien."p.p.203 à 206) (Voir Homoparentalité)

 

Couple :  Jamais il n'a été autant question du couple. Il n'est qu'à ouvrir un magazine féminin pour trouver les recettes infaillibles pour construire son couple, le conserver, le faire perdurer, maintenir à tout pris la magie du desir sexuel en dépit de l'usure inévitable! Le mariage reste une valeur forte. On s'engage pour longtemps, voire pour la vie. On y croit sincèrement. On s'installe, on commence à réaliser des projets, on achète une maison, les enfants viennent sceller le bonheur. La famille se bâtit, solide et éternelle.  La plupart du temps, les choses n'évoluent pas comme dans nos rêves. Et les réveils sont brutaux. Mais si l'homme moderne a survécu à Néandertal, c'est sans doute qu'il a de la suite dans les idées. Et qu'il a inventé le terme de résilience. Alors, il recommence. En route pour une nouvelle aventure. Et on recompose une famille. On rebâtit un couple. On reparle d'éternité... Message d'espoir : paradoxalement, les couples qui durent un certains temps sont les couples dits  "mixtes", dont les conjoints viennent de religion, de culture de milieux différents, qui sont obligés dès le début d'avoir un dialogue en profondeur et constamment réactualisé, de s'ouvrir au monde de l'autre. (Voir Famille, lire dans la rubrique "Reservé aux femmes": Divorce à l'initiative des femmes.   Lire l' intéressant dossier  "Faut-il réinventer  le Couple" Dans Sciences Humaines de Décembre 2007), voir "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire"

Couples mixtes :  La notion de couple mixte est très relative. Relative, comme le fait remarquer la sociologue Dominique Schnapper, à un temps, à une société à un milieu social spécifiques. (encours de rédaction 

Crémieux (décret) : du nom du ministre français de la justice Isaac Jacob dit Adolphe Crémieux (1796- 1880) qui a attribué la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie  le 24 octobre 1870. Cette naturalisation globale n'était valable bien entendu que pour les Juifs de l'Algérie coloniale (ou française) et non pour les Juifs vivant dans les protectorats de Tunisie et du Maroc. (Voir "La Ferme du Juif".

Décolonisation :  Dès que l'on aborde ce sujet, surgissent des images de violence, de conflits, dont il reste dans notre mémoire des traces indélébiles. Et les passions sont toujours prêtes à se rallumer. C'est que l'on garde surtout le souvenir du drame algérien. On évoque moins la décolonisation des anciennes colonies françaises de l'Afrique subsaharienne, les anciens pays de l'AOF (Afrique Occidentale Française) et AEF (Afrique Equatoriale Française) dont le passage à l'indépendance s'est opéré de façon relativement douce. D'ailleurs, certains des futurs dirigeants africains avaient été ministres ou hauts fonctionnaires de la France. On ne parle pas non plus des anciens protectorats qu'étaient  la Tunisie et le Maroc. A la différence de l'Algérie, la France avait laissé en place dans ces pays une administration locale. Avec à sa tête, un sultan au Maroc, un Bey en Tunisie. Certes, leur pouvoirs étaient plus que limités, mais quand  Maroc et  Tunisie ont accédé à l'indépendance en 1956, la passation des pouvoirs s'est effectuée sans heurts majeurs. On doit le concept de protectorat au Maréchal Lyautey, qui fut à la fois l'un des conquérants du Maroc et celui qui estimait qu' un jour viendrait où ces pays pourraient prendre en main leur destin. (voir Colonisation)

Dépénalisation ( de l'homosexualité : En 1791, le code révolutionnaire supprime le délit de sodomie. Sous l'Empire, le code Napoléon ne condamne pas non plus l'homosexualité. Sous le régime de Vichy, l'homosexualité est réprimée. Mais au lendemain de la guerre, les homosexuels sont toujours poursuivis selon les termes de l'article 331-2 du code pénal de 1946, et l'homosexualité très mal perçue dans les familles et la société. C'est une des raisons pour lesquelles la quasi totalité des déportés dans les camps de concentration nazis pour homosexualité, n'ont pas fait mention à la Libération de la vraie cause de leur déportation. (Voir  Déportés pour homosexualitéL'article 331-2 sera aboli le 4 Août 1982, sous le premier septennant de François Mitterrand. A cette date, les fichiers de la police sur les homosexuels seront enfin détruits. 

Déportés (pour homosexualité :   On les appelait les "Triangles Roses" (Pink triangle) car ils portaient un triangle rose cousus sur leurs vêtements de déportés. Les nazis, en principe, n'avaient pas l'intention de les exterminer comme les Juifs ou les tziganes. Dans les camps de concentration où on les envoyait, il s'agissait de modifier leur orientation sexuelle au titre du paragraphe 175 du code pénal allemand. Le Troisième Reich estimait donc l'homosexualité "contre nature" et tous les moyens devaient être employés pour que les homos deviennent aussi "normaux", par exemple, que les nazis. La fin justifiant les moyens, les médecins des camps avaient carte blanche pour servir cette noble cause. Ils imaginèrent donc toutes sortes d'expériences  "médicales" sur eux. Mais à la Libération des camps, les homosexuels-les n'ont pas fait mention du motif de leur arrestation. C'est que les législations de la plupart des pays estimaient également que les gays lesbiennes bis et trans n'étaient pas normaux et que l'homosexualité était une maladie mentale. Les temps ont changé. Aujourd'hui des plaques, des lieux de mémoire existent pour rappeler la déportation des Triangles Rose, aux Etats- Unis,( notamment au musée de l'Holocauste à Washington  site :  http://ushmm.org ),  en Allemagne, Pays Bas, Autriche, Italie, bientôt en Espagne. Pour la première fois en France, une rue au nom d'un déporté pour homosexualité, Pierre Seel a été inauguré à Toulouse (Haute Garonne) le 23 février 2008 par l'ancien maire de la ville Jean -Luc Moudenc. Pierre Seel, Alsacien (1923-2005) été déporté au camp de Shirmeck  et du Struthof  (http://www.struthof.fr) en Alsace, puis enrolé de force dans l'armée Allemande. Il est le premier Français à avoir déclaré publiquement la cause de sa déportation dans un livre "Moi, Pierre Seel déporté et homosexuel.". Il a choisi de se retirer à Toulouse où il est mort. L'hommage qui lui est rendu à Toulouse est le résultat de l'opiniâtreté de l'association "Les Oubliés-es de la Mémoire". (http://www.devoiretmemoire.org ) ainsi que "Le Memorial de la Déportatiopn homosexuelle". Le conseil municipal de Toulouse avait voté à l'unanimité oui à une rue Pierre Seel le 21 décembre 2007. (Voir dans la rubrique DERNIERES NOUVELLES  le dossier complet sur l'inauguration de la rue Pierre Seel)

 

 

Discrimination positive:  traduction très "libre" et à mon sens pour le moins maladroite des "affirmative action" des Etats-Unis. Les "affirmative actions" ont été instaurées pour donner davantage de chances aux noirs américains. D'emblée, ce concept a eu mauvaise presse chez nous, à juste titre. Comment une discrimination peut-elle être positive dans la France Une,  Indivisible et Laïque ? Il faudrait lancer un avis de recherche pour retrouver celui-ou celle- qui a eu cette curieuse idée !  Et trouver une expression plus adaptée.

Dispars (mariages) : en droit matrimonial, l’Eglise catholique emploie l’expression de disparité de culte (au lieu de mixité lorsque l’un des conjoints est catholique et l’autre non-baptisé. On parle alors de mariage dispars. La disparité de culte est un empêchement dirimant le mariage, sauf dispense accordée par l’Evêque du lieu. Le bénéficiaire est le conjoint catholique, car lui seul est sujet de la juridiction de l’église ( D’après le petit dictionnaire de droit canonique de Jean Werckmeifter).
 (Voir Mixité, République et Laïcité

 

Divorce (à l'initiative des femmes) :  voir cette entrée dans la Rubrique "RESERVE AUX FEMMES" 

 

Education sexuelle :   l'une des raisons d'être de ce blog est la crise de la transmission dans notre société. Mais en matière d'éducation sexuelle, il n'y a aucune crise. Aucune crise de la non transmission, puisque les parents et l'école, en France, sont toujours aussi discrets, de génération en génération, pour parler de sexualité. Comment s'étonner dès lors, de l'ignorance de nombreuses adolescentes dans ce domaine. Des milliers d'entre elles se retouvent chaque année enceintes et mères sans le vouloir, en dépit d'un véritable arsenal contraceptif à leur disposition. Comment s'étonner du nombre bien trop élevé d'IVG (Interruption volontaire de grossesse) chez nous, quarante ans après l'autorisation de la pilule ? c'est que la famille entoure toujours autant, en 2008, la sexualité d'un voile pudique. Pour avoir interrogé de nombreux parents et surtout des mères, ma conviction est que les parents ne parviennent pas à imaginer que leur enfant peut avoir une vie sexuelle. Que reste t-il aux enfants ? A parfaire eux-mêmes leur éducation en regardant les films pornographiques ? (les garçons peuvent ainsi véhiculer une idée très romantique de la sexualité !), à continuer à tranmettre des informations erronées ? Mais ne soyons pas pessimistes : on constate depuis peu de la nouveauté dans ce domaine... ( Voir contraception et IVG  ainsi que  avortement et  aussi dans la rubrique "RESERVE AUX FEMMES" : Educations sexuelle (des filles)

Enfants (de couples mixtes) :  EN COURS DE REDACTION

 

Enfants (d'homosexuels) :  Ils font l'objet de nombreuses interrogations. Deviendront-ils homosexuels à leur tour ? Seront-ils équilibrés, heureux, épanouis ? Comment répondent-ils à leurs petits camarades à l'école ? Est- il différent d'être élevé par deux hommes ou par deux femmes ? Les recherches universitaires sur cette question se multiplient. Peu de témoignages émergent.  L'un d'eux vient d'être publié. Bientôt, dans la rubrique "Notes sur d'autres livres "de ce blog, Julie Garcia en fera une présentation. Parmi les travaux sur le sujet,une étude de trois psychologues néerlandais est mentionnée dans  " L'Amour au pied du mur" : elle est cité par Hélène Vallée (in Sciences Humaines d'octobre  2004).  Les auteurs ont comparé les relations parents/enfants de cent familles hétérosexuelles et de cent familles lesbiennes. Parmi les conclusions, il apparaît que les familles hétéros et homos se rejoignent dans les objectifs éducatifs. Deux éléments distinguent les couples hétérosexuels des couples de lesbiennes. Ces dernières auraient moins de besoin de conformité sociale à l'égard de leurs enfants. Par ailleurs, les enfants de ces couples homoparentaux tireraient parti -surtout dans les milieux aisés- d'une éducation sexuelle plus ouverte et plus riche, d'une plus grande harmonie et d'un meilleur partage des rôles parentaux.  Les références précises de l'étude, dans le livre p. 187.  On peut consulter le site de l'association Contact   http://asso-contact.org  : dialogue entre parents, les gays et lesbiennes et amis. (voir aussi  Homoparentalité et Enfants d'homosexuels... suite.)

 

Enfants (d'homosexuels...suite) :  on s'en doute, la question fait débat entre les différents spécialistes. La pédiatre Edwige Antier (Dolto en Héritage),  ne cache pas ses réserves quant à l'homoparentalité. Voici les premières lignes de son site, dans la rubrique consacrée à cette question :   «... J’ai deux mamans »
- Oui, mais « pourquoi j’ai pas de papa ? » demande Jérémy. Sa maman lui explique comment il est né au Chili, il a donc un « géniteur ». - Oui, mais « pourquoi j’ai pas de papa ? » Alors elle lui dit qu’il a un parrain, un homme remarquable.
- « Mais pourquoi j’ai pas de papa ? ». La question revient régulièrement. Jérém y est agressif, insolent, violent. Pourtant, sa mère s’en occupe avec une grande tendresse, avec la marraine. Mais ce qui fait souffrir Jérémy, c’est l’absence de logique dans les réponses des adultes. Car dire la vérité, c’est dire tout simplement : « tu n’as pas de papa parce que je n’ai pas envie d’avoir un homme dans mon lit ». Et çà, les enfants le comprennent très bien. Lui aussi n’a « pas envie » d’être porté par une telle, d’embrasser un tel. Le jeune enfant est tolérant par essence, tout ce qu’il vit petit est « normal ». Sauf la tricherie et l’illogisme qui le gènent douloureusement pour se structurer..."
(pour lire la suite, voir  www.edwigeantier.fr .   Voir aussi  "Homoparentalité".

 

Excision ("réparation" de l') : PRUDENCE ! On sait  que l'excision-du latin excidere- signifie, dans le langage courant, l'ablation rituelle du clitoris chez les petites filles. Soixante mille femmes seraient concernées en France. Le clitoris, corps erectile qui varie de quelques millimères à un centimètre en érection, est essentiel dans la vie sexuelle d'une femme. Alors que l'orgasme vaginal est complexe et parfois problématique, ce n'est pas le cas pour l'orgasme clitoridien. Le Dr Catherine Solano, médecin sexologue, nous confirme ce que les femmes nous affirment, à savoir que... "La plupart des femmes ont facilement un orgasme provoqué par des caresses à cet endroit, bien plus que par les caresses à l'intérieur du vagin." Et c'est le seul organe qui ne sert qu'à donner du plaisir. C'est la raison pour laquelle l'ablation du clitoris est une grave mutilation. Les auteurs de cet acte sont passibles de la correctionnelle. Mieux encore : de récents jugements ont fait jurisprudence et les coupables peuvent se retrouver devant une Cour d'assises. C'est donc à présent un crime en France. Mais cette grave mutilition est elle irreversible ? Il existerait un espoir pour celles qui ont subi l'excision : un médecin français "refait" le clitoris et forme d'autres confrères à cette technique. Nous avons interrogé des femmes qui se sont soumises à cette opération et qui affirment que le résultat est probant. Leur vie sexuelle se serait transformée. Nous restons tout de même prudent. Avant de vous donner le nom du praticien, de conseiller son livre, nous continuons à nous documenter. Pas de faux espoir ! (A suivre avec attention)

 

Famille (mutation de la) : la grande majorité des français estime que la famille est la valeur la plus sure, la cellule de base de la société. Mais derrière cette affirmation apparemment banale, se cache une réalité plus contrastée. C'est en partie la raison d'être de ce blog. Il faut faire d'abord la part des  fantasmes. Le désir de famille s'appuie souvent sur un rêve, sur des bases aux contours assez flous de perrenité, de durée. Dès que l'on fonde une famille, on s'engage traditionnellement pour  toute la vie. Or, les statistiques prouvent la vie  limitée des couples modernes, avec toutes les conséquences possibles, dont la monoparentalité, la famille recomposée, etc. Commence alors une réalité multiforme qui exige de tenir compte de beaucoup de paramètres, pour ne pas vite déchanter. Il y a eu notamment  l'évolution profonde des femmes. Celle- ci change les rapports dans la famille, entraîne une redistribution des rôle. Si l'homme ne suit pas, il court à sa perte. (Voir, "Les hommes aussi changent" de Daniel Welzer-Lang, professeur de sociologie et aussi  "L'injustice ménagère" du sociologue de la famille François de Singly). Il n'empêche, le désir de famille est toujours aussi grand.  Seulement, la famille d'autrefois était une Institution  basée sur l'intérêt, tandis que les nôtres voudraient l'être sur l'Amour. Or, amour ne se conjugue (presque) jamais avec toujours. (Voir Hommes et aussi couple). Voir également le dossier sur la Famille dans Sciences humaines n° 156 janvier 2005, coordonné par Martine Fournier....: "Coparentalité, homoparentalité... ou va la famille ?"  L'orientation de ce dossier peut se résumer dans la phrase : "Peut-on encore parler de la famille au singulier devant la pluralité des modèles familiaux qui s'offrent à nous aujourd'hui ?" (Revue de vulgarisation de bon niveau, Sciences Humaines est référencée à la FNAC). A SIGNALER: vient de sortir chez Odile JACOB : sous la direction du professeur René  Frydman chef de service en gynécologie obstétrique reproduction de l'hôpital Antoine Béclère à Clamart et du Dr Muriel Flis-Trèves, psychanalyste et psychiatre :  "Familles bousculées, inventées, magnifiées" (PASSIONNANT, nous y reviendrons)

 

Familles multiples (en cours de rédaction)

Femmes : je me contenterai  de reprendre quelques points développés par Yannick Ripa dans "les femmes" Collection "idées reçues" de "Cavalier bleu." Non, les femmes ne sont pas toutes des "hystériques", contrairement à la célèbre formule d' Hippocrate "toute la femme est dans l'uterus." En fait, ce n'est qu'une insulte qui a eu la vie dure sur une base "médicale". Une autre formule a traversé les siècles, selon laquelle la femme est uniquement  faite pour être mère. En 2008 , être mère est devenu un choix. Non, les femmes ne sont pas moins intelligentes que.... Depuis la fin du XX° siècle, on constate que les femmes, loin d'être inférieures sur le plan intellectuel aux hommes, réussissent  mieux que les garçons à l'école. C'est un renversement radical de siècles de préjugés. Oui, les femmes demandent davantage le divorce. On l'observe dans les procédures de divorce de contentieux : "Ainsi s'exprimerait, écrit Yannick Ripa, le refus des femmes de poursuivre une vie conjugale qui ne les satisfait pas (...) La surdivorcialité féminine s'éléve avec le milieu social.". Oui, la contraception a révolutionné la vie des femmes.. (voir  Contraception et IVG) et bien sûr la Rubrique  RESERVE AUX FEMMES)

 

Fêtes religieuses : (Musulmanes, Chrétiennes, Juives) : que l'on soit croyant ou non, nul ne peut nier l'empreinte culturelle profonde des religions à tous les niveaux. Ne pas connaître les religions, leur histoire, la culture qu'elles ont produite, constitue une grave lacune culturelle. La France possède une culture majoritaire chrétienne; elle fut la fille aînée de l'Eglise. En France, L'Islam compte la plus forte population de fidèles d 'Europe. C'est la France qui possède la plus importante population juive d'Europe, du fait de l'arrivée des Juifs orientaux, surtout d'Algérie, de Tunisie, du Maroc. On ne peut donc ignorer les fêtes de la religion de l'autre. Même si l'autre se dit laïc, détaché des choses de la religion. Qu'on l'accepte ou non, il en reste toujours quelque chose... ne serait- ce que les réunions de famille... Et pour ceux qui ont envie d'aller vers l'Autre, un minimum de connaissance de sa culture ancestrale est bien la moindre des choses. Sinon, on court à des déconvenues. L'ignorance de l'environnement culturel de l'autre peut transformer un élan positif en une injure qui mettra instantanément une barrière avec l'interlocuteur. Et surtout pas de l'argument commode et qui donne bonne conscience : il-elle ne s'intéresse pas à la religion  ! On pourrait établir un manuel de savoir vivre dans la France multiple (tout en restant Républicaine, une et indivisible.) Pour commencer, il s'agit de posséder au moins quelques repères sur les fêtes essentielles. Il n'est pas question de développer ici le sens profond de chaque fête mais nous citerons les principales, pour vous donner envie d'effectuer des recherches plus personnelles. Fêtes Juives :  Rosh Hashana, Yom Kippour, Soukkoth, Hanoukka, Pourim, Pessah. Fêtes catholiques : Epiphanie, Carême, Pâques, l'Annonciation, l'Ascension, la Pentecôte, l'Assomption, Noël. Fêtes protestantes : le protestantisme a conservé les fêtes liées strictement à la personne de Jésus. Fêtes musulmanes : Ier Moharram (nouvel an), Ashûra (jeûne expiatoire), Le Mouloud (la naissance du Prophète),  le jeûne du mois de Ramadan, l'Aïd el Seghir (L'Aïd le petit fin du jeûne du mois de Ramadan),L'Aïd el K'bir (l'Aïd le grand fête du Sacrifice), le Pèlerinage à la Mecque.

 

Francs-Maçons :   Des francs-maçons m'ont reproché d'aborder bien des sujets de société - Juifs,  Musulmans,  Femmes,  Mères,  Pères, les ruptures, les techniques médicales de reproduction humaine-, mais pas les Francs-Maçons, pourtant partie prenante de notre société. Certes il est question ici de  "Fraternelles" de francs-maçons homosexuels. C'est trop ou pas assez. La franc-maçonnerie a effectivement sa place ici, ne serait -ce que parce qu'elle a toujours suscité une grande curiosité. Et puis ce qui se passe dans les loges, à l'abri du tumulte de l'extérieur, n'est en réalité que le reflet de la société.   Que dire, à part les banalités qui traînent dans tous les news, dans la salle d'attente de ma psy. Ils-elles sont plutôt discrets en France. C'est qu'ils  n'ont pas toujours été acceptés, notamment dans la France de Vichy. Il y a donc des obédiences plus ou moins libérales, d'hommes, de femmes et mixtes. La plus importante : Le Grand Orient de France (GODF), une obédience d'hommes  dont la plupart des loges reçoivent des femmes en "visiteuses". Aux dernières nouvelles, une loge de cette obédience viendrait d'affilier une franc-maçonne d'une autre obédience et une autre loge du GODF a initié  des femmes au mois de février. Une révolution , à suivre avec prudence tout de même.  Une minorité active du GODF milite depuis des années pour initier et affilier des femmes. D'autres obédiences d'hommes, comme la Grande Loge de France, la Grande loge Nationale Française, ne reçoivent pas de femmes du tout. Une obédience de femmes, créée en 1945  sous le nom d'Union Maçonnique Féminine, est devenue en 1952 la Grande Loge Féminine de France, qui  reçoit les hommes en visiteurs. On pourra lire à ce sujet "La Franc-Maçonnerie au Féminin" (Belfond 1994), intéressante enquête de deux journalistes, Karen Benchetrit et Carina Louart. Enfin, des obédiences mixtes, surtout la Fédération Internationale du "Droit Humain", et aussi "la Grande Loge Mixte de France", et "la Grande Loge Mixte Universelle".  Ce que la Franc- Maçonnerie n'est pas : une secte, une cure psychanalytique, un lieu pour se faire des amis quand on est seul, un refuge quand on est déçu par son parti politique ou par son conjoint. Ce qu'elle est ? Il faudra le leur demander,  écrire aux obédiences. Ou lire les multiples ouvrages sur la question, et qui dévoilent tout sauf  l'essentiel. Il existe un musée de la Franc-Maçonnerie au GODF, 16 rue Cadet à Paris. (Voir  "Fraternelles Maçonniques".)

 

Fraternelles maçonniques homosexuelles : dans ce blog et dans "L'Amour au pied du mur", j'aborde la question de l'une des Fraternelles de Francs- maçons homosexuels, "Les enfants de Cambacérès." (Présidée par Donald Potard de la Grande Loge Nationale Française). Les Fraternelles maçonniques sont totalement indépendantes et  hors des loges et des obédiences. Elles groupent à l'extérieur des obédiences maçonniques des francs- maçons et des francs- maçonnes selon leurs centres d'interêt ou leur profession. Il y a  des Fraternelles de médecins, d'artistes ou alors de quartier, par exemple pour les Francs-Maçons du XII°  arrondissementde Paris ou habitant le XV° entre le 3 et le 113 de l'avenue Felix Faure. J'exagère un peu mais c'est le principe.  "Les enfants de Cambacérès" garde une certaine visibilité. D'ailleurs, dans "l'Amour au pied du mur", figure un entretien avec son président et, en annexe, sa charte est publiée in extenso. Les deux autres Fraternelles homosexuelles ont tenu à rester discrètes. L'homosexualité chez les francs-maçons n'est pas sans créer un climat équivoque au sein des loges non mixtes. Ces dernières, qu'elles soient des loges d'hommes comme le GODF, la Grande loge de France ou la Grande Loge Féminine de France, refusent d'initier des personnes du sexe opposé, craignant que les jeux de séduction n'empêchent la concentration nécessaire dans le travail maçonnique. C 'est faire l'impasse sur l'homosexualité féminine ou masculine... (Voir Francs-maçons)

 

Gaydar (Infaillible ??) :  Le "gaydar", c'est la disposition naturelle d'un gay ou d'une lesbienne, réputée infaillible,  de déterminer si son interlocuteur-trice est lui même -elle-même homosexuel-le. Vu de l'extérieur, c'est la botte secrète des homos. Une sorte de flair. Malheur à l'homosexuel refoulé (surnommé  "honteuse" dans le milieu gay), qui voudrait faire croire qu'il est un authentique hétérosexuel ! Il sera immédiatement démasqué. Dans la réalité, ce n'est pas du tout, mais alors pas du tout aussi simple. Souvent, les homos se trompent, ce qui crée des situations pour le moins génantes. Alors ils s'emploient à affiner leurs méthodes. 

 

 

 

Hétérosexualité (ce douloureux problème) :  Il  était une fois, il y a très très longtemps, une animatrice nommée Ménie Grégoire qui animait une émission sur une radio dite périphérique. Elle eut l'idée d'aborder la question homosexuelle. Titre choisi : "l'homosexualité, ce douloureux problème". Les siècles ont passé. Aujourd'hui ce sont les hétérosexuels, les hommes surtout, qui vivent douloureusement certaines situations. Nous autres, les  hétéros comme ils disent, sommes souvent regardés par les gays qui s'assument, comme des gros lourds, empêtrés dans notre attirance un tantinet ringarde pour les femmes. Et les gays ne se privent pas d'interpeller les hétéros dans leur sexualité, de tenter de débusquer la "honteuse" qui sommeille sous le masque du mâle conquérant. Ils ont une arme redoutable, le fameux  "gaydar" (voir ce mot). Les hétéros sympas et gayfriendly sont- ils à l'abri des moqueries ? En principe non, mais il y a toujours le risque de se voir reprocher notre "différence". Et puis, et puis, si les hétéros sont si sympas, pourquoi n'essairaient-ils pas, une fois, pour voir. Ils ne savent pas s'ils aimeraient ou pas, puisqu'ils n'ont jamais essayé. Peut être que...  ( Voir à ce sujet dans le magazine Têtu n° 107 de janvier 2006 : " Ces hétéros qui ne disent pas non."

 

 

Hommes:  Il n'y a pas si longtemps, le monde était fait pour les hommes, par les hommes. Ce n'est plus  d'actualité. Exemple : dans un couple, un homme médiocre était tout de même l' "Homme." Aujourd'hui, il doit accepter son éventuelle médiocrité et ne pas s'offusquer de passer au second plan.  Si cela ne lui convient pas, où s'il est "congédié" par la femme (ex) de sa vie, il lui reste la solution d' acheter un chien ,(un berger allemand par exemple) qu'il dominera, qui l'admirera, sur qui il pourra excercer son autorité et ses colères.  Mais cela n'a qu'un temps et ne résoud pas le fond du problème. Souvent, au bout du chemin, il y a un désarroi  chez beaucoup d'hommes, face à la nouvelle donne. Il y a un siècle, je n'aurais pas été viré par ma copine Carine, elle aurait été obligée de me supporter jusqu'à ma mort avant d'être libre ! Message d'espoir : certains "hommes" s'adaptent. C'est vital. Pensons, mes frères hommes, aux dynosaures, qui eux, n'ont pas su s'adapter. Et voyez ce qui leur est arrivé.(voir femmes )

 

Homoparentalité :   néologisme forgé en 1997 par l'Association des Parents et Futurs Parents Gays et Lesbiens (APGL) à partir de "homosexualité" et de "parentalité". Difficile d'aborder ce sujet quand l'homosexualité est déjà sujet de polémique et que la parenté "normale" est en crise !  L'homoparentalité désigne les situations familiales dans lesquelles au moins un adulte, qui s'auto-désigne comme homosexuel, est le parent d'au moins un enfant. L'homoparentalité constitue actuellement un espoir inattendu pour les parents d'homosexuels qui pensaient que jamais, jamais, jamais, ils n'auraient de petits- enfants. Vous pouvez vous référer aux ouvrages de Martine Gross, sociologue, chercheur au CNRS, ancienne présidente de l'APGL ("L'homoparentalité"Que Sais-je, " Fonder une famille homoparentale".)  Pour une approche plus critique de la question, vous pouvez vous tourner vers un livre à deux voix signé de Martine GROSS et de la pédiatre Edwige ANTIER (dont les conceptions de la famille sont à l'opposé) : "deux papas, deux mamans, qu'en penser  ?" ( Dans ce blog, à la rubrique "dernière nouvelles", un entretien avec Martine Gross et avec Edwige Antier.). L'homoparentalité est abordée dans l'Amour au pied du mur dans le chapitre  "ces parents qui nous troublent" et pp. 235,236,237, dans un entretien avec Martine Gross : "L'homoparentalité, un long cheminement."  

Info. : la première conférence du sud de la France sur l'homoparentalité s'est tenue les 19 et 20 janvier 2008 à Montpellier :  www.conference-homoparentalité.fr

 

IAD : Insémination artificielle avec donneur anonyme. En France, l' IAD est autorisée pour les couples mariés, ou pour les couples hétérosexuels justifiant de deux ans au moins de vie commune et sous certaines conditions bien précises. Les femmes seules -ou les couples de lesbiennes- désirant bénéficier d'une IAD - donc ne pas passer par la case "homme"- sont contraintes de se rendre en Espagne ou en Belgique. Dans ce dernier cas, les enfants qui naîtront, seront affectueusement (ou ironiquement selon les cas) appelés  "bébés Talys", du nom du train qui relie Paris à Bruxelles... 

 

Identité sexuelle (ou les désarrois de 14 futurs polytechniciens) :  Durant l'année universitaire 2004/2005, Geneviéve T, qui terminait son cursus à l'Ecole Polytechnique, a organisé un sondage sur le campus et soumis ses camarades à un questionnaire sur l'homosexualité. Sur mille élèves, près de la moitié ont répondu. Précisons que Geneviève est lesbienne et qu'elle était présidente de "XY", l'association des gays, gayfriendly de l'Ecole Polytechnique. Parmi les questions posées, il fallait répondre à celle-ci : "Êtes-vous hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel." Chacun et chacune a répondu selon son orientation sexuelle. Seulement, quatorze garçons ont préféré cocher la case "je ne sais pas" ! Quatorze polytechniciens exerçant aujourd'hui des responsabilités  ignorent encore leur orientation sexuelle. A moins qu'ils ne se soient sentis destabilisés d'être ainsi interpellés dans leur sexualité. (Voir L'amour au pied du mur p. 96, 97, 98 et  les résultats complets de l'enquête de Geneviève T. : "Les jeunes polytechniciens et l'homosexualité", pp.280, 281)

 

Infertilité :  voir un excellent lexique sur les causes de l'infertilité avec des  indications anatomiques précieuses et fiables sur le site www.maia-asso.org . Les réponses à beaucoup de questions. Savoir  par exemple ce qu'est la dysphasie cervicale (lésion du col de l'utérus) ou le Distilbène (hormone de synthèse donnée aux femmes enceintes, entre 1950 et 1976, et destiné à leur éviter des fausses couches. Mais le Distilbène provoquait souvent des problèmes d'anomalie génitales et de stérilité chez les filles de ces patientes.) Ce site propose aussi, entre autres, des pistes bibliographiques intéressantes et bien d'autres choses. Il faut savoir que la stérilité concerne 10 à 15 % de la population. (Voir  Procréation Médicalement Assistée.)

 

LA SUITE DANS  LEXIQUE (SUITE)

 avec les entrées suivantes  : Islam et homosexualité. Les Juifs et l'homosexualité. Parents (d'homosexuels). Maternité. Melting pot.  Moeurs et Présidents (Evolution des). Mixité,République et Laïcité. Mutation (des proches d'homos). Néandertal.(hommes et femmes à armes égales). Parents (d'homosexuels) Pilule (La). Paris et province (gouffre entre). Pères. Pilule (La). Procréation Médicalement Assistée (PMA). Séjours spirituels en France. Sourds et homos. Syncrétisme. Transmission (Crise de la). VIH/sida (Dis, Marion, tu aimes bien ça être morte.)

 

 

 

13.7.09 06:20


 

Blog de Pierre Chouchan

 EXTRAITS DE CRITIQUES DE :  "LA FERME DU JUIF", de "COUPLES MIXTES pour le meilleur et pour le pire", de  "HOMOSEXUELS. L'AMOUR AU PIED DU MUR : familles, parents collègues... le désarroi." 

 Pour trouver des présentations et critiques sur d'autres livres de société, voir la rubrique " NOTES SUR D'AUTRES LIVRES

Dans cette rubrique, une sélection d'extraits de critiques de "La Ferme du Juif", de  "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire" et de "Homosexuels, L'Amour au pied du mur : Parents, familles, collègues...le désarroi".

 

 

HOMOSEXUELS : L'AMOUR AU PIED DU MUR... PARENTS FAMILLE, COLLEGUES : LE DESARROI 

 

Martine GROSS, ingénieur de recherche au CNRS, ancienne présidente et présidente d'honneur de L'Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens (APGL) :

(...)" Bravo. Ce sont des témoignages à la fois authentiques, représentatifs et rédigés avec un regard que je dirais presque de tendresse (...) "

LESBIA MAGAZINE

"Cet ouvrage sérieux nous touche souvent car il révèle la souffrance des uns provoquée par l'incompréhension des autres.


Pierre Chouchan, journaliste et auteur d’un roman et d’un essai, a mené une enquête et recueilli plus de soixante-dix témoignages d’homosexuels, de leurs parents, de leurs familles, de leurs collègues et il faut bien encore le constater, la plupart « mis au pied du mur » ont du mal à accepter cette « différence ». Pourtant les choses bougent puisque « les sociologues notent un véritable gaybyboom » et que des associations d’homos se créent dans les ministères, dans la police, les grandes écoles, les grandes entreprises publiques etc. Ce qui est intéressant dans cette enquête sur les homosexuels et leur entourage, c’est que le journaliste, lui-même hétérosexuel, parle également des réactions des hétérosexuels « dépossédés de leurs repères ». Et c’est peut-être la honte inculquée (souvent inconsciemment) aux homos par les hétéros qui fait que si peu encore se rendent visibles. "L’Amour au pied du mur" est constitué de quatre parties, et c’est dans le chapitre XII de la deuxième qu’une vingtaine de pages sont plus spécialement consacrées aux « lesbiennes ces inconnues… ». Trois annexes, consacrées à la bible et l’homosexualité, aux jeunes polytechniciens et l’homosexualité et aux francs-maçons/homosexuels complètent cet ouvrage sérieux qui nous touche souvent car il révèle la souffrance des uns provoquée par l’incompréhension des autres et prouve que le chemin de la tolérance est long à creuser même si de réelles avancées sont indéniables.                    JP

 

LA DIXIEME MUSE

"... Un ouvrage vivant et émouvant..."


« L’heure n’est plus aux opinions, aux discussions sur le sexe des homos, nous devrions plutôt interroger nos peurs, nos inhibitions, le poids de notre culture, de notre éducation » et c’est ce que fait le journaliste Pierre Chouchan dans l’Amour au pied du mur, en nous livrant une enquête des plus intéressantes menée avec rigueur sur les gays et les lesbiennes. Il aborde les mutations de notre société à travers de nombreux témoignages, et rapporte les confidences, les souvenirs, les révélations non seulement d’homosexuel(le)s mais également de parents et de collègues de travail, qui tour à tour parlent de leurs expériences avec l’homosexualité. Des regards croisés qui se portent sur le coming out, l’homoparentalité, la religion… Un ouvrage vivant et émouvant qui dans ses dernières pages comporte des interviews de spécialistes, militants et responsables d’associations et un chapitre fragments de culture gay et lesbienne qui regroupe les coordonnées d’associations, des maisons d’édition, des librairie spécialisées…
 

la DEPECHE DU MIDI
Du dimanche 4 juin 006
ENQUÊTE . D’émouvants témoignages
Recueillis par Pierre Chouchan
    

"Ils sont loin d'être débarrassés de cette honte de soi que nous leur avons inculquée..."

 (...) Les français, si l’on on croit les sondages, sont plutôt favorables ou indifférents
 à l’émergence des homosexuels. Du moins quand il ne s’agit pas de leur enfant :
 l’ « aveu » n’est jamais simple. Pourtant, de plus en plus, des hommes et des
 femmes de tous milieux s’assument comme tels. Ils sont de droite, de gauche,
chrétiens, Juifs, athées, et nous les côtoyons souvent sans nous en douter.
Ils fondent même des familles. Journaliste, Pierre Chouchan a mené une
 enquête rigoureuse, recueilli des témoignages. Il rappelle l’homosexualité 
 de Léonard de Vinci, de Rimbaud, de Verlaine, dont personne ne s’est offusqué.
En revanche, évoquer celle du maréchal Lyautey ou de Louis Aragon trouble davantage
.
 « Nous devrions, écrit-il, interroger nos peurs, nos inhibitions, le poids de notre culture,
 de notre éducation. » Les gays et les lesbiennes, dit-il aussi, craignent encore notre regard :
 « ils sont loin d’être débarrassés de cette honte de soi que nous leur avons inculquée.»
L’Amour au pied du mur »
 

 

BULLETIN « LA LOUPE » (Contact Lyon)

"l'auteur porte un regard tendre sur tous ses interlocuteurs..."


"Journaliste, Pierre Chouchan nous apporte de multiples témoignages autour de l'homosexualité. Tous les sujets sont abordés : la famille, le coming-out, le travail, la foi, le handicap, l'homoparentalité, etc. Il porte un regard tendre sur tous ses interlocuteurs, qu'ils soient gays, lesbiennes, parents d'homos, hétéros, bénévoles, intellectuels. A la fin de l'ouvrage, une bibliographie succincte mais commentée, un lexique, plusieurs listes récapitulant la presse gay et lesbienne, les éditeurs et librairies spécialisées, ainsi que les associations, complètent ce tour d'horizon.
En résumé, voici un livre pour dédramatiser ce qu'en général on considère comme un problème, pour comprendre les réactions des uns et des autres face à l'homosexualité. Un livre afin de renouer le dialogue quand celui ci est rompu.
 Sébastien, libraire à la librairie Etat d'Esprit, Lyon."
 

 

extrait de l'entretien avec Pierre Chouchan dans  "Blue Note", la lettre d'information de la librairie Blue Book PARIS

Avez-vous noté une différence de réaction entre les gays et les lesbiennes

P.Ch.  Oui, le cas est différent chez les lesbiennes qui sont généralement plus dures avec leurs parents. On a longtemps nié leur sexualité. Elles ont tellement été ignorées qu'elles gardent encore des habitudes de discrétion. En apparence donc, la vie semble plus facile pour les lesbiennes, car elles n'ont pas de mal a faire croire à leur entourage que la fille qui partage leur appartement n'est que leur colocataire ! Mais la situation évolue lentement et les lesbiennes trouvent aujourd'hui quelques modèles auxquels elles peuvent éventuellement s'identifier.

D'après les témoignages que vous avez recueillis, y a-t-il des facteurs communs à toutes les situations ?

 P. Ch. Chaque cas est évidemment différent. Mais une chose est certaine, dès que l'on sort des milieux "gay friendly" (amis des gays et lesbiennes), même dans les grandes villes de province, vivre son homosexualité est loin d'être évident. En écrivant ce livre, j'ai eu le sentiment d'avoir ouvert une porte sur le vide. Certes, les choses ont changé depuis quelques années,. Si l'on pose la question, qui va se dire ouvertement homophobe ? Personne ! Cela fait un peu ringard d'être homophobe aujourd'hui. Et pourtant, l'acceptation, si acceptation il y a, n'existe qu'en surface 

 

 

" COUPLES MIXTES POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE"

Magazine « Regards », Bruxelles

... "son implication journalistique, rigoureuse et scientifique, est mâtinée de tendresse et de proximité..."

  Parti d’éléments autobiographiques, Pierre Chouchan apporte dans  « la ferme du Juif » son enfance tunisienne et sa surprise- un choc- de découvrir la judéité de son grand-père paternel. Cette révélation, qui teintera ses positions et certitudes de « bon catholique français », sera le point de départ d’une réflexion personnelle qui le mènera à rencontrer des individus confrontés, dès le berceau ou plus tard, à cet état de fait. Engagé dans une démarche plus empirique que sociologique, son implication journalistique, rigoureuse et scientifique, est mâtinée de tendresse et de proximité. Son voyage dans l’intimité des familles juives et non juives révèle aussi l’état des lieux de la famille moderne. Plus que jamais, la mixité est un sujet d’actualité. Peut-on parier sur ses effets à moyen et long terme ? Peut-on tirer des généralités ? Quoi qu’il en soit, les récits ouverts et sincères des intéressés témoignent de la sensibilité du terrain. Pour preuve, l’anonymat de la majorité des interviewés… Selon l’auteur, le mariage mixte est  vécu comme une épreuve. Il s’avère également que la transmission d’un héritage bivalent n’est pas chose aisée  Toutefois, l’union mixte est aussi riche que difficile. Et si tout mariage s’expose au meilleur comme au pire, la solution pour ceux-ci serait, selon Pierre Chouchan, d’avoir pleinement conscience de ces difficultés, de ne pas négliger leur complexité, et de les considérer dans toutes leurs dimensions avant de s’engager.  Florence Lopes Cardozo

Magazine « Le mouvement », Paris ( MJLF)

"... Qui mieux que pierre Chouchan pouvait ainsi prêter une oreille attentive à ces émouvantes confidences ?

Face au repli identitaire constaté ces dernières décennies chez les juifs comme chez les chrétiens, mais face aussi à un brassage culturel, ethnique, géographique sans précédent, la question du mariage entre juifs et non-juifs prend une vive acuité. Dans « Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire », des hommes et des femmes témoignent de l’équilibre, parfois fragile, qu’ils tentent de construire autour de leurs enfants, ils évoquent leurs joies et leurs difficultés quotidiennes. Qui mieux que Pierre Chouchan pouvait ainsi prêter une oreille attentive et tendre à ces émouvantes confidences ? Dans son roman autobiographique « La ferme du juif », le jeune héros, enfant de la mixité, découvre un jour avec une stupéfaction mêlée d’horreur et de honte, qu’il est à la fois un petit chrétien élevé chez les Maristes, ce qui lui confère la fierté et les prérogatives d’enfant de « colons blancs » dans le Tunisie des années 50, mais aussi un juif dont le nom résonne désormais odieusement à ses oreilles. Il faudra à Pierre Chouchan des années de travail sur lui-même pour accepter et apprendre à aimer cette filiation juive, découverte tardivement… »  Evelyne Vitkine

CAHIERS BERNARD LAZARE, PARIS

"... Une entreprise totalement originale et en même temps audacieuse..."

(...)Après un roman quasi-autobiographique vibrant de tendresse et de sensibilité, « la ferme du Juif »,  Pierre Chouchan va encore plus loin dans son enquête « Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire ». Concevoir un ouvrage sous la forme d’une série d’entretiens est à la fois une entreprise totalement originale et en même temps audacieuse dans la mesure où elle aborde une question considérée jusqu’alors comme tabou. En effet les travaux existants jusqu’à ce jour ont consistés en enquêtes socio-démographiques avec pourcentages et statistiques retenant comme critères des variables comme : pays d’origine, profession,âge, sexe. Mais écouter des gens dire, tenter de faire eux-mêmes le point sur leurs difficultés ou leurs joies, et laisser au lecteur le soin de comprendre les différentes attitudes et se poser des questions qui animent un débat jusque là passé sous silence, donne une tout autre dimension à cette analyse.   Colette Grabli

Tribune juive

"...passionnant..."

 (...) Fortement marqué par son origine « mixte » de judéo-christiano-tune, qu’il décrit avec beaucoup de sensibilité dans son roman « la ferme du juif », Pierre Chouchan a entrepris une vaste enquête auprès des couples mixtes. Si la plupart des témoins ont préféré garder l’anonymat, certains apparaissent nommément, comme Michaël et Séréna de saint Chiron ou Maya Nahum. Que chacun ait décidé de garder sa religion ou que l’une des deux croyances l’ait emporté sur l’autre, le mariage mixte est incontestablement vécu comme une épreuve, à la limite un défi, par la plupart des personnes interrogées. Sans parler de la difficile transmission d’un héritage bivalent à des enfants souvent désorientés. Comme le dit si bien Albert Memmi en préambule : «  tout mariage est difficile certes ; j’ajoute simplement que le mariage mixte est beaucoup plus difficile que les autres.» Passionnant.

« La Ferme du juif », éditions Romillat, Paris, 1998

Hebdomadaire PELERIN

"... Un plaidoyer efficace en faveur de la tolérance..." 


 Dans ce roman inspiré d’une histoire vraie, Pierre Chouchan décrit la fin d’une époque, celle des colons de Tunisie qui, après avoir dominé le pays, ont assisté, impuissants, à la disparition de leur monde. Les Sussen, lestés de leurs souvenirs, échoueront dans le sud de la France, où Christian fréquentera un temps l’extrême droite et ses obsessions antisémites. Jusqu’à ce qu’il apprenne que le grand-père qu’il admirait tant, le fondateur du domaine, était né dans le quartier juif de Vaga (en réalité Béja, dans le nord de la Tunisie). Lui qui avait dévoyé son catholicisme dans le rejet de l’autre, était le petit-fils d’un juif. Alors, il va tenter de remonter le fil de ses origines, sans pour autant rejeter son éducation chrétienne ; Ce secret enfoui sous les non-dits, il va s’appliquer à lui redonner la lumière, l’intégrer dans son histoire et celle de ses proches. Comme la tige d’une plante qui, par marcottage, ressortirait du sol où elle a été oubliée. Avec la « Ferme du juif », Pierre Chouchan écrit un plaidoyer efficace en faveur de la tolérance, plaidoyer d’autant plus bienvenu qu’il arrive à un moment où, chez certains, le refus de la différence tend à se banaliser. Alain Vincenot

LA DEPECHE DU MIDI 

..." Ses dernières lignes rendent un son prophétique et mélancolique..."

(...) Les pages de la « ferme du juif » rendent un son vrai et même un son plein. On y perçoit la découverte angoissée du racisme qui taraude une société où les juifs sont tolérés par les français, par les arabes, alors qu’ils parlent la langue des uns et des autres, mais pas vraiment intégrés alors qu’ils se sentent enracinés sur la même terre. Cette recherche de l’identité est la base même du livre qui raconte comment Pipouche souhaite être accueilli dans la patrie de Jeanne d’Arc, comme un français à part entière, comme un bon chrétien.   (Mais) des deux côtés de la Méditerranée, la destinée du jeune Christian est d’être marginalisé ; la fragilité de son physique dans un monde masculin qui a le culte outrancier de la virilité, sa propre lâcheté évoquée avec humour ajoute une dimension pathétique à cette recherche d’une place au soleil. Mais il n’y pas d’insistance dans ce registre, le souci de l’écrivain ayant été non de nous émouvoir mais de reproduire le plus fidèlement possible le monde d’où il est issu. Pierre Chouchan fait la part belle aux destins et aux personnages de femmes, rendant compte toujours avec humour de la schizophrénie d’une société qui vit à cheval entre deux, trois cultures et langues différentes et qui regarde la France avec un mélange d’envie et de terreur. Ses dernières lignes – « le feu laisse des cendres »- rendent un son prophétique et mélancolique.
Marie-Louise Roubaud

Les Cahiers de l’A.I.U.
 

... "Le roman frappe par sa féroce clairvoyance, sa distanciation ironique..."

  (...) Largement autobiographique, adossé à un arrière-fond historique conflictuel et douloureux, celui du crépuscule de la colonisation et du repli sur l’hexagone, le roman frappe par sa féroce clairvoyance, sa distanciation ironique d’avec le conformisme du milieu colonial et ses tenaces préjugés. L’opposition Pipouche-Christian, Pipouche l’infantile et Christian le déboussolé, est des plus fructueuses. La vivacité de l’écriture enfin ajoute une touche esthétique bienvenue. Décrivant une situation atypique, voire aberrante, dans un monde où chacun se définissait selon son appartenance communautaire, le livre parvient par la vigueur du vécu, à rendre ses personnages non seulement authentiques mais attachants.   Jacques TAïEB

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13.7.09 23:13


NOTES SUR D'AUTRES LIVRES

BLOG DE PIERRE CHOUCHAN 

NOTE SUR D'AUTRES LIVRES

Dans cette rubrique vous trouverez des présentations de livres et des critiques utiles pour mieux y voir clair dans les différents sujets de société traités dans ce blog. La rubrique "critique des livres", elle, aborde des extraits de critique de "La ferme du Juif," des couples mixtes..." et de "Homosexuels, L'Amour au pied du mur."  on signalera ici  les livres à petits prix, les rééditions dans les collections de poche. Vous y trouvez aussi des revues, des guides. 

sommaire .

* enfant d'homosexuel. (à venir)

* Réeditions ou éditions dans des collections format poche. 

 

 

** Enfants d'homosexuels ? Que deviennent ils ? La question n'est pratiquement pas traitée dans L'Amour au pied du mur" et très peu d'ouvrages traitent de la question. Pourtant on commence à avoir un certain recul sur la question. Pour ouvrir cette rubrique, Julie Garcia commente pour le blog.... (en cours de rédaction)

  

 

 

 

** Réeditions ou éditions dans des collections de poche.

* L'esprit du sérail de Malek Chebel. Cet ouvrage est un classique. Il traite des "Mythes et pratiques sexuels au Maghreb." Il a été publié pour la première fois en 1988. Sa dernière édition, en 2003, l'a été dans "La petite bibliothèque Payot."

* Fonder une famille homoparentale de Martine Gross et Mathieu Peyceré, réédité en 2007 chez "J'ai lu"

* L'homoparentalité Martine Gross : Que sais-je, PUF 

* Qu'est-ce que la citoyenneté, de Dominique Schnapper : Folio

* Qu'est ce que l'intégration, de Dominique Schnapper : Folio 2007. 

* "Les hommes violents" de Daniel Welzer-Lang, Petite bibliothèque Payot

 

* La collection "idées reçues" des éditions Le Cavalier bleu :  des petits livres format de poche qui traitent un sujet avec un-e spécialiste,  en répondant, un par un, aux préjugés et idées reçues attachés à la question :

- "Les homosexuels", du médecin sexologue Gonzague de Larocque : traite exclusivement de l'homosexualité masculine

- "Les lesbiennes", de Stéphanie Arc : diplômée de philosophie morale et politique à la Sorbonne, bouscule le lieu commun de la "camionneuse" pour nous faire découvrir un monde qui fait plus peur qu'on ne le pense.

- "Les femmes", de Yannick Ripa : maître de conférences à Paris VIII. Une confrontation entre les représentations habituelles des femmes et la place qu'elles occupent effectivement dans la société.

 

* Les  "essentiels" des éditions Milan. petit format, iconographie abondante, rédigés par des spécialiste qui vont, précisément à l'essentiel. Ce qui permet d'avoir rapidement un éclairage fiable sur les questions de sociétés les plus diverses :

- L'Islam, de Michel Reeber 

- La République, de J. Michel Ducomte, président de la Ligue de l'enseignement, maître de conférence en Sciences politiques. 

- La Laïcité, de J. Michel Ducomte. 

- la  bioéthique, de Dorothée Benoit-browaeys, biologiste spécialisée en génétique.

(en cours de rédaction)

 

 

 

13.7.09 08:05


BLOG DE PIERRE CHOUCHAN

 BLOG DE PIERRE CHOUCHAN 
 

DERNIERES NOUVELLES
 ENTRETIENS, DOSSIERS, INFORMATIONS SUR LES RUPTURES ET MUTATIONS DANS LA SOCIETE ET LA CRISE DE LA TRANSMISSION
 

Dans cette rubrique, les différents sujets de ce blog autour des ruptures et de la crise de la transmission (et d'autres sujets de société comme les questions de procréation médicalement assistée), sont abordés dans leur actualité. C'est en fait "la ferme du Juif", "Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire", "Les Homosexuels : l'Amour au pied du mur", qui se prolongent au fil de l'actualité et des débats avec des spécialistes. 
 
 

SOMMAIRE de la rubrique
Déportation pour homosexualité :  PREMIERE EN FRANCE : Une rue Pierre Seel à été inaugurée à Toulouse  le samedi 23 fevrier 2008 (Voir plus bas le dossier et les entretiens, notamment avec les deux principaux candidats à la mairie de Toulouse, Pierre Cohen (ELU MAIRE DE TOULOUSE en 2008) et Jean-Luc Moudenc, maire sortant  ...)
**** 
2 GESTATION POUR AUTRUI (ex "mères porteuses !"  : entretien avec Laure CAMBORIEUX, présidente de Maia : "L'interdiction de la Gestation pour autrui en France n'évite pas les dérives."
**** 
HOMOPARENTALITE : entretiens avec la pedopsychiatre Edwige Antier et l'ancienne présidente de l'APGL Martine Gross. Se rapprochent-elles ou dialoguent-elles seulement sur leurs conception diamètralement opposées de la famille ? ?
**** 
4 minorités  "Les larmes de la rue des rosiers d'Alain Vincenot"
**** 
**********************************************
   Blog de Pierre Chouchan
 

 Les larmes de la rue des Rosiers,
Par Alain Vincenot
Préface d’Elie Wiesel
Editions des Syrtes.

Il y a soixante-dix ans, dès l’été 1940, le gouvernement de Vichy prenait ses premières mesures anti-juives. D’autres allaient suivre, recouvrant d’une chape de peur la rue des Rosiers et son vieux quartier parisien, dont l’histoire remonte au Moyen Âge. Ainsi, en 1290, Jonathas, un fripier juif de la rue des Jardins, était brûlé vif en place de Grève, future place de l’Hôtel-de-Ville. L’évêque de Paris l’accusait d’avoir « martyrisé », le jour de Pâques, une hostie consacrée.
Aristocratique sous Henri IV et Louis XIII, les puissants du royaume y construisant de magnifiques hôtels particuliers, le quartier s’est ensuite paupérisé. Au XVIIIe siècle, les puissants sont partis. La misère s’installe. Au XIXe siècle, dans les taudis s’agglutine une population provinciale et étrangère attirée par le travail qui ne manque pas. Chez les étrangers, beaucoup de Juifs d’Europe de l’Est qui fuient les pogroms. Au pays, ils ont griffonné sur un papier précieusement plié l’adresse d’un proche qui a fait le voyage avant eux. Le quartier, ils l’appellent le Pletzl. Le nom lui est resté. Il signifie « la petite place » en yiddish.
Entre 1940 et 1944, la « petite place » s’est arrêtée de respirer. Jadis animées, les ruelles se sont figées. Puis la vie est revenue rue des Rosiers. Les façades des immeubles ont été ravalées. Les rez-de-chaussée se sont modernisés. Des boutiques jeunes ont succédé aux vieux commerces. Les logements exigus et insalubres ont été remodelés en appartements confortables. Quant aux locataires, les cadres ont remplacé les ouvriers. Toutefois, les murs du Pletzl n’ont pas oublié les joies du passé ni les malheurs endurés. Ils parlent pour peu qu’on sache les écouter. Comme parlent les anciens, dont les parents s’étaient enracinés sur ces quelques hectares parisiens. Avant guerre ils avaient connu un village enveloppant, familier, avec ses odeurs de charcuterie, de fromage fermenté et de hareng mariné, ses paliers bruyants, vétustes et surpeuplés, l’espoir en un avenir meilleur qui se dégageait des ateliers… L’Occupation leur a volé leur enfance, leur adolescence.
Les souvenirs qu’ils ont confiés à ce livre, cimentent un chapitre de l’Histoire de France.
Au 36, rue des Rosiers, le père de Suzanne Malamout, d’origine russe, était ouvrier boulanger. Sa mère venait de Roumanie. A la Libération, Suzanne n’a retrouvé que deux frères. Son père, sa mère, ses trois autres frères et ses deux sœurs avaient été déportés à Auschwitz.
Les parents de Victor, Maurice et Régine Zynszajn tenaient une épicerie, 54, rue des Rosiers. Il ne reste d’eux que quelques lettres écrites à Drancy, avant leur départ pour « une destination inconnue ». Egalement déportés, le père de Sarah Romen-Traube, qui vendait du poisson sous le porche du 27, rue des Rosiers, celui de Lucien Finkielsztejn, 74, rue Saint-Antoine, celui de Clément Lewkowicz, boucher 12, rue des Rosiers, arrêté avec sa fille Rosette, 12 ans.
Claude Hampel, lui, entama, au début des années soixante, un apprentissage de compositeur-typographe chez Gelbard, une imprimerie du 20 rue Ferdinand Duval. Il était né en octobre 1943, dans une cave, près de Varsovie. Un polonais avait sauvé sa mère, enceinte, alors qu’arrêtée dans le ghetto, elle était poussée dans un wagon pour Treblinka.
Parmi les autres témoins figurant dans le livre : Frida Wattenberg, du 13, rue des Ecouffes. Son père et quinze membres de sa famille ont été déportés. Adolphe Korman, du 26 rue de Rivoli. Il conserve la plaque en cuivre de brocanteur que la préfecture de police avait  délivrée à son père. Le 16 juillet 1942, il a assisté à l’arrestation de son copain Félix et de toute sa famille. Milo Adoner, dont le père disait à ses six enfants : « Toute la famille ensemble, il faut rester ensemble. » Milo est le seul survivant la rafle du 28 septembre 1942 qui vida le 10-12 rue des Deux-Ponts de sa cinquantaine de familles. Au 25, rue des Rosiers, Alexandre Halaunbrenner a perdu son père, fusillé pour acte de résistance, son frère, Léon, 14 ans, mort d’épuisement en haute-Silésie, et ses deux petites sœurs, Mina, 9 ans, et Claudine, 5 ans, raflées à Izieu…
Dans la préface, Elie Wiesel écrit : « Sionistes, socialistes, communistes, riches et pauvres, érudits et moins instruits, à travers chaque Juif que le tueur tuait, c’est la mémoire ainsi que l’avenir du peuple juif tout entier qu’il visait. Et l’ouvrage remarquable d’Alain Vincenot le confirme. Sa description de la rue des Rosiers et des rues avoisinantes est bouleversante de vérité vécue et partagée ».
                Les larmes de la rue des Rosiers, Alain Vincenot, préface d’Elie Wiesel. Editions des Syrtes, 300 pages, 20 euros.


 

 

 

 

la Ville Rose à l'avant-garde de la reconnaissance de la Déportation pour homosexualité :
 
  LA RUE PIERRE SEEL A ETE  INAUGUREE SAMEDI 23 FEVRIER 2008  par le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc (auquel a succedé en mars 2008 Pierre Cohen)
(A la fin du dossier : entretiens  avec Arié Bensemhoun, président du Consistoire Israélite de Toulouse, Hervé Hirigoyen, délégué régional des "Oubliés-es de la mémoire", Yvette Benayoun- Nakache ex vice-présidente de commission du Conseil Régional, Jean Michel Ducomte, Président national de la Ligue de l' Enseignement ET les deux anciens candidats à la mairie de Toulouse, Pierre  Cohen député (et nouveau maire le 21 mars) et Jean- Luc Moudenc  maire sortant.)
 

Et puis une chorale a entonné La Marseillaise et le Chant des Déportés. Les quelque 200 personnes présentes à Toulouse ce samedi  23 févier 2008 à l'inauguration de la rue Pierre Seel, retenaient leur souffle. Une foule d'anonymes et de moins anonymes, au 44 Port saint Sauveur, point de départ de la rue. Des élus de droite, du centre, de gauche. Des représentants d'associations, notamment celle du "Mémorial de la déportation homosexuelle" et de son président Hussein Bourgi, ( voir dans la note en fin de dossier la position de M. Bourgi)  , l'association Arc en Ciel qui regroupe la plupart des associations LGBT de la ville. Il aurait pu y avoir  le double de participants. Mais les gays et lesbiennes ont été si nombreux à ne pas vouloir se montrer. Quel silence assourdissant, que celui de ces absents-tes ! La province existerait-elle encore ? Une cérémonie tout en demi- teinte où il ne manquait rien, surtout pas le drapeau tricolore des "Oubliés de la mémoire" auprès d'autres drapeaux de déportés. Sur  écran plasma, Pierre Seel, alsacien ayant choisi Toulouse, seul déporté français pour homosexualité à avoir proclamé le motif de sa déportation, a fait croire qu'il revenait auprès de ceux qu'il aimait. Deux de ses trois enfants, Denis et Antoine, avaient peine à masquer leur trouble : "Notre père s'est battu pour cette cause les 30 dernières années de sa vie..." Il y a eu les discours officiels, très brefs, du délégué régional des "oublié-es de la Mémoire" Hervé Hirigoyen  et du maire de Toulouse. Ce dernier a ensuite dévoilé la plaque sur laquelle était inscrit  "rue Pierre Seel 1923- 2005, déporté pour homosexualité." Il faisait beau ce samedi et longtemps après la cérémonie, ils sont restés, par petits groupes, à bavarder au milieu de la rue, comme s' ils-elles voulaient prolonger un moment surréaliste. Comme s'ils ne  croyaient pas tout à fait qu'on venait enfin de reconnaître en France la déportation des homosexuels-les, plus de soixante ans après la Libération.(Voir sur le site de la mairie: "Toulouse rend hommage"... http://www.toulouse.fr  , et le site du Mémorial de la Déportation homosexuelle pour une approche critique de cette inauguration : http://www.deportation-homosexuelle.org ) 
Une plaque au camp de concentration du Struthof ? Après un travail de pédagogie auprès des anciens déportés !
 Toulouse est désormais à l'avant-garde de la reconnaissance de la déportation pour homosexualité en France. Jusqu'à présent, des plaques commémoratives et des lieux de mémoire existaient aux Etats-Unis, en Australie, Autriche, Allemagne, Pays-Bas, bientôt en Espagne. Restera à convaindre, pour les "Oubliés-es de la mémoire", les associations de déportés du camp de concentration alsacien du Struthof, pour qu'une plaque soit érigée à la mémoire de l'ensemble des déportés homosexuels. Apparemment, un travail de sensibilisation et de pédagogie reste à faire auprès des associations d'anciens déportés, qui font preuve encore d'une certaine "tiédeur" à reconnaître les souffrances de leurs camarades. Ils devront comprendre que leurs frères déportés homosexuels méritent aussi d'être honorés. Mais les choses avancent rapidement. Le Secrétaire d'Etat aux Anciens combattants serait favorable à une plaque au Struthof et déjà, les principaux candidats aux mairies de Montpellier et Lyon ont donné leur accord de principe de la création d'une rue Pierre Seel dans leur ville. 
Petit retour en arrière : dans sa délibération du conseil municipal de Toulouse du 21 décembre 2007, une rue Pierre Seel est proposée et votée à l'unanimité, majorité et opposition réunies. Cette rue commence au N° 37 de la rue Bernard Mulé et se termine au N° 44  Port Saint Sauveur.  Soutenue entre autres par l'association "Les oubliés-es de la mémoire", l'idée d'un lieu de mémoire avait fait son chemin. Le projet a été pris en compte, au final, par les élus municipaux de la majorité et de l'opposition. Les luttes politiques ont connu un (court) moment de pose autour de la reconnaissance d'un des aspects injustement méconnus de l'horreur nazie...
 

« PRISE DE CONSCIENCE DU SORT DE CES OUBLIES DE LA MEMOIRE. "
 

 Il s'appelait Pierre Seel. Né à Haguenau (Bas-Rhin) le 16 Août 1923, il était homosexuel. 1939. Il a 17 ans, sa montre lui est dérobée dans un square de Mulhouse. Il porte plainte. Ce geste se retournera contre lui, car il était fiché au commissariat pour homosexualité. A l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne, c'est l'engrenage. Pierre Seel est arrêté, torturé, violenté. En 1941, il sera interné au camp de concentration de Schirmeck et à celui de Natzweiler-Struthof en Alsace. Enrôlé de force dans l'armée allemande, il est envoyé sur le front russe. A la Libération, il s'était tu, comme tant d'autres homosexuels, s'était marié et avait eu trois enfants. (1) Il n'a témoigné qu'en 1982. Il avait publié -avec Jean Le Bitoux- un livre autobiographique en 1994. Pierre Seel est décédé à 82 ans à Toulouse, sa ville d'adoption, le 25 novembre 2005. Il a été inhumé à Bram dans l'Aude. Depuis, l'association "Les oubliés-es de la mémoire"  http://www.devoiretmemoire.org  (ainsi que le Memorial de la Déportation Homosexuelle http://www.deportation-homosexuelle.org ) , ont réitéré leur demande  qu’une rue de Mulhouse et de Toulouse porte son nom, et qu’une plaque commémorative soit apposée à l’ex-camp du Struthof  à la mémoire des déportés homosexuels des camps de  Schirmeck et du Struthof (Voir le site du camp du Natzweiler- STRUTHOF http://www.struthof.fr ).    Puis les événements se sont précipités.  Le 17 juin 2006, une cérémonie avait été organisée à Toulouse, au Monument de la Résistance,  en l’honneur des déportés-es et internés-es homosexuels-elles. Aux côtés d’ Hervé Hirigoyen, délégué général de l’association pour la  région Midi Pyrénées, plusieurs élus, des anciens combattants avec leurs drapeaux. A cette occasion, beaucoup ont pris conscience du sort qu’avaient subi ces oubliés de la Mémoire.
« Grâce à cette décision exemplaire, la ville de Toulouse pourra s’enorgueillir d’être précurseur dans la poursuite du travail de reconnaissance de cette déportation, assumant ainsi sa défense de toutes les mémoires et sa lutte contre toutes les discriminations.»   
 
Le représentant à cette cérémonie du maire de Toulouse, Gérard Naon, conseiller municipal délégué, avait laissé libre cours à ses sentiments, ainsi que les autres élus. Ses paroles ont pris une résonance particulière dans ce contexte. Le Dr Naon reconnaissait qu’en tant que Juif, il associait jusqu'alors les camps de concentration nazis aux Juifs et  à d’autres victimes du nazisme, mais qu’il ne s’était pas penché sur les persécutions des homosexuels. Il avait alors affirmé qu’une ville comme Toulouse, historiquement attachée à la différence, se devait de posséder une rue au nom de Pierre Seel. Il faut dire que devant une foule où se mêlaient homos et hétéros sur les allées François Verdier de Toulouse, l’heure était à l’émotion. Le moment le plus bouleversant, fut la lecture d’un extrait du livre « Moi, Pierre Seel, déporté et homosexuel. (2) » Pierre Seel y raconte comment son ami était mort sous ses yeux dans le camp du Struthof  (3). Depuis ce jour, les associations, les medias ont repris les paroles des élus. Une délégation des "oubliés de la Mémoire", accompagnée d'un des fils de l'ancien déporté, a été reçue à l’hôtel de ville avec une pétition d'une centaine de signatures, dont celles de la femme et des trois enfants de Pierre Seel. Une rue a été proposée par la mairie de Toulouse. Au-delà des clivages politiques, les élus, de Pierre Cohen, député maire de Ramonville Saint Agne, candidat (PS) à la mairie de Toulouse, à Yvette Benayoun- Nakache (4), ont réaffirmé  leur engagement fort pour « une rue Pierre Seel. » Yvette Benayoun-Nakache,  était déjà intervenue à plusieurs reprises au Conseil municipal pour faire accélérer l'examen de la question par  la commission de dénomination des rues où elle siégeait. (Voir entretien)
 

 Arié Bensemhoun, président du Consistoire israélite régional et de Toulouse : "La déportation des homosexuels participe de la mémoire de cette sombre période."
 

Pour sa part, Arié Bensemhoun, Président du Consistoire Israélite de Toulouse et de la région, nous a indiqué qu’il était  favorable à l’apposition de plaques et de noms de rues en l’honneur d’homosexuels déportés et, singulièrement de Pierre Seel. « C’est un fait, rappelle Arié Bensemhoun, les homosexuels-les ont été déportés et cette déportation participe de la mémoire de cette sombre période. La discrimination nazie, ajoute le président du Consistoire, a frappé les homosexuels comme tant d’hommes, de femmes, d’enfants ; les juifs bien sûr, mais aussi les tziganes, les politiques et d’autres…. A titre personnel, je suis touché par leur martyre. Et si l’on reste dans le strict cadre de la Mémoire, il est tout à fait légitime qu’on leur rende hommage. »  
 Le Président des « Oubliés-es de la Mémoire », avant même le vote unanime des élus municipaux toulousains, avait indiqué : « Grâce à cette décision exemplaire, la ville de Toulouse pourra s’enorgueillir d’être précurseur dans la poursuite du travail de reconnaissance de cette déportation, assumant ainsi la défense de toutes les mémoires et sa lutte contre toutes les discriminations.»  Il faut préciser que la reconnaissance de la déportation homosexuelle avait  déjà été effectuée au sommet de l’Etat. Lionel Jospin premier ministre l’avait évoquée en 2001. Le président de la République Jacques Chirac avait choisi la journée des victimes et héros de la déportation pour déclarer  en 2005: «  En Allemagne, mais aussi sur notre territoire, celles et ceux dont la vie personnelle se distinguait, je veux dire les personnes homosexuelles, étaient poursuivies, arrêtées et déportées. »
 Une internaute, lectrice de ce blog, mère de famille juive, dont les grands- parents ont disparu dans un camp de concentration nazi, et dont une fille est homosexuelle nous a apporté sa contribution : «Une association d’idée me vient. Il est  partout question de travail de mémoire, de demande de pardon, alors qu’a t-on fait pour la mémoire des autres déportés, à savoir les tziganes, les homosexuels ? Y a t-il des listes de noms ? Je crois avoir vu des rubriques au musée de l’holocauste de Washington (5), mais ailleurs qu’en est-il ? Par exemple, au musée de la déportation de Besançon, y a-t-il mention de ces pauvres gens ? Il est encore peut être temps de faire quelque chose.» La  décision du conseil municipal de Toulouse est déjà un premier pas !  Pierre Chouchan   
   
 

Pierre COHEN (Ps) candidat à la mairie de Toulouse (ELU MAIRE LE 21 MARS 2008) : « Il ne faut manquer aucune occasion de faire de la pédagogie »
 

Député socialiste de Haute Garonne, maire de Ramonville St Agne, Pierre Cohen a conduit la liste de gauche pour l’élection municipale de Toulouse. (Il a depuios été elu maire de Toulouse). Avec les autres candidats et son principal concurrent le maire sortant Jean- Luc Moudenc, il s'est retrouvé samedi 23 février à 15 heures à l’inauguration de la rue Pierre Seel. Au-delà, Pierre Cohen s’est déjà prononcé clairement en faveur d’une maison des homosexualités à Toulouse  et, notamment,  en faveur de campagnes de lutte contre l’homophobie.
 

Pierre Cohen, vous avez participé à une pétition - aux côtés de la femme, des enfants de Pierre Seel et de l’association les oubliés-es de la mémoire- qui réclamait l’instauration d’une rue  Pierre Seel. Vous serez donc samedi au 44 Port Saint Sauveur d’où partira la nouvelle rue. Quel symbole !
 

P.C. Oui, c’est un symbole fort. Et pour autant que je sache, le déroulement de la cérémonie comportera des moments de grande émotion. Je crois qu’on entendra notamment le chant des déportés.  Ce n’est que justice pour la mémoire de Pierre Seel et de tous les déportés homosexuels.
 

Qu’est- ce qui à vos yeux contribuera à transmettre avec efficacité le souvenir pour éviter de revoir de telles horreurs ?
 

PC   L’évolution sociale actuelle engendre des comportements tels que le rejet de l’autre, les discriminations raciales, religieuses, sexuelles. Dans un premier temps, il convient de « décortiquer » ces comportements, chercher à savoir ce qui peut amener les violences, sources de toutes les dérives que l’on connaît.  En un mot, il faut apprendre à vivre ensemble. Cela doit être sous- tendu par un  travail pédagogique à l’école d’abord, de la part des associations, des enseignants, des politiques, et dans la vie de tous les jours. Il ne faut manquer aucune occasion pour faire de la pédagogie. Précisément samedi, nous allons rappeler par cette cérémonie que le nazisme voulait éliminer tous ceux qui ne rentraient pas dans le moule « aryen », entre autres les juifs, les gens du voyage,  les communistes, les homosexuels.
 

 

Nous sommes à quelques jours de l’une des élections municipales les plus disputées de France, et pourtant vous-mêmes et vos concurrents allez marquer une pause, une parenthèse. La force du symbole dépassera  donc les clivages ?

Je n’ai pas choisi cette période, mais le fait est que nous nous retrouverons  autour de la mémoire de Pierre Seel. Les candidats se sont déjà rencontrés, au cours de la campagne, dans d’autres  lieux pour défendre des valeurs commune de respect de la différence. Pour que cela soit réellement une pause dans une confrontation démocratique, il importe bien évidemment que chaque élu soit sincère dans sa démarche. Pour ma part, je viendrai ici sans arrière- pensée politique, pour simplement rendre hommage à la mémoire d’un de ceux qui ont tant souffert de la barbarie nazie.
 

Propos recueillis par Pierre Chouchan
 
 
 Jean-Luc Moudenc, ex maire de Toulouse: « Trop longtemps, la déportation pour le seul fait d’être homosexuel, n’a pas été reconnue. »
 
A quelques jours de l’inauguration de la rue Pierre Seel à Toulouse, nous avons rencontré le maire Jean- Luc Moudenc (Centriste apparenté UMP), candidat à sa succession.
Jean- Luc Moudenc, vous allez donc inaugurer  une rue Pierre Seel. La ville de  Toulouse reconnaît officiellement la déportation par les nazis d’hommes et de femmes, « coupables» d’avoir été homosexuels-elles. C’est un événement sans précédent en France. Pourquoi Toulouse ? Pourquoi vous ?
 

 
JLM : J’ai trouvé naturel que Toulouse puisse rendre un hommage à Pierre Seel. Cet ancien déporté né en Alsace avait fait de Toulouse sa ville d’élection. Il  y est mort en 2005. Trop longtemps, la déportation pour le seul fait d’être homosexuel, n’a pas été reconnue. Il est naturel que l’on honore la mémoire de ceux et celles qui ont souffert de la barbarie nazie, au même titre que les Juifs, les Tziganes et tant d’autres.  Je tiens à souligner l’opiniâtreté, depuis deux ans, d’Yvette Benayoun Nakache, alors conseillère municipale d’opposition. (2) Elle a contribué, avec l’association « Les Oubliés de la Mémoire »  à me sensibiliser à cette question.
Au-delà de la rue Pierre Seel, les associations LGBT (1) attendent beaucoup du futur maire de Toulouse.  En premier lieu, cette « Maison  des homosexualités», promise depuis si longtemps. Or, vous êtes maire  depuis trois ans et vous ne semblez vous en soucier qu’à l’approche des élections ! De plus, vous n’avez pas donné de calendrier précis à ce sujet.
 

JLM. Je n’ai été saisi du projet de ce  centre qu’au mois de juillet  par Didier Genty Président d’« Arc en Ciel », qui regroupe la plupart des associations LGBT de Toulouse. J’ai  donné mon  accord pour que la mairie, aux côtés du Département (de la Haute Garonne) et de la Région (Midi Pyrénées) participe au financement de son fonctionnement
 

 
 Vous avez affirmé récemment que ce centre devra être banalisée et qu’on ne devra pas y faire de prosélytisme ! Qu'entendez vous par là ?
JLM.   Je voulais simplement indiquer que ce lieu serait ni plus ni moins neutre que  les locaux qui regroupent d’autres mouvances.  Je fais confiance aux  associations  pour ne pas faire  de « prosélytisme », puisqu’il s’agit pour elles avant tout d’informer, notamment, ceux et celles qui s’interrogent sur leur identité sexuelle. Mais quand je m’adresse à un public plus large, pas nécessairement au fait de ce sujet, je précise qu’il ne saurait être question de  « prosélytisme. »
 

La Ville Rose est loin d’être épargnée par l’homophobie. Des agressions régulières sont commises contre les homosexuel-les. Vous avez certes  engagé récemment  une campagne d’affichage contre l’homophobie, mais pour le moins discrète au point de passer inaperçue de beaucoup de toulousains….

 
 JlM. J’ai été contacté par « Arc en ciel » pour cette campagne. C’était une première. Elle est sans doute discrète comme vous dites, mais je suis prêt à  travailler pour de nouvelles actions plus  soutenues, en concertation avec les associations.
 

 
Plusieurs maires se sont déjà prononcés en faveur des PACS  célébrés dans les mairies et non devant un tribunal d’instance
 

JLM .   J’ai déjà  eu l’occasion de m’exprimer clairement sur cette question. La façon dont se déroule les PACS, presque à la chaîne, dans des locaux de justice, n’est pas satisfaisante.  Je suis favorable à un acte en mairie, tout simplement, tout naturellement.
 

 
Jean- Luc Moudenc, vous avez indiqué à plusieurs reprises, en public et en privé que vous teniez à ce que Toulouse soit une  ville  « gayFriendly.».  Parce que l’homosexualité est  dans l’air du temps?
 

JL M. Je pense vous avoir démontré ma volonté de faire avancer les choses concrètement et dans la durée. Je reconnais que les questions LGBT n’étaient pas au départ dans ma culture. Mais encore une fois, Toulouse a toujours su accepter la différence, la diversité. Je veux que Lesbiennes Gays, Bisexuels, Transsexuels, puissent vivre heureux dans cette ville. Je le confirme, Toulouse doit être effectivement l’une des ville les plus « gayfriendly » de France. J’y tiens personnellement.                                                                                                                                  
Propos recueillis par Pierre Chouchan
     
 
Hervé HIRIGOYEN, Délégué général des "OUBLIE-ES DE LA MEMOIRE : "Le geste symbolique de Toulouse sera un élément déclencheur..."


L'association  "Les oubliés-es de la Mémoire" s'est investie dans cette première nationale. Mais ce n'est qu'un début. Son Délégué Général à Toulouse  s'exprime ici sans langue de bois...
Hervé Hirigoyen, cette rue Pierre Seel a  su réunir un véritable consensus politique . Une prouesse !
 

H.H. Certes. Mais en amont, nous avons dû mener un travail de fond permanent auprès les élus de toutes sensibilités politiques. Je rappelle que notre association est apolitique. Face à la Mémoire, il ne peut plus être question de politique.
Le maire de Toulouse est donc  le premier élu en France à inaugurer un lieu de mémoire en direction d'un déporté homosexuel.
 

H.H. C'est exact. Cependant, il a fallu du temps. Beaucoup trop de temps. Comme les autres élus, il a été silencieux et a participé pendant de longues années à un véritable déni de mémoire. Cela dit, Jean- Luc Moudenc a su faire un grand pas en avant. Je suis personnellement socialiste et il est vrai que les élus de gauche sont  plus imprégnés des questions relatives à l'homosexualité. Mais la droite y est venue à son tour. Je pense que pour le maire de Toulouse et ses proches, cela n'a pas été  facile. Et je dois reconnaître que Jean- Luc Moudenc a accepté toutes les demandes des "Oubliés-es de la mémoire", et même au-delà...
En dehors de Toulouse, je crois savoir que vous avez d'autres projets de lieux de mémoire.
H.H. Nous n'avons bien sûr pas l'intention d'en rester là. Nous  travaillons à la création d'une plaque dans l'ex camp de concentration du Struthof en Alsace,  à la mémoire de l'ensemble des déportés homosexuels français. Seulement les associations de déportés freinent considérablement ce genre d'initiative. C'est pourquoi nous comptons fermement sur le précédent qu'a instauré le maire de Toulouse pour faire avancer le dossier.  Mais je suis certain que Toulouse sera un élément déclencheur.
 
 


Rue Pierre Seel 
Jean-Michel DUCOMTE, Président National de la Ligue de l'Enseignement :   " C'est la différence qui construit l'universel." 
 

Avocat, président national de la  Ligue de l'Enseignement, Jean-Michel Ducomte se réjouit de cet hommage-tardif- rendu à la déportation homosexuelle. Il établit un parallèle avec le penseur de la renaissance italienne Giulio Cesare Vanini, exécuté à Toulouse, "également" pour son homosexualité.
 

Jean- Michel Ducomte, cette reconnaissance à Toulouse va dans le sens de la mission d'éducation populaire  de la "Ligue de l'Enseignement...
Effectivement, notre mission d'éducation populaire, c'est de donner à chacun les outils pour comprendre le monde, éviter les jugements globaux et permettre une véritable liberté. L'une de nos raisons d'être, c'est précisément la lutte contre toutes les discriminations. Cette lutte permet l'émancipation intelligente de l'Humanité.
 
Il semble que la reconnaissance de la déportation des homosexuels a été reconnue quelque peu tardivement...
 

Vous voulez dire scandaleusement tard ! Le nazisme est l'une des plus grandes abjections que l'humanité ait connues. On s'est focalisé sur la référence faite à la pureté de la race. Mais au-delà, les nazis voulaient détruire tout ce qui ne correspondait pas à un archétype imposé. Dans ces conditions, était-il utile de mettre en place une sorte "d'arbitrage des élégances" dans l'horreur ? En réalité, le monde est riche de ses différences. C'est la différence qui construit l'universel. La différence de genres, mais d'autres identités sont aussi légitimes. La seule façon de garder un regard serein et lucide, est d'admettre que chacun, en raison d'éléments divers, est amené à avoir un tropisme d'appartenance.   Ce retard pris à la prendre en compte, me rappelle le supplice de Giulio Cesare Vanini, penseur  de la Renaissance italienne, proche de Giordano Bruno, qui se situait dans la tradition copernicienne. C'est le seul philosophe martyr. Il a été poursuivi  et exécuté - à Toulouse le 9 février 1619- aussi à cause de son homosexualité. Une plaque a été récemment dévoilée en sa mémoire à l'initiative de la Libre Pensée place des Salins à Toulouse. je voudrais ajouter que la reconnaissance de la déportation des homosexuels est évidente. Mais elle ne doit pas être parasitée par une récupération, d'où qu'elle vienne.
Propos recueillis par P. Chouchan
 
(1) Nous avons reçu un communiqué d' Hussein Bourgi, Président du Mémorial de la Déportation Homosexuelle. S'il exprime sa satisfaction de voir aboutir ce projet, M. Bourgi regrette que ... " la mairie de Toulouse ait concrétisé  ce projet dans une certaine précipitation (...) . " La mairie, poursuit le président du Mémorial, n'a pas souhaité travailler avec les acteurs associatifs engagés sur le  projet, elle a chois de confier- de sous traiter ?- l'organisation de la cérémonie et les invitations à une seule association." Hussein Bourgi déplore aussi que plusieurs personnalités et associations n'aient pas été invitées.
 
(2) L.G.B.T. : Lesbiennes gays bisexuels Transsexuels
 

(3) Yvette Benayoun Nakache, ancienne députée (PS), conseillère municipale, vice présidente  du 3onseil Régional, vient de rejoindre la Liste de Jean- Luc Moudenc « Toulouse Pour Tous ».
 
(4) Au lendemain de la Libération des camps, les homosexuels sont toujours poursuivis aux termes de l'article 331-2 du Code Pénal, et l'homosexualité est très mal perçue par les familles et la société.
 

(5) Ecrit avec Jean Le Bitoux. Editions CALMANN- LEVY, 1994
 

6) En voici quelques lignes « … Puis ils enfoncèrent violemment sur la tête (de Jo, mon tendre ami de 18 ans), un seau en fer blanc. Ils lâchèrent sur lui les féroces chiens de garde du camp (&hellip qui le mordirent d’abord au bas ventre et aux cuisses avant de le dévorer sous nos yeux. » (Ecrit avec Jean Le Bitoux, Calman-Levy 1994)(5) Yvette Benayoun Nakache, conseillère municipal d'opposition (PS) à la mairie de Toulouse et vice présidente (ps) du conseil régional Midi Pyrenées. Cette dernière vient de rejoindre la liste  "Toulouse pour tous" de Jean-Luc Moudenc,  maire sortant centriste soutenu par l'UMP et le nouveau centre  
 

(7) Il existe une salle réservée à la déportation des homosexuels, les pink triangle (les Triangle Rose)  au "United States Holocaust Memorial Museum" (musée de l’holocauste) de Washington. Voir le site du musée : http://ushmm.org/  déjà cité dans le livre "Homosexuels, l'Amour au pied du mur" : La visite au musée d'un couple de parents d'un garçon et d'une fille homosexuels y est relatée... (pp. 52 et 53)
 
 
 
******************************************************************
********************************************************************
Maia  aide les personnes confrontées à l’infertilité : 
Laure Camborieux, présidente de l’association :         « L’interdiction de la Gestation Pour Autrui en France n’évite pas les dérives. » 
 

Tant de couples infertiles sont prêts à tout pour avoir un enfant ! Aujourd’hui, la science permet des solutions diverses, depuis la procréation médicale assisté (PMA) jusqu’au recours  à la gestation pour autrui (GPA) appelée autrefois « mères porteuses.» Mais en qui avoir confiance ? Vers quelles compétences se tourner ? Depuis 2001, l’association Maia dispense des conseils précieux et fiables. 16 personnes sont à l’écoute des couples angoissés. A sa tête, Laure Camborieux, agrégée de biochimie génie biologique à l’ENS de Cachan, titulaire d’un doctorat de neurologie et d’un master 2 de recherche en psychologie. Maia – terme grec signifiant à la fois mère, grand-mère, nourrice et sage femme- prévient des risques encourus, ouvre des perspectives. Parmi ses objectifs : l’autorisation de la Gestation pour Autrui, lors de la prochaine révision de la loi de bioéthique en 2009. Un récent arrêt de la cour d’appel de Paris semble aller dans ce sens. Même s’il y a déjà un pourvoi en cassation. Le site de Maia est accessible par le lien  http://www.maia-asso.org.  Celui- ci propose notamment un lexique  pour répondre aux questions que l’on peut se poser dans le domaine de l’infertilité.
 

Laure Camborieux, il ne doit pas être aisé de faire face aux demandes pressantes de parents dont le désir d’enfant est contrarié !
 

L.C. Avant toute autre démarche, il est impératif de déterminer l’origine de l’infertilité d’un couple, au bout d’un an d’essais infructueux. Il faut alors demander un bilan pour la femme… et pour l’homme ! Les gynécologues de ville ne sont pas toujours formés pour cela. Il leur arrive souvent de ne pas avoir recours au spermogramme, qui est pourtant le premier pas de l’évaluation de l’infertilité. D’autre part, une femme ne peut entreprendre un traitement de stimulation hormonale que s’il n’existe pas de contre-indication au niveau anatomique. Je rappelle qu’en France, la prise en charge de ces traitements est limitée à six inséminations artificielles, quatre fécondations in vitro (FIV) avec une limite d’âge à 43 ans. Le désir d’enfant est  légitime, seulement une bonne information s’impose. Notre rôle consiste donc à un travail d’accueil, d’accompagnement  et de gestion de la pression que subissent les couples. Nous les laissons s’exprimer, puis les aidons à dédramatiser la situation. Quand l’on entre dans un dialogue raisonnable, l’information  peut commencer, sans que soient occultés les risques potentiels.
 

Quelles sont les limites de vos interventions ?
 

L.C. Quinze bénévoles et une salariée répartis à travers les antennes ou « accueils » de l’association Maia, à Paris, Toulouse et Balma (Haute Garonne), Castres (Tarn), Dieppe (Seine Maritime), Clermont Ferrand (Puy- de- Dôme), Wamderchies (Nord), Palaiseau (Essonne),  bientôt  Aix en Provence (Bouches-du-Rhône), sont encadrés et formés par le Conseil d’Administration de Maia. Nous leur demandons un savoir-faire, un « savoir être », une réelle capacité d’écoute. Nos limites ?  En ce qui concerne les aspects médicaux (diagnostic et traitement), nous adressons les femmes dans les services spécialisés des hôpitaux ou de certaines cliniques privées. Pour ce qui est du don de gamètes, nous avertissons que le temps d’attente est très long en France, de deux à trois ans, que ce soit pour le don de sperme ou d’ovocytes. Certains couples sont tentés de se tourner vers l’étranger, ce qui est parfois compliqué. Nous n’avons pas le droit de les y inciter mais nous les informons de ces difficultés. De même que pour  ceux et celles qui désirent recourir à la Gestation pour autrui, interdite par la législation française, nous ne pouvons faciliter les choses  lorsqu’on nous le demande, ni donner d’adresses.
 

Précisément, la Gestation pour autrui (GPA), plus connue dans le grand public sous le nom de « mères porteuses », est punie en France de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende ! Mais l’association Maia travaille à sa  légalisation. Et une décision de justice vient d’ouvrir une voie nouvelle…  
 

L.C. Petite précision : la GPA est aux antipodes des « mères porteuses » pour différentes raisons, exposées dans un article disponible sur le site de l’association : « Mères porteuses ou GPA : de quoi parlons-nous?» (http://www.maia-asso.org/meres-porteuses-gestation-pour-autyrui.html) En gros, nous sommes opposés aux mères porteuses mais notre objectif est effectivement la légalisation de la GPA. Mais la seule liberté que nous prenons, c’est de nous exprimer sur le sujet et d’informer ceux et celles qui viennent à nous : nous n’avons pas le droit de suivre les parcours individuels. Il existe aussi des sites internet qui donnent des informations. Ce sont des forums, des lieux de discussion (voir  les sites http://surromonsonline.com  et http://www.surrogacy.com ). Il existe trois façons d’aborder la GPA. Celle qui est la plus facilement admise, c’est une fécondation in vitro (FIV) avec fécondation des ovocytes de la mère intentionnelle par l’homme du couple, puis implantation dans l’utérus de la maman pour autrui : c’est l’embryon du couple qui est porté par la « nounou ». Il existe d’autres approches, la simple insémination de la gestatrice qui devient ainsi la mère génétique, ou le don d’ovocyte par une autre femme avec le sperme du mari. En France, il y a donc du nouveau en la matière : un arrêt de la cour d’appel de Paris du 25 octobre 2007 a estimé conformes les papiers  « américains » désignant un couple comme parents de jumelles nés aux Etats-Unis d’une maman pour autrui. Même si l’arrêt devait être annulé par la Cour de Cassation, cette décision constitue un événement. Elle confirme le jugement de première instance. D’autre part, les magistrats ont jugé dans l’intérêt des enfants, donc sur le fond. Enfin, nous disposons là d’une occasion supplémentaire d’expliquer ce qu’est la Gestation pour Autrui, à la presse, aux médecins, au grand public… 
 

 Que préconisez- vous dans la  perspective de la légalisation de la gestation pour autrui ? 
 

L.C. La prohibition en France n’empêche pas les pratiques clandestines. Elle est à l’origine  des dérives actuelles, puisqu’il  n’y a aucun contrôle. Les GPA se multiplient sans que les autorités soient  au courant. D’ailleurs, il n’y pas encore eu de condamnation. Nous demandons donc une légalisation sérieusement encadrée. Avec, par exemple, la mise en place d’une instance neutre, un comité d’éthique qui examinerait les différents aspects de la question. Qui se préoccuperait aussi bien des motivations des parents que de celles de la maman pour autrui, ainsi que cela se fait dans certains pays. Actuellement, en dehors de la pratique clandestine, les futurs parents se tournent vers les Etats-Unis ou le Canada. La GPA est autorisée dans un grand nombre de pays mais les lois ne sont pas forcément équivalentes, et n’offrent pas la même protection aux parents, aux nounous et aux enfants. En Belgique, il n’existe pas de loi et face à ce vide juridique des équipes pratiquent la GPA hors de tout encadrement.
 

Nous en venons à la phase la plus délicate et controversée : la relation du couple avec la maman pour autrui.
 

L.C. Avant tout, il s’agit d’un parcours humain, de la rencontre avec une personne, la femme (elle ne se sent ni ne veut être maman de cet enfant là : elle a déjà des enfants) qui portera l’enfant. Ce parcours sera générateur d’espoir, mais aussi d’inquiétude et d’angoisse. L’aspect humain de cette relation est essentiel. Il conditionnera l’avenir du  projet parental. Dans l’immédiat, le couple devra être très présent auprès de cette femme qui va leur rendre un immense service. Les gestatrices telles que nous les entendons agissent dans un esprit altruiste. Elles attendent des parents un minimum de considération et d’humanité. Aux Etats-Unis, il s’agit souvent de personnes profondément croyantes, qui veulent aider les couples. Et  il ne peut  être question de rémunération mais seulement de DEFRAIMENT et/ ou de COMPENSATION.
 

Il n’empêche, beaucoup reprochent à la GPA de conduire  une femme de devenir mère, puis de lui enlever son enfant
 

L.C. Cette réaction procède d’un amalgame que le public fait trop souvent entre grossesse et maternité. Je conseille à ce propos un ouvrage de référence (1), qui revisite les notions de maternité et de grossesse. Il replace le concept d’instinct maternel dans une perspective historique. Quoiqu’il en soit, même dans un contexte encadré comme nous le préconisons, chaque partie, couple d’un côté, gestatrice de l’autre, doit aborder ce projet avec une capacité de confiance … et de méfiance. En un mot, avec un minimum de « jugeotte ».
Propos recueillis par Pierre Chouchan    
 

(1) "Les instincts maternels" (US) de Sarah Blaffer Hrdy, anthropologue, primatologue, sociobiologiste. Titre original : "Mother nature. A history of mothers, Infants and natural selection." ( Payot 2002 pour la traduction française.)
*******************************************************************
 
HOMOPARENTALITE. Elles discutent ensemble des thèmes qui fâchent, comme le bonheur des enfants : EDWIGE ANTIER ET MARTINE GROSS : LE DIALOGUE... jusqu'où ?
 

Un dialogue entre Martine Gross et Edwige Antier paraissait improbable. Elles évoluent dans deux univers idéologiques tellement différents. Pédiatre, diplômée en psychopathologie de l'enfant, Edwige Antier, très engagée dans la protection de l'enfance, est auteure de nombreux ouvrages, entres autres, de "Dolto en héritage.Tout comprendre, pas tout permettre."  Martine Gross, sociologue, ingénieure de recherches en sciences sociales  au CNRS, est ancienne présidente  et présidente d'honneur de  l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL),auteure de plusieurs livres sur l'homoparentalité, notamment "Fonder une famille homoparentale" et d' un Que sais-je, "l'Homoparentalité."  Médiatiques l'une et l'autre, elles s'opposent frontalement sur la conception de la famille et la façon d'envisager la parentalité. Elles ont été citées dans "Homosexuels : L'Amour au pied du mur" de P. Chouchan : Edwige Antier au sujet de la polémique sur le livre pour enfants "Jean a deux mamans" ; Martine Gross a  répondu aux questions de l'auteur (L'homoparentalité, un long cheminement. P. 235).  Elles ont décidé de jouer cartes sur tables et dialoguent au sujet de l'homoparentalité, dans un livre qu'elles viennent de publier : "2 papas, 2 mamans, qu'en penser ?" (Calmann-Levy, Robert Laffont). Elles abordent sans tabou les thèmes qui fâchent, comme : Que ressentent les enfants élevés par un foyer homoparental ? Sont-ils heureux et équilibrés. Quelle différence d'être élevé par deux hommes ou par deux femmes ? Mais comment comprendre que ces deux femmes que tout sépare, puissent ainsi collaborer dans un même livre ? Nous avons interrogé Martine Gross et à Edwige Antier à ce sujet :
 

 Martine Gross : « Nos positions restent inconciliables même si un dialogue est possible. »
 

Martine Gross, beaucoup s’étonnent de ce livre à deux voix ! Un dialogue serait donc possible entre vous et Edwige Antier, alors que vos approches de la famille sont si éloignées ?
 

Le dialogue est possible parce qu'Edwige reconnaît que les liens avec les adultes qui élèvent un enfant doivent être protégés par la loi et qu'elle combat les amalgames les plus grossiers. Mais nos positions restent inconciliables même si un dialogue est possible.
Pour Edwige, la notion de parent reste liée au fait d'avoir donné la vie. Pour elle, il est indispensable pour l'épanouissement de l'enfant qu'il puisse se représenter comme le fruit de l'union sexuelle de ses parents.
Pour moi, la notion de parent est liée à l'engagement et à la responsabilité. Un enfant est né d'un homme et d'une femme, mais il peut avoir pour parents deux hommes ou deux femmes car ce qui fait un parent ne se réduit pas aux gamètes.
Pour elle, des parents c'est toujours papa et maman. Pour moi, des parents peuvent être des personnes de même sexe et peuvent même être plus que deux.
 

On ne peut donc pas imaginer un rapprochement entre vous deux.
 

Non, il n'y a pas de rapprochement entre nos deux points de vue. Comme je l'ai écrit dans l'introduction du livre, il s'agissait de toucher des lecteurs sans a priori en abordant tous les sujets qui fâchent. La notoriété de ma co-auteure  permettait aussi à mes arguments d'être exposés plus largement.
J'ai toujours été pour le dialogue et le débat. Sur cette question de l'homoparentalité, j'estime que nous n'avons pas le choix, il faut débattre et dialoguer, même et surtout avec des personnes qui n'ont pas le même point de vue que le nôtre.
 

 

Edwige Antier : « Rapprochement, oui. Mais Pas d’accord avec Martine Gross quand elle milite pour l’adoption par les deux parents. »
 

Edwige Antier, vous engagez donc un dialogue avec Martine Gross. Iriez- vous jusqu’à parler de rapprochement ?
E.A. Oui, il y a un rapprochement : les homosexuels sont parfaitement capables d'élever les enfants, de leurs transmettre la culture et la protection indispensables à leur épanouissement. En cela, ma pratique de 35 ans de pédiatrie en témoigne dans ce livre.
 

Les médias – et l’APGL- ont pourtant largement évoqué le fossé qui existe entre vous deux. Dialogue, puis rapprochement, dites-vous de votre côté. En forçant la note, on pourrait croire que vous êtes pratiquement d’accord !
 
E.A. Mais non, je ne suis pas d'accord avec Martine, quand elle milite pour l'adoption par les deux parents, et qu'on dise à l'enfant "tu as deux mamans" ou "deux papas".
Car sa première question, existentielle, se rapporte à "l'union sexuelle" comme disait Dolto, par laquelle on fait les bébés.
Pour ne pas brouiller la logique de la filiation, je développe l'idée d'un "parrainage civil" prolongeant le PACS qui permettrait aux parents homosexuels et aux enfants d'avoir une véritable reconnaissance sociale.
 (Propos recueillis par Pierre Chouchan)

*****************************************************************************
  


 

 

 

 

 

 

 

 

9.4.08 00:52


 [page précédente]



L'auteur du blog est responsable de tous ses contenus. Ouvrez votre blog sur 20six.fr ou myblog.de